La Revue de Presse du jour – 24/01/2017

Un avis de décès est publié par toute la presse.

« In memoriam »
Il est assez rare qu’un éditorial soit titré en empruntant la liturgie des funérailles. C’est le choix du Parisien.
« Le Parti socialiste de Mitterrand, celui d’Epinay, capable de rassembler autour d’un programme commun, est mort dimanche après une longue agonie et quelques derniers spasmes que sont les cafouillages arithmétiques ».
Les primaires ? Presque un fiasco, pour Jean-Marie Montali.
Le Parisien, mais il n’est pas le seul, se plonge avec délices dans le parfum d’embrouille, le tripatouillage, la grosse manip, la tricherie monumentale… autant de mots prononcés en off par les ténors du PS qui ne se font pas prier pour évoquer les soupçons qui pèsent sur les chiffres du 1er tour de la primaire.
C’est quoi ce mic mac ? demande à la Une Le Parisien.

Des explications officielles ont été données sur le cafouillage autour de la participation.

Explication par exemple de Thomas Clay, le président de la haute autorité des primaires citoyennes: « Tout s’est bien passé », assure-t-il au Monde. Il poursuit : « Simplement, à un moment, une information a été donnée sur un chiffre antérieur présenté comme postérieur. »
La formule fait mouche sur les réseaux sociaux alors que Le Monde affirme qu’il y a eu une manipulation… Un gonflage de chiffre (+ 352.013 voix) semble l’hypothèse la plus crédible.
« On avait tous peur que ça gruge », glisse dans Le Parisien un vieil ami de François Hollande.
Ces soupçons et ces doutes renforcent, pour Sud-Ouest, les interrogations sur l’avenir du PS…

Ce journal explique pourquoi Vincent Peillon n’a pas pris position pour le second tour.

Vincent Peillon voulait se rallier à Manuel Valls, mais la maire de Paris, Anne Hidalgo, principale marraine de sa candidature, l’en a empêché, avance Bruno Dive… Car elle veut barrer la route à l’ancien premier ministre. Comme quoi ce n’est pas seulement le congrès du PS qui se prépare, mais déjà la présidentielle de 2022.
Le Tout sauf Valls est au cœur de l’entre-deux tours, ce qui réjouit L’Humanité qui voit Manuel Valls en marche vers la sortie.
Mais l’ancien premier ministre entend poursuivre sa campagne dure contre Benoît Hamon. Voilà ce qu’il a promis à son équipe dès dimanche soir : « Je suis un combattant, je ne lâche rien, j’irai jusqu’au bout ».
Selon les informations de Libération, son équipe se divise néanmoins : certains poussent Manuel Valls à jouer le social (la défiscalisation des heures supplémentaires), d’autres à tout miser sur l’autorité, les valeurs républicaines. Sous couvert d’anonymat, un ministre vallsiste glisse que « Hamon est le candidat des Frères musulmans ».
« Ca va saigner »

Plus que jamais on a affaire à deux gauches irréconciliables…

On s’inspirera sur ce sujet du sociologue Max Weber qui avait théorisé au début du XXème siècle l’opposition entre éthique de conviction, et éthique de responsabilité.
Petit rappel signé Valérie Toranian dans La Revue des deux monde qui précise le rôle de l’un et de l’autre engagés dans un duel à couteaux tirés…
Le partisan de l’éthique de conviction, c’est Benoît Hamon, fifre du grand soir, batteur de pavé, qui s’ébroue dans l’eau tiède et confortable des illusions et de l’éternelle protestation…
Le partisan de l’éthique de responsabilité, c’est Manuel Valls, qui est aussi l’homme de la déception, du deuil de l’illusion…
Au final, le PS sort meurtri du quinquennat. Mort, lit-on le plus souvent. Question posée en gros par Ouest France : Où va le PS ?
Le sous-entendu saute aux yeux : dans le mur…
A noter que François Hollande tente aujourd’hui d’acter la fermeture de la centrale de Fessenheim, grand feuilleton politico-écolo-économique du quinquennat, en obtenant le vote du conseil d’administration d’EDF. Au moins enclencher le processus avant de quitter le pouvoir !
Le conseil d’administration s’annonce sous haute tension, rapportent Les Echos et Le Figaro économie… Mais Le Monde précise que le vote ne signifiera pas forcément fermeture de Fessenheim : une nouvelle majorité pourra toujours revenir dessus.

Autre débat droite – gauche… sur le feuilleton Plus belle la vie !

Etonnant : la série vedette de France 3 apparaît engagée aux yeux de certains (mariage gay, cannabis, accueil des migrants), Le Parisien invitent des spécialistes à un décryptage… Les méchants sont souvent incarnés par des chefs d’entreprises et des riches… Les producteurs mettent en avant les valeurs humanistes.
Toujours dans Le Parisien, témoignage d’un prêtre pédophile… « Les confessions d’un prêtre pédophile », lit-on à la Une. On aurait préféré « une » confession car ce prêtre met sur un pied d’égalité la douleur de ses anciennes proies et la sienne, celle du bourreau…
« La pédophile nous a détruit, mes victimes comme moi », déclare-t-il.
Toujours dans Le Parisien, le chemin curieux de l’argent des terroristes… 13.300 euros avaient été glissés dans les dalles d’une tombe à l’abandon du cimetière du Montparnasse pour l’achat de fusils d’assaut ! Opération déjouée par les policiers de la DGSI…

Enfin, de la beauté pure dans ce monde…

Avec l’engouement de Libé et surtout du Figaro (une page entière) après le bal d’une débutante… La première femme nommée directrice de la création de Dior a présenté sa première collection haute couture…
Ambiance féérique au Musée Rodin.
Maria Grazia Chiuri préfère ne pas penser à la phrase de Françoise Giroud sur Christian Dior il y a 70 ans après sa première collection: « Inconnu le 12 février 1947 et célèbre le 13 ».
La styliste partage la une du Figaro avec Hamon-Valls.

Michel Grossiord