La Revue de Presse du jour – 30/10/2017

La revue de presse… Hollande, la joie de vivre… Mélenchon, la grosse déprime… Parlons un peu de psychologie ce matin !

Je ne suis pas à la page Santé du Figaro, pas encore, je vais y venir car la rubrique Psychologie vous intéressera… comme elle intéressera les deux hommes politiques qui nous envoient des signaux différents…
François Hollande : aucun blues post pouvoir, il gagne chaque jour son bureau de la rue de Rivoli à Paris avec la niaque de ceux qui ont faim, assure Le Figaro.
Jean-Luc Mélenchon : il est atteint par une « grosse déprime », titre à la Une Le Parisien. Il gagne chaque jour l’Assemblée nationale, manifestement découragé. Serait-il atteint de perdre la foi et l’envie ?

Que lui arrive-t-Il pour être ainsi déprimé ?

Il l’a dit lui-même : alors que la situation ne devait pas lui échapper, pensait Jean-Luc Mélenchon, qui se faisait fort de fédérer une grande mobilisation contre les réformes libérales, Emmanuel Macron a « gagné la manche »…
Le Chef de l’Etat enchaîne les réformes sans rencontrer de réelle résistance…
1 -0, et c’est Jean-Luc Mélenchon qui le dit, relève Le Monde…
La psychologie n’est jamais loin de la politique : pour Le Parisien, « le blues de Mélenchon » s’explique aussi par sa conscience qu’il a atteint un plafond de verre, en raison notamment de « souvenirs écrans » qui bloquent sa progression (sa rupture avec le PS en 2008, le Non des Français à l’Europe en 2005 toujours gravé dans son bréviaire)… Des « souvenirs écrans » diraient les psys…

Allons directement à la page Psy du Figaro…

Article intitulé « Bien se connaître, à quoi ça sert ? »
La psychologie encourage à repérer en soi ses limites, ses contradictions, ses émotions…
Qui suis-je au présent ? Quel est mon passé advenu ? Quel est mon futur attendu ?
La connaissance de ce « savoir intime » est conseillé aux responsables politiques…
François Hollande (retour à la page politique du Figaro : est-ce la peur de disparaître qui lui dicte son activisme à tous crins ?)
Jean-Luc Mélenchon (qui ne se contente pas de faire chapeau bas, il s’étonne de perdre la main…)

Jean-Luc Mélenchon a tout de même une piste en tête pour (comme il dit) « reprendre le point » à Macron…
Il se tourne vers les jeunes, au moment où le gouvernement dévoile son plan d’accès à l’université…
Mais, observe Le Monde, là-encore, les facs restent calmes… Le décrié et absurde tirage au sort a démontré jusqu’à l’absurde les limites du statu quo. Décrié, absurde, injuste, ajoute L’Alsace.
« C’est peut-être cela qui aide le plus Emmanuel Macron, suggère Le Monde : la France était arrivée à un tel point de sclérose qu’il devait bouger ».

Mais l’université va-t-elle vraiment bouger ?

Un mot a été gommé, soulignent La Voix du Nord et Le Figaro : sélection.
Mot tabou. Mot qui fâche…
Pas de sélection, donc ni de « prérequis »… Mais une série de filtres… qui laissera le dernier mot aux bachelier… C’est un recul du gouvernement, dénonce Le Figaro. Laurence de Charrette estime que l’occasion est manquée.
Dans Les Echos, Jean-Francis Pécresse, favorable à la sélection, estime que le projet que va dévoiler le gouvernement aujourd’hui peut encore tomber du bon côté de l’histoire…. Si le pouvoir est repris aux étudiants et restitué aux enseignants. Mais il va falloir au gouvernement une détermination hors normes pour affronter une Unef radicalisée, noyautée (écrit-il) par La France insoumise.

Un personnage controversé (qui a déjà fait les manchettes lors de certaines polémiques) revient à la Une : surprise, il affronte des accusations de viol !

Il s’agit de Tariq Ramadan. Le sulfureux théologien contre lequel les témoignages de femmes s’accumulent, énonce Le Parisien qui titre en gros : L’étau se resserre sur Tariq Ramadan.
Double page, avec le récit de Henda Ayari, celle qui a décidé 5 ans après les faits de dévoiler le nom de celui qu’elle accuse d’être son violeur. Elle décrit des faits extrêmement humiliants.
Tariq Ramadan qui se dit victime de calomnie a droit aussi aux honneurs de Libération, à la Une. Ce journal relève le silence dans les rangs musulmans.
Sidérées ou embarrassées, les organisations et figures de l’islam de France n’ont pas réagi aux accusations portées contre le théologien… Leur réponse : évoquer un complot sioniste…

En fait, et Le Monde n’a pas eu peur de mentionner le mot, les réponses sur les réseaux sociaux ont surtout été antisémites, contre l’accusatrice. L’antisémitisme s’est déchaîné contre Henda Ayari, cible d’injures…
Le milieu religieux et associatif musulman dans le « trouble » face à l’affaire Tariq Ramadan, confirme par ailleurs Le Monde : stupeur, sidération…
L’embarras est flagrant chez ceux qui connaissent le théologien et se soucient peut-être pas ou peu de son refus de l’interdiction du voile à l’école, des accusations d’antisémitisme et de complaisance vis-à-vis du terrorisme, de la flagellation des femmes qui étaient portées contre lui…
Aujourd’hui, l’embarras est flagrant, le site Oumma, site musulman d’information, est le premier à reconnaitre que les témoignages heurtent de plein fouet le discours de Tariq Ramadan sur les notions de « pudeur » et de « pureté » de l’éthique islamique

Michel Grossiord