La Revue de Presse du jour – 26/09/2017

La revue de presse… Sera-t-elle présente cette après-midi à la Sorbonne pour écouter son mari ?

Brigitte Macron était présente lors du précédent discours sur l’Europe du président de la République devant l’Acropole…
Elle devrait logiquement être attentive à la suite dévoilée à la Sorbonne : comment relancer l’Union ?
Brigitte Macron spectatrice attentive et certainement pas… potiche !
Elle est l’anti-potiche ! L’anti potiche, c’est le titre de l’article élogieux qui lui est consacré par le supplément Art de vivre du Figaro, magazine qui ne désigne pas nommément les potiches qui ont précédé l’actuelle anti-potiche…
Article élogieux, le mot est faible… « Destin hors du commun, profil atypique et romanesque à souhait, elle attire et rassure… »
Bon, comme il est mentionné par Anne Fulda, il y a bien la longueur de ses ourlets qui fait toujours débat, mais c’est une héroïne qui nous est présentée : « On pourrait croire que la France régicide s’est désignée une nouvelle reine »…

La queen Brigitte !

Et une Brigitte mania s’est emparée de la France, avance Le Figaro, citant la vente record cet été d’un t-shirt qui affichait simplement… Brigitte !
Le philosophe Pascal Bruckner livre son analyse : « La première dame a la double image de maîtresse et d’enseignante (une enseignante de vie qui a tout appris au jeune Emmanuel, le théâtre, l’amour, la politique) est en fait l’éminence grise du chef de l’Etat, celle qui continue à tenir l’Etat à travers l’alcôve… »
Va-t-il trop loin Pascal Bruckner ?
Peut-être au-delà de la communication très maîtrisée à l’œuvre à l’Elysée au sujet de Brigitte comme d’Emmanuel Macron, comme le souligne Le Figaro…
Si Emmanuel Macron n’aura d’yeux que pour Brigitte aujourd’hui dans le grand amphi, les pensées du Chef de l’Etat iront à Angela…
Son projet européen est contrarié par le scrutin allemand…

Mais elle et lui se sont parlé dès dimanche soir…

La chancelière, après sa victoire amère, l’a rassuré, selon Le Monde : elle ne sera pas « en opposition frontale » avec son projet de refondation de l’Union… C’est ce que rapporte Emmanuel Macron lui-même…
Un ministre assure : « Ils ont beaucoup discuté tous les deux. Macron l’a testée, les propositions qui seront exposées à la Sorbonne, il ne les a pas conçues seul dans son coin. »
Problème : la chancelière va probablement devoir composer une coalition compliquée avec les libéraux qui ont développé une ligne assez peu européenne…
L’Union de Reims veut croire que l’expérience d’Angela Merkel, son sang-froid, ses résultats économiques plaident en sa faveur…
De grâce, elle n’est pas devenue une potiche (il est loin le temps où Helmut Kohl l’accueillait ainsi), mais elle est entravée…

En France, Emmanuel Macron se veut… bulldozer !

Bulldozer qui ne veut rien lâcher, selon le titre qu’on trouve dans L’Opinion.
A l’Elysée, on veut montrer que les deux élections du week-end (les législatives en Allemagne, les sénatoriales en France) ne condamnent pas le Président à ralentir la cadence…
Le Figaro glisse aussi une réflexion d’un proche : « Son obsession, c’est de ne jamais arrêter de rouler. Si à un moment il s’arrête, les Français le lui reprocheront. Il doit rester dans l’action ».
Mais le chef de l’Etat ne doit pas sous-estimer les résistances à son programme, estime Gérard Courtois dans Le Monde…
Résistance dans les urnes sénatoriales qui signe un coup d’arrêt, et dans la rue. L’élection présidentielle n’a pas effacé, comme par enchantement, les frustrations, la défiance et les colères dont le pays reste gros…
La seule façon pour Emmanuel Macron de conjurer ces risques est de prouver la pertinence de sa politique, c’est-à-dire d’obtenir des résultats assez tangibles notamment en matière d’emploi pour que les Français reprennent confiance…
Son problème est que cela prendra du temps…

Justement, les chiffres du chômage en août sont attendus ce soir…

Des signes encouragements de ci de là… Le Midi libre salue une progression des emplois en Occitanie…
Libération Champagne fait sa manchette sur l’industrie qui tire l’économie de l’Aube vers le haut… Elle atteint même sa meilleure note depuis 10 ans…
Question : y a-t-il des différences de productivité entre l’Occitanie et l’Aube. Plus généralement entre le Sud et le Nord ?
Une étude a été menée en Italie, elle fait l’objet de la chronique assez savoureuse de Jean-Marc Vittori dans Les Echos…
Deux économistes ont mesuré le temps qu’il fallait pour dépouiller les bulletins de vote les soirs d’élections… Résultat : les Italiens du Nord comptent les bulletins bien plus vite que ceux du Sud (28% plus vite pour être précis).
Les calculs ont été réalisés sur 100 millions de bulletins dans 8.000 villes, et ils sont implacables. Ils montrent que la productivité lors du dépouillement est corrélée à celle des entreprises. Ce sont des facteurs culturels qui sont en cause !
Une réforme est-elle envisageable dans ce contexte fruit d’une histoire millénaire ?
Seconde question : ce constat italien est-il valable pour la France ? Si quelqu’un veut s’amuser à partir des récents dépouillements…

Michel Grossiord