La Revue de Presse du jour – 26/01/2017

La revue de presse… On la sait discrète, elle est ce matin omniprésente dans les journaux : Pénélope Fillon !

Elle et son mari face à la « tempête ». « Dans la tourmente ».
Autre résumé d’un mot, à la Une de L’Opinion, « la déflagration ».
« Les époux Fillon sont dans la nasse », avance sans réserve La Nouvelle République.
Prudence ! Pas d’emballement ! C’est la ligne défendue par La Croix qui met en garde : la discrétion de Pénélope Fillon n’est pas synonyme d’inactivité ou d’incompétence.
Mais le poids du « soupçon » est plus fort… « Le soupçon », c’est le mot qui barre la Une du Parisien avec au-dessus le mot « Emploi fictif ».
« Quoi qu’il advienne, écrit Donat Vidal Revel, il y a le droit (la justice s’est saisie de l’affaire) et la morale… »
L’éditorialiste du Parisien estime qu’employer sa proche famille quand on est parlementaire est, je cite, « l’héritage d’un népotisme archaïque qui vient entacher l’image du candidat François Fillon, qui n’a pas hésité jusqu’ici à se présenter comme le chantre de la moralité ».
Ce rappel à l’image d’intégrité, de rigueur, d’exemplarité, de vertu dont s’est habillée François Fillon, on le trouve dans tous les journaux, de Libération à L’Est républicain, de Sud-Ouest à Ouest-France…

La séquence est donc rude pour le candidat !

Il lui faut éviter le risque d’une « sortie de route », évoquée à la Une par Paris Normandie.
Problème : la justice (qui n’a pas traîné à s’auto saisir) va inscrire la nouvelle fragilité du candidat dans la durée, écrit Cécile Cornudet des Echos…
L’enquête judiciaire va transformer l’affaire en feuilleton auquel François Fillon sera constamment renvoyé, et percuter le cœur de son message présidentiel : faire des efforts, économiser l’argent public, lutter contre l’assistanat…
Une campagne entravée.

Le coup est rude donc, mais d’où vient –il ?

Qui a balancé ? comme demande Le Parisien…
Certains pointent du doigt la piste interne, comprendre : le crime pourrait être signé des sarkozystes qui s’estiment mal traités dans la campagne… « On a beaucoup d’ennemis en interne », s’inquiète un proche de François Fillon.
On passe d’un soupçon à l’autre… mais Le Parisien n’est pas le seul à s’interroger. Coïncidence relevée par Libération et Le Monde : hier matin une cinquantaine de parlementaires sarkozystes étaient réunis dans un restaurant parisien pour partager leur doute et leur colère…
Un ancien ministre glisse qu’il n’est pas question de jouer la politique du pire (ce serait favoriser Marine Le Pen), mais cet ancien ministre ajoute qu’il n’a pas oublié le retentissant « qui imagine le général de Gaulle mis en examen ? », cri de guerre antisarkozyste lancé à Sablé sur Sarthe…

Voilà pour la droite, la gauche est aussi au programme du jour !

Lendemain de duel Valls-Hamon qui n’avait rien d’un duel au fond… En tous les cas, pas de clash, souligne Le Figaro.
On nous annonçait un Manuel Valls à l’offensive, on l’a vu jouer en contre, semblant renoncer, abdiquer (lui aussi), rendre les armes, comme s’il avait déjà un peu perdu, observe Le Monde.
Qui a perdu ? Qui se prépare à la déroute ? C’est la gauche dans son ensemble, écrit Alain Duhamel dans Libération. La gauche prépare son éternel retour vers le passé, elle n’a jamais aimé le pouvoir, elle préfère de nouveau le monde du rêve au monde de la réalité…
Benoît Hamon incarne ce retour vers le passé avec son projet chimérique, écrit encore Alain Duhamel, nostalgique de François Mitterrand et Lionel Jospin…
Hier soir, Manuel Valls a critiqué le projet de son adversaire (il n’a fait que ça), et sa vision de la fin du travail.

La fin du travail, est-ce un mythe ou une réalité ?

Un mythe pour Les Echos. Cette approche fait l’impasse sur les emplois qui naissent grâce aux technologies (ainsi en France 200.000 postes de secrétaires ont disparu dans les années 90 mais 250.000 postes d’ingénieurs et cadres de l’informatique et des télécoms sont apparus)
Et puis deuxième argument, la révolution technologique va transformer la nature du travail, non salarié de plus en plus… C’est sur les filets de sécurité pour ces nouvelles formes d’emploi qu’il faut réfléchir, écrit Benoît Georges dans Les Echos.

Une pique visant Benoît Hamon dans Les Echos toujours…

Son portrait en dernière page, la fameuse rubrique En vue : « Dire que Benoît Hamon n’a rien fait au gouvernement est une calomnie. Il a quand même profité de son passage à l’Education nationale pour abonner le ministère à L’Equipe. C’est à ce genre de détail que l’on reconnaît les grands hommes.
Un trait d’ironie pour celui qui a le vent en poupe…

Encore une information…

La Russie dépénalise les violences domestiques…  sous la pression du pouvoir et de l’Eglise orthodoxe… et parce qu’il convient de résister aux valeurs occidentales…
A lire sur Le Monde…
Vote a une écrasante majorité des députés russes…  alors que 10.000 femmes meurent chaque année sous les coups de leur conjoint…
Mais en Russie, les femmes ne pourront pas manifester comme aux Etats Unis : du moins leur dernier appel à descendre dans la rue s’est vu opposer un veto par le kremlin car il n’y avait pas assez de place (pour elle) place Bolotnaïa

Michel Grossiord