Richard Bohringer, toujours surprenant

J’ai été très surpris quand j’ai appris que Richard Bohringer acceptait de venir à l’émission. Sa liste ne contenait que des noms de compositeurs : Schumann, Beethoven, Bartok… J’ai trouvé que ça lui ressemblait bien. La fragilité de Schumann, les colères de Beethoven, la curiosité ethnique de Bartok. C’est moi qui ai choisi les oeuvres en fonction de sa personnalité. L’oiseau prophète (Schumann) pour commencer l’a inspiré. Il n’est pas un mélomane obsessionnel, mais a de l’oreille. Et il est capable de dire des choses intéressantes sur un compositeur, une ambiance harmonique, un caractère musical.

J’ai été encore surpris quand je l’ai vu arriver au studio une heure et demie avant le direct. On a discuté. Il m’a parlé de Samson François, d’Horowitz… J’ai modifié le programme pour lui faire évoquer ces pianistes qui l’ont touché. En fait, il voulait être là, humer l’ambiance, sentir les gens, respirer le lieu. C’était je crois une belle émission. A aucun moment, je n’ai eu l’impression de « ramer ». Nous étions portés par le flot de la musique et le vent des mots nous entraînaient dans plusieurs directions sans que nous nous perdions.