SAKARI ORAMO EN TERRE DANOISE

Sakari Oramo arrive au terme de son intégrale des symphonies de Carl Nielsen avec ce dernier enregistrement des « n° 2 » et « n° 6 », parfaitement réussies.

Avec ce nouveau volume, le chef finlandais achève son intégrale des symphonies du compositeur danois. Tout au long de son parcours, Sakari Oramo aura réussi à restituer les influences et à caractériser les climats de chaque oeuvre, qu’il présente comme des univers clos. Si les Symphonies nos 1 et 3 paraissent moins réussies, ce dernier jalon est splendide. La Deuxième Symphonie est ainsi " battue " par les flots et son lyrisme n’est pas sans rappeler les écritures de Brahms (Symphonies n° 1, n° 4), de Dvorák (Symphonie n° 7), voire de certains poèmes symphoniques de Strauss. Le caractère impétueux (Allegro collerico du mouvement 1), les éclats furieux, la valse inquiète, la dimension mélancolique, tout y est. Le Finale (Allegro sanguineo) offre un véritable délire sonore. La restitution du tumulte jusqu’à la suffocation n’a pas d’équivalent dans la discographie moderne pourtant de très haut niveau (Järvi, Blomstedt, Schonwandt, Vänskä…). On re- trouve ce climat de joie apparente dans la Sinfonia semplice.
Oeuvre plus grinçante que semplice, la Symphonie s’inspire du néoclassicisme ambiant (1925). Les timbres acidulés, les digressions de toutes sortes sont mises en lumière avec beaucoup d’imagination de la part des pupitres de l’orchestre. Ils se délectent d’une mise en place rythmique complexe, tout comme ils s’amusent des caricatures de la musique d’avant-garde de l’époque dans la fameuse Humoresque. Il est rare d’entendre une interprétation à ce point drôle ! À la véhémence magnifique du troisième mouvement s’enchaîne le Finale (thème et variations) dont Sakari Oramo extraie la brillance et parfois même la brutalité. Ces deux opus se placent au sommet de la discographie actuelle.