La Revue de Presse du jour – 27/09/2017

La revue de presse… Révolutionnaire, vous avez dit révolutionnaire !

Révolutionnaire, Marx !
Enthousiasme de L’Humanité pour le film du réalisateur haïtien Raoul Peck. Marx jeune qui découvre l’aliénation… s’engage contre la fatalité. Une leçon pour la gauche de transformation, explique L’Huma sur 4 pages…
Révolutionnaire, Macron !
Ca, on ne le lit pas dans L’Humanité… Mais dans Le Midi libre et Les Dernières nouvelles d’Alsace aussi enthousiasmés par Macron l’Européen audacieux que L’Huma par le philosophe allemand…
Ne jouons pas avec les mots, écrivent Les DNA : c’est bien un discours révolutionnaire qu’a prononcé Emmanuel Macron à la Sorbonne…
Ouest-France salue une ambition, même si aucun journal n’est dupe des difficultés… notamment, comme le souligne La Voix du Nord : convaincre nos partenaires de l’Union…
Vite, la poussière d’or des mots retombe, constate, amer La Nouvelle République : la Catalogne s’obstine à la sécession, la Pologne gère son avenir en égoïste, Alstom et Siemens vont fusionner dans la douleur…

Cette fusion fait-elle les affaires de l’Europe mais la déconvenue de la France ?

Vision optimiste de Sud-Ouest : les deux groupes peuvent signifier une Europe des projets qui avance…
Mais le TGV qui passe sous contrôle allemand, c’est une « abdication » pour Xavier Bertrand. Le président LR de la région Hauts de France conteste l’idée qu’avec cette opération on construit un champion européen : non, on construit un champion allemand.
Et Xavier Bertrand de s’interroger dans Les Echos : veut-on encore garder des fleurons industriels en France ?
La faiblesse de la France, pour Les Echos comme Le Figaro, est celle de son capitalisme !
Nos entreprises doivent être riches et puissantes pour négocier en position de force…
Cette fusion, juge Le Figaro, est le contrepied européen de Macron…L’Etat aurait-il dû refuser l’opération ? L’amender ? Bricoler un montage franco-français ? Le Figaro note que ces artifices sont la politique industrielle du pauvre…

Avertissement à Edouard Philippe : un candidat se voit à Matignon à sa place…

Il s’agit d’un homme qui se dit convaincu d’avoir fait élire Emmanuel Macron.
Cela mérite bien une reconnaissance.
Il s’agit… il s’agit… de François Bayrou, qui a reçu notre consoeur du Figaro Marion Mourgue dans son bureau à la maire de Pau.
Article issu de cette entrevue et titré : François Bayrou se rêve encore en premier ministre d’Emmanuel Macron…
« Je pense que je peux aider Emmanuel Macron. Avec ma vision des choses, avec ma liberté de parole », explique le président du Modem, persuadé qu’après le dégagisme de ces derniers mois reviendra, dans un mouvement naturel de balancier, le temps des hommes d’expérience. Lui, par exemple, souligne Marion Mourgue qui a recueilli de belles confidences sans fausse modestie de François Bayrou : « Il est utile pour un président de la République d’avoir quelqu’un à qui parler en toute confiance et dont le regard est nécessairement complémentaire du sien ».

Dégagisme, vous avez dit dégagisme… La notion fait bondir… à la fois Emmanuel Macron et Jean-Christophe Cambadélis…

Jean-Christophe Cambadélis publie aujourd’hui « Chronique d’une débâcle, 2012-2017 ». Il ne ménage pas François Hollande, un homme qui n’était « pas prêt mentalement » à affronter la fonction présidentielle…
Mais il s’attarde aussi sur Jean-Luc Mélenchon, L’Opinion reproduit le chapitre sur ce « Chavez de Saint Germain des Prés » fasciné aujourd’hui par le sanglant président du Vénézuela Nicolas Maduro… Fascination logique pour quelqu’un qui se veut le leader de tous les individus (au fond une remise en cause de la démocratie, juge Jean-Christophe Cambadélis…)
Même jugement du Chef de l’Etat qui dénonce, rapporte Le Canard Enchaîné, la volonté de Jean-Luc Mélenchon de « déstabiliser la République ». Il lui reproche une « démarche séditieuse ».
« Mélenchon se comporte comme ces chefs d’Etat africains qui ont perdu l’élection. Heureusement qu’il n’a pas l’armée avec lui ! »
« Les révolutionnaires sont souvent des ratés du suffrage universel ».
Emmanuel Macron a jugé par ailleurs que la manif de samedi de la France insoumise fut un rassemblement raté : au plus 30.000 personnes…
A ce sujet, vérification piquante de la rubrique Désintox de Libération : Raquel Garrido, porte parole de La France insoumise et chroniqueuse sur C8 a salué dans l’émission de dimanche de Thierry Ardisson que le rassemblement avait bien marché… Elle l’a répété 3 fois, en disant bien « hier »… Sauf que l’émission avait été enregistrée 2 jours avant…
Raquel Garrido signe dans Le Monde daté de ce jour un « Manifeste pour la naissance d’un nouveau média citoyen », un projet alternatif (il n’est pas écrit « faits alternatifs »…

A la page Débat de Libération, une tribune qui fait déjà beaucoup réagir…

« Contre la pénalisation du harcèlement de rue ».
Une quinzaine d’universitaires se mobilisent contre le projet du gouvernement de verbaliser le harcèlement de rue dont sont victimes les femmes…
Un projet en débat… Certains se montrent sceptiques… Mais d’autres, c’est le cas des signataires de cette tribune, jugent que pénaliser le harcèlement de rue va consister à viser, je cite, les populations qui l’occupent la rue… c’est-à-dire « les hommes des classes populaires et racisés » (je suppose que ça veut dire non blancs)
« Or, est-il écrit, les jeunes hommes des classes populaires et racisées subissent déjà, plus que d’autres, le contrôle policier et les violences des force de l’ordre ».
Donc, ces universitaires nous expliquent que le problème fondamental avec ce projet… qui veut lutter contre le harcèlement physique ou verbal dont sont victimes les femmes sur tous les trottoirs de France… le problème fondamental, c’est l’acharnement qu’il y aurait à sanctionner toujours les mêmes… les pauvres « racisés »…
En substance, cette tribune demande aux femmes victimes de harcèlement de se laisser faire, selon le profil de leur agresseur.

Michel Grossiord