La Revue de Presse du jour – 26/01/2018

La revue de presse… La drogue, et les différentes manières d’en parler…

Alerte rouge sur la blanche, dans Le Parisien… Le journal révèle que le nombre d’intoxications graves et de décès (44) liés à la consommation de cocaïne explose…
Il a été multiplié par 6 depuis 2012…
Infarctus (un seul rail suffit), accident vasculaire cérébral, saignements, convulsions, etc… La cocaïne cause des ravages, alors qu’elle est devenue presque banale, elle n’est plus réservée à une élite fêtarde, elle se diffuse dans toutes les classes sociales, avance Le Parisien qui nous fait partager la soirée de 4 trentenaires parisiens…

Un vendredi soir presque ordinaire…

A côté du guacamole maison, dix rails de cocaïne s’alignent sur le bar…
Au bout de 3 heures, les réserves sont épuisées.
-On se fait livrer ? suggère Timothée. Victor acquiesce…
Coup de fil. Une heure plus tard, le dealer est en bas.
Les anecdotes pleuvent. Les dealers sont loin du profil de la petite frappe ordinaire… L’un des 4 participants à la soirée parisienne raconte : « Un jour, j’en ai commandé. Le mec me dit : Je suis en bas de chez toi. Mais à travers la fenêtre, il n’y avait personne à part un livreur à vélo. Et là il me lâche : ben c’est moi. J’ai halluciné. »
Livreur de pizzas, de sushis et, pour arrondir les fins de mois, de cocaïne, planquée dans les poches.

Les dealers, où comment Le Monde les dépeints curieusement dans un article très valorisant !..

Sont-ils « des salariés comme les autres ? », s’interroge Le Monde. Il est question des vendeurs de cannabis (mais les livreurs de cocaïne ont les mêmes méthodes).
« Des salariés comme les autres ? » Mieux même : l’article écrit que le deal est une filière d’apprentissage parmi d’autres…
Qu’apprend-on dans le deal ? A prendre des risques, des compétences en marketing (1 gramme acheté, O gramme 5 offert), un savoir-faire comptable et commercial, des habiletés en communication et en management, le don d’observation, la résistance au stress !…
Autant de « connaissances acquises » utiles dans l’économie légale, s’enthousiasme Le Monde qui raconte encore que certaines associations acceptent de combler les trous figurant dans le CV (trous correspondant à la période de deal ou de prison)…

Est-ce qu’il n’y a pas certains aspects du « business du cannabis » qui sont passés sous silence, là ?….

Le climat de terreur instauré dans les cages d’escaliers, la vie dégradée dans les cités, la violence… sont absents ou quasi-absents de l’article… Ah si, la violence. Un chercheur de l’Institut des hautes études de la sécurité et de la justice vient apporter une sorte de bémol : « Le recours quasi systématique à la violence pour gérer les conflits est, dit-il, une limite au principe de ‘compétences transférables’ »…
On se pince en lisant cet avis autorisé…
Mais cet obstacle peut être levé, assure un autre : comme on ne se retourne plus toutes les 30 secondes dans la rue, la pression baisse mécaniquement…
Le business du cannabis « emploie », le verbe choisi par Le Monde, plus de 200.000 personnes en France…

Autre article du jour à relever : le témoignage du journaliste Daniel Thomson, spécialiste du djihadisme…

Le témoignage choc, annonce à la Une Le Figaro…
David Thompson, auteur des Revenants, s’est exilé aux Etats-Unis après des menaces de mort… Il a approché de près des Français engagés dans le djihad… et alerte sur le danger représenté par le retour des djihadistes français…
Le journaliste-enquêteur, prix Albert-Londres, cite un revenant qui lui a dit : « J’ai quitté la Syrie pour fuir Daech, et j’ai retrouvé Daech à Fleury-Mérogis »…
Pour Daniel Thompson, « il est impossible de s’assurer de la sincérité du repentir d’un djihadiste…
Et il n’existe aucune méthode de déradicalisation d’Etat. Il assure que beaucoup ont prétendu le contraire pour des raisons politiques ou mercantiles… « d’authentiques escrocs ont été abreuvés de centaines de milliers d’euros de subventions publiques dans l’opacité ».
(3 ans après les premiers programmes, parmi les 3 principales figures médiatiques de la déradicalisation, une a été condamnée pour détournement de fonds publics, un autre est en prison, mis en examen pour viols présumés de patientes et exercice illégal de la médecine, enfin la dernière est décrédibilisée après que plusieurs jeunes femmes passées dans son centre sont parties en Syrie). Il ne donne pas leurs noms, mais ils sont facilement identifiables…

Le dernier hommage ce matin à Paul Bocuse…

A Lyon, qui est la capitale de la France, Paris, sa banlieue, disait-il…
Haie d’honneur des chefs en veste blanche, Trois personnes vont prendre la parole ce matin à la cathédrale Saint Jean à Lyon, précise Le Progrès : Gérard Collomb, Pierre Troisgros son ami et complice de toujours et Marc Haeberlin qui a connu Paul Bocuse à l’âge de quatorze ans.
Le Point publie l’interview testament de Monsieur Paul, qui s’était prêté au jeu d’une interview qu’il avait voulue posthume…
Cuisinier, est-ce le plus beau métier du monde ?
-Oui. Vous faites payer les hôtes et ils vous remercient encore en partant. Vous en connaissez beaucoup des métiers comme ça ? Moi, pas. C’est le seul ainsi. Parce que chez le médecin, on ne dit jamais merci. Au contraire, on dit : « J’ai encore mal à la tête ».

Michel Grossiord