La Revue de Presse du jour – 21/11/2017

La revue de presse… avec des bonnes et des mauvaises nouvelles !

Bonne nouvelle : la jeunesse est optimiste ! Les moins de 26 ans vont-ils permettre à la France de perdre le titre de « peuple le plus pessimiste de la terre » ?
C’est le pari du Parisien qui consacre sa Une à la génération optimiste. Sondage à l’appui bien sûr : 78% des moins de 26 ans voient leur avenir en rose…
Heureusement me direz-vous à cet âge !
Dessin de Ranson : deux vieux sur un banc.
-Les jeunes sont optimistes pour l’avenir, dit l’un…
-S’ils sont en mesure de payer nos retraites, moi aussi, répond l’autre…

Justement, c’est une des bonnes nouvelles du jour…

On craignait un trou de 9 milliards dans le système des retraites en 2020.
Il sera environ 4 fois moins profond, selon le Conseil d’orientation des retraites qui fait du zig zag avec ses prévisions.
Une amélioration qui s’explique par une croissance plus dynamique que prévu, gage de rentrées d’argent plus importantes, expliquent Les Echos. Pression allégée sur l’exécutif qui entend mener une réforme « systémique »…

Quoi au chapitre des mauvaises nouvelles ?

La fragilité sinon le crépuscule d’Angela Merkel ! En Allemagne, le Spiegel l’a dépeinte en état de détresse…
Mais la chancelière ne s’avoue pas vaincue malgré l’échec de sa tentative de coalition, raconte Le Monde.
Jeter l’éponge ? « Ridicule », répond-elle… Son autre phrase prononcée hier soir résume son état d’esprit : « Je n’ai peur d’absolument rien ».
Toute l’Europe va pâtir de la crise politique en Allemagne : crainte unanime de la presse française qui va (à l’instar de L’Est Républicain, de La Presse de la Manche) jusqu’à évoquer un « scénario catastrophe » si l’extrême-droite venait à progresser plus encore lors de nouvelles élections.

La nouvelle est mauvaise pour Emmanuel Macron !

Elle est fâcheuse, écrit Le Figaro : le grand projet européen du président français risque fort de devoir attendre. Emmanuel Macron a glissé hier qu’il souhaitait que la situation ne se « crispe » pas…
La crise de Berlin est une fâcheuse nouvelle à l’heure où il faut refonder l’Union et négocier le Brexit…
A ce sujet, bonne nouvelle pour la France qui va profiter de la délocalisation à Paris de l’Autorité bancaire européenne… Hélas pour Lille, l’agence européenne du médicament rejoindra Amsterdam. La Voix du nord dresse sobrement le constat de l’échec, alors que Martine Aubry et Xavier Bertrand ont reproché le manque de soutien d’Emmanuel Macron…
Selon Les Echos, la France a surtout souffert de la réputation de son Agence du médicament, empêtrée dans diverses crises comme celle du Levothyrox, et personne à Bruxelles ne croyait en ses chances…

Au chapitre économique, Patrick Drahi cherche à surmonter les mauvaises nouvelles à la Bourse…

Toujours de grosses inquiétudes sur l’avenir de SFR : la maison-mère de l’opérateur téléphonique, Altice, doit gérer sa chute en bourse, et quelque 50 milliards d’euros de dette…
Fascinante plongée dans Le Figaro dans le groupe fondé par l’homme d’affaires à coup d’acquisitions en un temps record…
Une double page signée Elsa Bembaron sur l’incroyable épopée financière de Patrick Drahi…
Le magicien des télécoms (propriétaire aussi de Libération, de BFMTV, a-t-il perdu la main ?
Il semble avoir un caractère à la Merkel (il semble capable de dire alors que lui aussi traverse la pire crise de son histoire ‘je n’ai peur de rien’), mais ses méthodes sont exposées, disséquées.
Lors de l’achat d’une société, coupes dans les coûts sans état d’âme. « Je n’aime pas payer des salaires, je préfère attribuer des actions ». Les réductions d’effectifs portent généralement sur 30% des effectifs.
Les premières victimes sont généralement les sous-traitants. Patrick Drahi les classe en trois catégories : ceux qu’il faut payer, ceux qui seront régler parce qu’ils insistent (en faisant intervenir des huissiers par exemple), et ceux qui ne verront jamais la couleur d’un règlement !
A cela s’ajoute la renégociation systématique des contrats, avec pour objectif de faire baisser les factures de 30%…

Enfin, à lire encore ce matin, une nouvelle charge de Manuel Valls dans le dossier Charlie-Médiapart.. ;
Médiapart qualifiée de « secte fanatique et méchante », selon Alain Finkielkraut dans Le Figaro.
Edwy Plenel s’en est pris au journal satirique en estimant qu’il menait une guerre aux musulmans… Appel à un nouveau meurtre, a répondu Riss…
Dans Libération, le dessinateur Willem résume ainsi la guerre des mots…
Islamophobe, lance-t-on d’un côté…
Islamofasciste, répond l’autre côté…
Sioniste !
Tueur !
Les deux camps finissent par se traiter de nazi !
Justement, Manuel Valls s’emporte dans une tribune au Monde contre un glissement qui s’opère dangereusement : faire croire que les propos d’Edwy Plenel peuvent être renvoyés au même niveau que les dessins de Charlie Hebdo.
Comment peut-on en arriver à ce degré d’irresponsabilité, à renvoyer dos à dos Edwy Plenel et Charlie Hebdo ? demande Manuel Valls qui interroge la classe politique mais aussi les journalistes : « Comment certains médias, journalistes et responsables politiques peuvent-ils cautionner une ligne éditoriale qui arme à nouveau les terroristes ? »
Manuel Valls dit qu’il ne se taira jamais sur la laïcité… manière aussi d’exercer une forme de pression sur Emmanuel Macron dont une prise de parole sur le sujet est attendu.

Michel Grossiord