La Revue de Presse du jour – 23/01/2017

La revue de presse… Nous sommes joueurs ce matin… Un petit quiz ?

Question : qui a dit : « la presse est coupable d’avoir mené une campagne incroyable et inlassable contre le scrutin » ?

On pourrait penser à Donald Trump ?

On pourrait en effet attribuer cette critique au président américain qui a annoncé ce week-end, quelques heures après son investiture, qu’il allait demander à la presse de rendre des comptes…
Mais c’est Jean-Christophe Cambadélis, le patron du PS, qui s’en est pris à la presse… Le succès en demi-teinte de la participation ? « La faute aux médias », a-t-il lancé hier soir comme le souligne Libération.
Le « froid polaire » a aussi été incriminé…
Autre question : qui déclare que sa défaite à la primaire est difficile à digérer, « comme une mauvaise cuite » ?

On pourrait penser là à Arnaud Montebourg ?

Arnaud Montebourg, qualifié par Le Monde de « Monsieur bis repetita » de l’échec… « Comme les oiseaux, l’ancien ministre a préféré se cacher pour mourir », écrit ce journal dans son compte rendu de la brève soirée électorale dans son QG.
Arnaud Montebourg aurait pu dire en effet que sa défaite est difficile à digérer comme une mauvaise cuite, mais l’expression est de Bruno Le Maire…
…dans des confidences au Parisien.
« Je vais devoir maintenant me reconstruire… »
L’après-primaire pour Bruno Le Maire ? « Une période de solitude, de grosse remise en question sur ce qui n’a pas marché », explique-t-il.
En fait, il sera aujourd’hui dans l’ombre ou le sillage de François Fillon reçu à Berlin pour un déjeuner de travail avec Angela Merkel.
François Fillon présente dans Le Monde et la Frankfurter Allgemeine Zeitung sa vision de l’Europe, moins dépendante des Etats-Unis (qui ne nous feront pas de cadeaux) et réconciliée avec la Russie (qu’il faut cesser, dit-il de pousser dans ses travers)…
Question à François Fillon : Est-ce que Poutine est fiable ?
Sa réponse : Est-ce que les Occidentaux ont toujours été fiables ? Sur la Libye, le Kosovo…

Revenons à la primaire de la gauche. La situation est simple pour la presse…

Le duel, match, guerre (on lit encore joute) qui s’annonce dimanche résume l’opposition frontale entre deux gauches que Manuel Valls avait qualifié d’irréconciliables. Sur ce point, tous les journaux donnent raison à l’ancien premier ministre.
La victoire annoncée du frondeur Benoît Hamon, qui aborde le second tour en position de force, ne doit pas faire illusion pour Le Parisien : les deux vainqueurs sont Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon.
Et Le Figaro de se délecter par avance du dilemme auquel Benoît Hamon et Manuel Valls (s’il remporte la primaire, mais Le Figaro le voit courir à l’échec) seront confrontés : puisque l’un et l’autre sont promis à une humiliante élimination au soir du 1er tour de la présidentielle, ils devront subir les appels au désistement…
…appels lancés par Jean-Luc Mélenchon (pour Benoît Hamon)
…appels lancés par Emmanuel Macron (pour Manuel Valls)…
« Sortir ou se faire sortir… Voilà le fâcheux dilemme auquel l’un des deux hommes sera confronté dimanche, ironise Paul-Henri du Limbert. Pour parodier François Hollande, l’effacement c’est maintenant ».

Mais Benoît Hamon vise peut être autre chose que la présidentielle ?

Benoît Hamon, où l’échec assuré, comme l’a dit Manuel Valls, vise le parti socialiste, pour qui toute la presse promet des lendemains terribles (L’Opinion) ou une année 2017 mortifère (Libération).
Reportage dans Le Figaro à bord de la péniche festive de Benoît Hamon, amarrée hier soir pas loin de Solférino… Comme dans une manœuvre d’abordage !
Encore un petit quiz… Où trouve t-on que Benoît Hamon incarne une gauche ‘renouvelée et en partie utopique » ? Dans Libération… Où juge t-on cette gauche Hamon « irresponsable », « gauche de la surenchère » ? Dans Le Figaro… et chez les Vallsistes !

On quitte la politique pour… la corrida !

Rien à voir, la mise à mort du taureau catalan qui n’existe plus depuis 2010…
L’abolition des corridas a été votée chez nos voisins à l’issue d’un long processus démocratique, rappelle dans Libération les signataires d’un texte défendant « un autre esprit du Sud » comme la corrida, la chasse et le foie gras… Les signataires : des écrivains, ingénieurs agro alimentaire, journalistes, l’actrice Mylène Demongeot…
Ce texte dénonce la torture animale et défend le droit des animaux… Jusque-là, on comprend.
Mais les auteurs disent défendre ceux qui n’ont pas de droits, « comme au XVIIIème siècle Olympe de Gouges plaidait la cause des femmes… comme au XIXème siècle Jean Jaurès défendait les ouvriers et s’élevait contre l’injustice ».
Se revendiquer d’une telle lignée révolutionnaire semble… présomptueux, surtout au nom des animaux mis au même niveau que les humains !
Je laisse à d’autres régler cette question philosophique !

Michel Grossiord