Sylvain Tesson, contemplatif et casse-cou

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Comme tous ceux qui n’aiment rien tant que de rester au chaud chez soi et voyager par l’imagination sans quitter leur chambre, les aventures de Sylvain Tesson me fascinent. Né dans une famille bourgeoise, mais anticonformiste, il n’a eu de cesse que d’expérimenter physiquement et géographiquement le sacro-saint précepte de liberté inscrit dans son éducation.
Il y a, à Radio Classique, un escalier des plus poétiques qui ne débouche sur rien, dont le sommet se fond dans le plafond. Notre escaladeur de monuments, tel un incorrigible casse-cou, n’a évidemment pu s’empêcher de s’y suspendre dans le vide pour en expérimenter le délicieux vertige. On imagine son père, rongé d’angoisse, effrayé par sa fièvre des grands espaces et sa passion de « l’océanographique », l’enjoignant, tel César à Marius de « laisser un peu mesurer les autres » et de se tenir à distance de ses amis malades « car si l’amitié est une chose admirable, la peste est une maladie terrible… terrible. »
Poignée de main ferme, regard clair, esprit frais et vif, Sylvain Tesson a quitté les requins de la politique et les lions « superbes et généreux » du théâtre qu’aime tant combattre ou fréquenter son père dans la jungle urbaine pour affronter les vrais loups, les ours mal léchés de la forêt sibérienne et la pure solitude. A chacun son combat pour la beauté et pour la vérité.
Voici son programme :

1) Tchaïkovsky, romance opus 5 pour piano.
2) Le presto (3e mouvement) du concerto pour piano n°2 de Saint Saens, il y a un enregistrement somptueux de 1975 avec A. Rubinstein qui a l’air de jeter des diamants à pleines poignées sur le clavier.
3) La chanson russe de Rachmaninov « powder and paint », par Rach. himself au piano avec Nadège Plévitskaya
4) Mahler, 3e mvt de la première symphonie (la marche funèbre des Titans).
Les madeleines
– Anne Briggs, Gathering Rushes in the Month of may.
– Mendelshonn. La romance sans parole N°6 (opus 19)
– Chants du goulag, Camarade Staline (chanté par Dina Vierny)