La Revue de Presse du jour – 20/01/2017

Avec ce qui nous arrive de meilleur des Etats-Unis ! Une vision féérique, une fantaisie contagieuse, une sorte d’antidépresseur…
Voilà ce qui nous arrive des Etats-Unis avec la comédie musicale La La Land…
Le film sort en salles mercredi prochain, mais Le Parisien magazine et Les Echos Week-end ont eu la même bonne idée : célébrer sans attendre « le film qui rend heureux »… Un ouragan en technicolor avec Emma Stone et Ryan Gosling… Et avec des musiques étourdissantes.
Le film a triomphé aux Golden globes : c’est (pour Les Echos) une pilule rêvée pour une Amérique qui en ce début d’année de tous les dangers s’apprête à être gouvernée par le très peu enchanteur Donald Trump.
Emma Stone confie au Parisien que l’histoire d’amour racontée et chantée dans le film peut encourager tous ceux qui poursuivent un idéal professionnel, artistique, romantique ou spirituel.
Un mot sur le réalisateur de La La Land qui accomplit son rêve à 32 ans : Damien Chazelle (père français, mère américaine) raconte dans Paris Match son admiration pour Jacques Demy. « Beaucoup de personnes sont venues m’expliquer combien La La Land est une bulle d’oxygène bienvenue en ce moment »…

Mais ce qui nous vient d’Amérique aujourd’hui, c’est Donald Trump !

Et il faudrait organiser une projection de la comédie musicale pour tous les éditorialistes…
Angoisse maximum… Inquiétude à son comble… Cauchemar (c’est le titre de l’édito de Libération).
Il n’y a que Le Figaro magazine pour s’interroger positivement : Et s’il faisait le job ?… sans écarter pour autant une apocalypse politique et géopolitique. Sauf en cas de scénario « à la Reagan », qui verrait émerger un président certes pittoresque et sans expérience mais capable de faire le job.
Comment se rassurer ? Pour l’essayiste Guy Sorman, dans Les Echos, les contre-pouvoirs (Congrès, Cour suprême, Réserve fédérale…) canaliseront les excès de Trump.
Mais quelle est sa ligne ?
Guy Sorman : « Elle n’est pas claire. Ce président est un homme qui monte des coups, nullement un stratège ».

Le mot qui revient le plus concernant Trump est « imprévisible ». « Imprévisible et énamouré de son imprévisibilité », selon l’historien de Princeton David Bell cité par Le Figaro, dont le correspondant à Washington Philippe Gélie livre une analyse intéressante sur le style de Donald Trump.
Son penchant pour l’hyperbole…
Son style oratoire qui aurait la vertu de laisser ses partisans finir ses phrases, son imprécision même suscitant l’adhésion…
Et puis il y a son vocabulaire. Ou plutôt son manque de vocabulaire…

Comment parler le Trump ?
Il faut utiliser en abondance et les répéter les adjectifs hyperboliques.
Great… Huge… Amazing… Tremendous… Ca marche aussi avec incredible… strong… tough…
Dans l’interview que Donald Trump avait accordée au New York Times, le mot « great » revenait 45 fois… Il pose un problème aux traducteurs, raconte le blog du Monde dans un article titré « Lost in Trumpslation ». Faut-il traduire Trump comme il parle, ou lisser sa syntaxe comme le faisaient les traducteurs soviétiques avec la parole de Georges Marchais, uniquement relayée alors par des interprètes au langage châtié qui avaient prêté au dirigeant communiste français une réputation d’élégance, loin de celle qu’il avait en France…

Le style de Trump est loin c’est sûr de celui de Barack Obama…

Si Trump inquiète la presse, Obama fait naître des regrets, par exemple sous la plume d’Eric Le Boucher dans Les Echos… Obama victime de l’air du temps : la démocratie recule devant les populistes aux solutions simplistes… Son bilan est plus qu’honorable sur le front intérieur (15 millions d’emplois sous ses mandats) mais insuffisant pour affronter les vents contraires des démagogues…
En France, la présidentielle… Avec un « Tout sauf Hamon » au cœur du dernier débat de la primaire de gauche, résume Le Monde. Le sérieux des propositions de Benoit Hamon a été contesté, alors qu’Emmanuel Macron a fait l’unanimité générale contre lui…
François Bayrou n’exclut plus l’hypothèse Macron, rapporte L’Opinion… Le leader du Modem est crédité de 5 à 7% des voix… 3 options s’offrent à lui : se présenter à la présidentielle, soutenir François Fillon ou faire une alliance avec Emmanuel Macron…
« Si on s’alliait avec Macron, on ferait sauter la banque ! », s’amuse François Bayrou qui publiera le 1er février Résolution française, ouvrage de 300 pages… Vous changez une lettre et ça donne Révolution, comme le titre choisi par Emmanuel Macron…

Un héros qui fait l’unanimité…

Armel Le Cléac’h. Roi des océans, roi du globe, maître du globe… On ne se lasse pas de lire les portraits du skipper vainqueur enfin du Vendée globe. Humilité, humanité, sa soif de compétition, un de ses proches dans L’Equipe souligne l’incroyable écart entre l’homme (posé, discret, modeste) à terre et le guerrier en mer…
Le Figaro consacre son édito (signé Arnaud de La Grange) à ces marins qui sont les héros d’une époque affligée… « En mer on ne peut tricher, ces types font de l’antipolitique sans le savoir… »
Bon retour aussi ce matin au dynamiteur gallois, Alex

Michel Grossiord