Sophia Vari, l’art à coeur ouvert

  Olivier Bellamy reçoit Sophia Vari sur Radio Classique

Pas facile de parler de sculpture à la radio. Heureusement, le mouvement lent du Concerto pour clarinette de Mozart nous a donné une bonne idée des formes douces, rondes et harmonieuses des oeuvres de Sophia Vari. Ce que les mots peinent à dire, la musique le suggère.

Avec sa voix grave et chantante, Sophia Vari nous a ouvert les portes de sa création. La main qui tremble de bonheur en introduisant la clé de son atelier dans la serrure, chaque matin, et puis la peur au moment de commencer une nouvelle sculpture – « Vais-je arriver à matérialiser mes rêves ? Vais-je me renouveler ? » – et puis le moment où la volonté prend le pas sur la peur, où la rage même prend le relais, jusqu’à l’instant, quasi miraculeux, où l’oeuvre domine, où elle vit sa propre vie et où le créateur obéit à la logique de ce qu’il a créé.

Dans ce combat avec les éléments et avec soi-même, Mozart apparaît comme un aboutissement de l’oeuvre d’art : la grâce a effacé toutes les traces de lutte.

Voici le programme de Sophia Vari :

Trois Madeleines :

– En souvenir de ma mère hongroise : les Danses Hongroises de Brahms (la 6ème)

– suite N° 1 pour piano et orchestre de Mikis Theodorakis ou quelque chose au sertaki de Théodorakis

– En souvenir de ma maison familiale en Grèce : La Foule d’Edith Piaf

Pour la programmation

– Concerto pour clarinette et orchestre K 622 de Mozart – 2e et 3e mvt

– Piano concerto N° 26 en D majeur « du Couronnement » de Mozart – 1er et 2e mvt

– Variations Goldberg par le pianiste Glenn Gould de Jean-Sébastien Bach

Musique en lien avec une rencontre

– A la suite de ma rencontre avec Maria Callas : Médée de Cherubini

– A la suite de ma rencontre avec Fernando Botero : Strangers in the Night de Franck Sinatra

Pour mon enterrement :

– La messe en si mineur de Jean-Sébastien Bach