La Revue de Presse du jour – 30/11/2017

La revue de presse… Une question d’actualité parmi d’autres: faut-il renoncer à draguer au bureau ?

Sondage ! 82% des Français pensent que la drague au travail n’est plus possible…
Affaire classée, est-on tenté d’en déduire…
La frontière est trop ténue entre séduction et avance déplacée pour se risquer désormais sur ce terrain, avance le mensuel Capital dans sa rubrique « Vie de bureau », conseils pour votre carrière.
Mais le magazine ne tranche pas à la vérité, puisqu’il répond oui et non… Non, car « ne tuons pas la galanterie, cet art typiquement français, entre politesse et séduction, qui donne de la couleur aux relations hommes-femmes »…
Et si l’homme veut aller plus loin, se montrer plus explicite, c’est toujours OK, selon Capital, le harcèlement commence quand face à un refus explicite le dragueur persiste !
Le dragueur tremble désormais, autre chiffre du sondage : la moitié de ceux qui osent encore draguer ne le feront plus en toute sérénité…

Les entreprises n’en sont pas encore à imaginer des bureaux séparés pour les hommes et pour les femmes !

Non, mais la non-mixité est une revendication qui monte… Pour preuve, la double page de Libération, une consoeur enchantée de raconter les bienfaits des lieux réservés exclusivement aux femmes, je lis « une séparation source de liberté et de créativité »…
Salles de sport interdites aux hommes (300 ont ouvert en France), séances piscine réservées aux femmes (pour éviter certains regards masculins, mais la motivation religieuse serait minoritaire), agences de voyages pour la seule clientèle féminine…
Une militante prône même la mise en place d’espaces réservés aux femmes lors d’événements importants, comme les festivals…
Face à ce repli d’un sexe sur lui-même, La Croix s’indigne.
La Croix consacre sa Une à ce refus de la non-mixité, la tentation de l’entre-soi…
Interdit aux hommes, comme interdit aux Blancs. Sexisme contre sexisme. Racisme contre racisme.
« Que des personnes victimes de sexisme ou de racisme (qui existent) en viennent à utiliser les armes de leurs adversaires inspire une grande tristesse », écrit La Croix.
C’est une atteinte au principe de l’universalisme.

Deux hebdos de bords politiques opposés se retrouvent cette semaine sur ces questions…

Marianne s’attaque aux « nouveaux censeurs » (ce qu’on ne peut plus dire, ce qu’on ne peut plus faire), soulignant que la salutaire libération de la parole sur le harcèlement menace de fausser les relations hommes-femmes…
Valeurs Actuelles a choisi de faire renaître Michel Audiard dans une interview imaginaire. Question sur le vœu du Conseil de Paris de rebaptiser les Journées du patrimoine en Journées du matrimoine et du patrimoine… Michel Audiard : Cet engin-là, c’est les plaies d’Egypte à lui tout seul ! Si la connerie n’est pas bientôt remboursée par les assurances sociales, les écologistes vont finir sur la paille…
Marianne renchérit : nos écologistes parisiens devraient songer à exiger la présence de la Mère Noël aux côtés du Père Noël. Ou à s’inquiéter du titre de « la maire de Paris » qui appelle la contrepèterie sexiste…
Vous l’avez ?

Restons dans les questions de patrimoine… et non de matrimoine !

Puisqu’il est question du patrimoine de Jean-Luc Mélenchon, cible de Capital qui évoque « son joli bas de laine ». L’article avait été dénoncé par le leader des Insoumis avant sa publication : un patrimoine immobilier qui doit beaucoup aux indemnités de frais de mandat, dont les règles ont été justement corrigées hier.
Jean-Luc Mélenchon à l’Assemblée nationale la joue ami-ami avec les députés de La République en marche, raconte Libération… On l’imagine révolutionnaire bougon ? Il se montre attentif, affable et tisse beaucoup de liens…
Les soutiens d’Emmanuel Macron ne sont pas dupes de cette « stratégie de copinage », peut-être apprise par Jean-Luc Mélenchon (écrit le journal) durant ses années de trotskisme, « s’inflitrer dans un groupe pour mieux le convaincre »… Ou au moins le faire douter ?
Pour l’un de ses proches, c’est « un bon challenge ; Contrairement aux autres Assemblées, il y a beaucoup de figures qui ne sont pas matricées »…

Les joies de la politique ! Mais pas pour tout le monde : Nicolas Hulot s’épanche encore sur sa souffrance…

Après Le Point, L’Obs qui montre sur sa couverture le ministre de la Transition écologique et solidaire..
« Pourquoi je reste… »
Il reste !
Même si c’est rude… « C’est rude parce que ministre, c’est un marathon qui n’en finit pas. Vous passez une épreuve, vous n’avez pas le temps de souffler qu’il y en a une autre derrière… »
« C’est rude, oui… La fonction de ministre, en médiation permanente… Tous les sujets sont complexes, techniques, lourds… »
Relance de L’Obs : si c’est dur, pourquoi rester ?
Réponse de Nicolas Hulot : « Si c’était facile, cela se saurait ! »
Question sur le glyphosate, s’il est dangereux, pourquoi ne pas l’interdire tout de suite ?
Réponse : C’est un dilemme auquel je suis confronté…
Ultime tentative de L’Obs :
-Qu’est-ce qui vous a surpris en bien dans la politique ?
(silence). Nicolas Hulot ne répond rien, soulève sa tasse à café et feint de regarder dessous comme s’il y cherchait quelque chose.
Il a obtenu d’Emmanuel Macron, dit-il, une totale liberté de parole et « une écoute au quotidien ».
Comme chez le psy ? Pour ses interlocuteurs, ça doit être « rude »

Michel Grossiord