La Revue de Presse du jour – 22/11/2017

La revue de presse… Les journalistes politiques s’impatientent mais Emmanuel Macron prend son temps !

Alors, ce remaniement, même mini, ça vient ?
C’est ce que répètent depuis lundi nos confrères spécialisés…
Mais il faut le temps (selon l’Elysée) que la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique vérifie les déclarations de patrimoine d’un ou deux entrants possibles au gouvernement.
Prudence est mère de vertu… ce qu’avait oublié François Hollande en août 2014 lors de la composition du nouveau gouvernement Valls…
L’histoire nous est racontée par L’Opinion : comment il avait manqué 5 minutes à l’Elysée pour rayer le nom de Thomas Thévenoud de la liste…

5 minutes, ça s’est joué à 5 minutes ?

Ce 26 août 2014, en fin de journée, Michel Sapin retrouve le Chef de l’Etat dans son bureau qui lui tend la liste du gouvernement qui doit être lue sur le perron de l’Elysée…
« Thomas Thévenoud ! » s’exclame Michel Sapin.
-Oui, quoi, il n’a pas réglé ses problèmes ? s’inquiète François Hollande qui était donc au courant de la « phobie administrative » du député de Saône et Loire…
-Pas que je sache, répond Michel Sapin…
Trop tard : le secrétaire général de l’Elysée, Jean-Pierre Jouyet, est déjà dans l’escalier pour rejoindre le perron de l’Elysée… La grenade dégoupillée Thévenoud est lancée. Ca s’est joué à 5 minutes !

En attendant les petits mouvements du jour, restons avec les ministres déjà en place !

« Il en va des gouvernements comme des recettes de pâtisserie : leur succès tient du choix des ingrédients et de la précision des dosages », explique Le Figaro qui distingue 5 catégories de ministres :
-Les révélations : Blanquer, Darmanin, Schiappa…
-Les effacés : Nyssen, Flessel, Mézard…
-Les greffes difficiles : Hulot, Le Maire, Le Drian…
-Les jeunes pousses : Denormandie, Lecornu, Mahjoubi…
-Les experts qui percent : Pénicaud, Buzyn, Belloubet… En l’occurrence les expertes. A leur sujet, observation inspirée de Cécile Cornudet, ici présente, dans Les Echos : la technicité permet aux expertes de transformer les sujets explosifs en objet technique insaisissable, voire inoffensif… On l’a vu avec la loi travail, on le voit aujourd’hui avec la sélection à l’université aux mains de Frédérique Vidal, la ministre de l’Enseignement supérieur qui présente son projet dans une accalmie surprenante.

Libération confirme la faible opposition des syndicats étudiants, et s’en prend par ailleurs à la décision gouvernementale de bannir l’écriture inclusive des textes officiels : « étrange priorité, est-ce un dossier urgent ? » demande ce journal qui ne semble donc pas sur la ligne arrêtée par Edouard Philippe…

En revanche, les autres journaux approuvent !

Les Dernières nouvelles d’Alsace saluent ce refus de l’écriture inclusive : « il est sage de dire non à ce charabia et cette cuistrerie dogmatique ».
En vedette dans Le Télégramme, Bernard Pivot « dit non ! »
« Pourquoi rajouter une chausse-trappe, une difficulté supplémentaire à la langue française ? »
Bernard Pivot rappelle que le masculin est un masculin de convention, non de domination, il résume les deux sexes comme lorsqu’on dit ‘Tous les hommes sont égaux devant la loi’ ».
En plus, ajoute Pivot, l’écriture inclusive a un défaut supplémentaire : on peut l’écrire mais difficilement la lire : imaginez les agriculteur.rice.s ».
L’académicien Marc Fumaroli avait dans Le Figaro dénoncé « les précieuses ridicules et les pédantesques Trissotin »…
Le premier ministre, souligne Le Figaro, a défendu malgré les préconisations de l’Académie française, la féminisation des noms, un usage déjà répandu : la procureure de la République par exemple…

Restons dans l’écriture, et la lecture, avec une prédiction qui ne s’est pas réalisée…

La fin du livre, le triomphe des e-book et autres liseuses…
C’est ce qu’on nous annonçait il y a quelques années. Il n’en est rien, raconte longuement Le Figaro économie…
Aux Etats-Unis, la part de l’e-book n’a pas passé la barre des 20%. En France, il n’a jamais vraiment décollé (3,5% des ventes de livres)… Le papier a ses atouts : savoir où on en est, revenir facilement en arrière, permettre une pause après avoir passé sa journée sur écran…
Toujours au chapitre de l’écrit, bon anniversaire Francis Beltrami, 100 ans. A la Une de Ouest-France. C’est le créateur des agendas Quo Vadis. Le centenaire a toujours un agenda où il continue de tout consigner…

Un détour néanmoins par l’univers numérique pour conclure ?

Avec Xavier Niel, numéro 1 des 50 Français les plus influents dans le monde dans le classement de Vanity Fair…
« Comment le bad boy des télécoms est devenu notre ambassadeur secret dans la Silicon Valley »…
Article fouillé sur Xavier Niel où l’on découvre ses réseaux insoupçonnés…
Un de ses plaisirs, emmener ses visiteurs et amis de marque dans ses Niel tours, à Paris… Un musée, les balcons dorés de l’opéra Garnier, les catacombes (il lève une bouche d’égout et en avant), ou encore l’Elysée.. ;
Vanity Fair raconte qu’il fréquente l’actuel président depuis longtemps, mais c’était vrai aussi de François Hollande… L’habitude est née du temps de ce dernier, assure Vanity Fair…
-Ca te dit de rencontrer le président de la République ?
Un SMS envoyé au chef de l’Etat, qui avait répondu dans la seconde, se souvient un ami de Xavier Niel.
François Hollande avait 10’ dans l’après-midi : ils ont passé une heure et demi à discuter de l’environnement numérique en France et d’innovation…
Podium des Français les plus influents selon le mensuel : en 2, Zinedine Zidane, en 3 Brigitte Macron… Je vous donne le 4ème, Thomas Pesquet…

Michel Grossiord