Russie  : Vladimir Poutine prépare l’après-Poutine

L’heure a sonné ! C’est le début de la fin de l’ère Poutine. Il lui reste 4 ans de mandat. Et Vladimir Poutine veut être l’acteur de la fin de sa présidence et non pas le spectateur. Cette semaine, le président russe a donné le top départ de la transition vers l’après-Poutine.

 

Vladimir Poutine fait face à l’impatience des Russes

 

En même temps, tout homme fort qu’il est, avec une popularité au zénith à 70%, le président russe a senti qu’il fallait bouger, car la société commence à s’impatienter, la population ne voit pas sa situation financière changer en mieux, la croissance russe reste trop faible, la démographie est en berne et il l’a souligné dans son grand discours annuel de mercredi. D’où le virage institutionnel, mais aussi le virage politique, avec un plan pour l’école, des milliards d’euros de dépenses sociales, bref la promesse que la vie quotidienne va s’améliorer.

 

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D’autant qu’il y a des élections législatives en 2021 et que le parti du Kremlin Russie Unie a vu sa côte de popularité passer de 54% à 33% en 4 ans, il y a donc un désamour avec le pouvoir et Vladimir Poutine veut éviter que cette impatience ne se transforme en rejet de sa personne…

 

Vladimir Poutine a fêté le 20ème anniversaire de son entrée au Kremlin, après la démission de Boris Eltsine

Quitter le Kremlin, oui, c’est le calendrier. Quitter la scène, c’est beaucoup moins sûr. Vous vous rendez compte que nous sommes en janvier 2020, c’est-à-dire que Vladimir Poutine a fêté il y a quelques jours le 20ème anniversaire de son entrée au Kremlin, après la démission de Boris Eltsine. Et 20 ans après, le Président russe n’a aucun rival, aucun concurrent, aucun dauphin. Dmitri Mevedev qui a été son Premier ministre pendant 11 ans au total aurait pu jouer ce rôle, il a même été président pendant 4 ans pour garder le fauteuil présidentiel au chaud pour Vladimir Poutine. Mais, pas de chance, avant-hier, exit le loyal Medvedev devenu impopulaire et assez usé. Du coup, le Chef du Kremlin décide de nommer un haut-fonctionnaire au poste de Premier ministre, Mikhail Michoustine, 53 ans, ex-patron des services fiscaux qu’il a su numériser, ce qui n’est pas rien à l’échelle de la Russie. Donc un profil de technocrate très peu politique, ce qui permet à Poutine de garder la main et de continuer à prendre toute la lumière.

 

Nouvelle règle d’or pour le Kremlin : pas plus de 2 mandats

En même temps, le président russe annonce la remise en cause de la toute-puissance du Kremlin en dessinant les contours d’une présidence moins absolue, mais pas pour lui, pour ses successeurs. C’est notamment le pouvoir qu’aura le Parlement de désigner le Premier Ministre, aujourd’hui l’Assemblée est une chambre d’enregistrement. Et puis, la nouvelle règle d’or : pas plus de 2 mandats présidentiels en tout, vous voyez que ce n’est pas pour Vladimir Poutine qui en est à son 4ème mandat. Mais rien ne l’empêche de continuer à peser sur la vie politique hors du Kremlin. On parle d’un poste stratégique comme président du Conseil d’Etat, au carrefour de l’administration présidentielle, du gouvernement et des gouverneurs. L’avenir nous le dira. Ce qui est sûr, c’est que Vladimir Poutine – qui n’a que 67 ans – envisage de se réserver un rôle d’arbitre. Avant d’entrer définitivement dans les livres d’Histoire.

 

Emmanuel Faux 

 

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