Robert Carsen change le temps

1. Il est né au pays de Glenn Gould, a voulu devenir comédien au pays de Shakespeare, et a fait ses premières armes en tant que metteur en scène d’opéra dans la patrie de Guillaume Tell, grâce à Hugues Gall.
Robert Carsen n’a jamais été un scénographe à la mode, ni un enfant chéri de l’intelligentsia, qui aurait été tiré vers le lyrique par son ego. Il aime profondément la musique, les chanteurs, le théâtre, la musique et sert les oeuvres avec intuition et finesse. Il est devenu en quelques années le metteur en scène préféré du public mélomane. Celui qui n’a pas besoin qu’on lui démontre pesamment une thèse à force de clichés et de provocation, mais qui est heureux qu’on stimule sa curiosité et son imagination. Bref, il ne prend pas les spectateurs pour des c…
Il sait que notre existence est limitée dans le temps, et que nous cherchons, pauvres mortels, à en modifier la perception par une variation d’intensité grâce « au sexe, à la drogue, à l’alcool et à la musique ». Bien vu. Un opéra, selon lui, est un voyage émotionnel, qui cherche à réparer cette blessure originelle. A ce niveau de sagesse, nul besoin de perdre son temps dans des rapports de force stériles. Il faut faire confiance à sa propre intuition, au dialogue et au talent.
Voici résumé l’acte de foi de Robert Carsen, qui, par sa modestie et sa chaleur, a réussi aussi à changer notre perception du temps qu’il fait, apportant un rayon de soleil au froid qui nous tenaille.
2. Une auditrice m’a appris qu’une de ses amies pianiste est partie au terme d’une longue maladie, qu’elle écoutait Passion Classique chaque soir et que cela lui faisait oublier sa souffrance. Cela m’a profondément touché.
3. Je serai à la Librairie Chapitres à Rennes samedi 4 décembre pour dédicacer mon livre Passion Classique entre 15 h et 18 h et serai heureux d’y retrouver des auditeurs bretons.
Voici le programme de Robert Carsen :
Madeleines :
– Turandot, Puccini, ( Acte II, scène 2)
– My fair lady, ouverture
– Billy Holiday, Night and Day
Morceaux classiques :
– Les vêpres de Monte Verdi (début)
– Ariane à Naxos, Strauss (chanté par Julia Varady)
– Jean-Joseph de Mondonville, Les motais
– Haendel, Al cina, avec René Fleming
Mélodies d’amour :
– Ode à Ganesha
– K.D Lang, « Love is like a cigaret »
– Air de concert « Vorrei » par Edita Gruberova