Riccardo Muti dirige le Philharmonique de Vienne

Cheveux d’un noir de jais impeccablement plaqué en arrière, profil de médaille, regard ténébreux : le visage de Riccardo Muti reflète ses origines napolitaines même si, artistiquement, l’homme est peu un viennois d’adoption depuis l’invitation de Karajan à venir diriger Don Pasquale de Donizetti à Salzbourg en 1971. Dans la fosse, officiait l’Orchestre Philharmonique de Vienne, une phalange avec laquelle il va tisser une complicité pérenne, au point de diriger le prestigieux Concert du Nouvel An à quatre reprises. Muti compte aujourd’hui parmi les légendes incontournables de la baguette.

Le concert de ce dimanche nous projette quelques années en arrière, le 17 août 1972 à Salzbourg. Le jeune chef (31 ans) dirigeait pour la première fois un concert symphonique dans la ville de naissance de Mozart à la tête du Philharmonique de Vienne. Entre l’Ouverture de Semiramide de Rossini et la Symphonie concertante de Mozart, le programme proposait le Concerto pour piano de Schumann. L’occasion d’entendre l’immense Sviatoslav Richter, qui compta beaucoup dans la carrière de Muti : ce dernier lui avoua adorer les opéras de Richard Strauss, notamment Le Chevalier à la rose, mais concéda du même coup ne pas connaître suffisamment bien l’allemand pour les diriger. Richter lui conseilla alors de porter son dévolu sur un rare poème symphonique de jeunesse de Strauss susceptible de s’accorder à son italianità, Aus Italien, que Muti enregistra en effet peu après à la tête du Philharmonique de Berlin.
La soirée se poursuivra en compagnie de l’orchestre dont Muti prit la direction en 2010 : le rutilant Symphonique de Chicago, qu’on entendra dans des extraits du Requiem de Verdi et la Symphonie fantastique de Berlioz.