La Revue de Presse du jour – 19/09/2017

La revue de presse…La politique c’est sérieux, mais on a le droit de s’amuser !

Parlons du séminaire des députés En marche qui se poursuit aujourd’hui à Aubervilliers ! Une opération de remobilisation des élus du groupe majoritaire, « réunis pour mieux se connaître », souligne Le Figaro.
L’été studieux n’a donc pas suffi à tisser des liens.
Mais l’objectif c’est aussi de préparer les prochains textes de loi, progresser dans la maîtrise de la procédure parlementaire… (Là encore l’été n’a pas suffi)
Les députés se sont régalés hier soir avec les victuailles qu’on leur avait demandé d’apporter de leur terroir… Le Figaro nous régale lui de menus détails : Richard Ferrand, le président du groupe La République en marche, a fourni du caramel, du cidre et des crêpes. Certains sont venus avec d’énormes fromages de leur région…

Des jeux de rôle ont été organisés…

Règle : tirés au sort, des députés devaient se mettre dans la peau d’un ministre, d’un représentant du parti ou d’un citoyen lambda…
Une députée a peu apprécié : « C’est très infantilisant »…
Un autre : « Tout cela est un peu bull shit ».
Un ministre qui avait fait le déplacement à Aubervilliers, un brin amer : « On va à l’apéro, on dîne, on rentre à la maison »…
De mauvais éléments peu en phase avec le « team building » et ces ateliers de « coworking », puisque le langage de l’entreprise s’est installé avec Emmanuel Macron à tous les échelons de la vie publique…ainsi que le résume toujours Le Figaro : « Le ‘wording’ managérial envahit les sphères de l’Etat »…

« Wording », vous avez dit wording…

Je vais prendre des exemples: Au gouvernement, on ne fonctionne plus en silo, l’idée c’est d’être beaucoup plus transverse.
Les cabinets ministériels ont peut être été sous-staffés, mais il y a des back-up pour tous les postes…
Avec le terrain, ce qui compte, c’est le bottom-up, mais pour ce qui est d’appliquer le programme du président c’est le top down…
A tous les niveaux de l’Etat, on met en place des process pour « délivrer » du résultat. Parfois, il faut partir « from draft ».
François-Xavier Bourmeau n’a pas eu à chercher très loin pour nourrir son enquête : « Les mots sont lâchés le plus naturellement du monde, au détour d’une conversation, voire lors des conférences de presse qui gagneraient à être rebaptisées « masterclass »…

Changeons de lexique avec le vocabulaire des chiffres !

Un budget « de rupture » : mot choisi dans Le Monde par les ministres Le Maire et Darmanin à 10 jours de la présentation du projet de loi de finances 2018…
Les économies sont revues à la baisse grâce à l’amélioration de la conjoncture, constatent Les Echos pour s’en inquiéter : « Il serait regrettable que ce desserrement de la contrainte budgétaire amenuise déjà les ambitions de réformes du secteur public ».
Tout autre vision du Parisien : les sérieuses baisses budgétaires à venir (Logement, Travail…) relèvent d’un traitement de choc…
Une mesure annoncée hier est bien accueillie par la presse : la prime à la casse écologique… La Dépêche du Midi, Ouest-France saluent le dispositif signé Nicolas Hulot… La bonne occasion ? se demande La Provence.
La prime -1000 ou 2000 euros- permettra d’acheter une voiture d’occasion…
Mais que diriez-vous d’une prime de… 13.000 euros pour acheter une 508 bien entretenue ?
C’est la prime que s’est accordée l’ancien président PS du département de l’Oise, épinglé par Le Courrier picard : Yves Rome avait racheté sa voiture la moitié de sa cote à l’argus…
Manchette du Courrier picard : « Ca roulait pour le président »…

On parlait de « team building », comment construire une cohésion de groupe… Un souci aussi pour le PSG…

Ce n’est pas là une question de compétences, mais d’esprit d’équipe…
On en sait plus sur le bras de fer entre Neymar et Cavani sur la question clé : qui doit tirer les pénalties ?
La guerre des égos (manchette de L’Equipe) s’est poursuivie dans les vestiaires dimanche soir après le succès étriqué face à Lyon…
Cavani et Neymar ont été à deux doigts d’en découdre physiquement… Cavani a filé sous la douche puis a quitté le Parc des Princes sans un mot, et son œil encore plus noir que d’ordinaire…
L’Equipe décrit aussi l’œil de Neymar : il a filé « sa casquette bien enfoncée sur la tête, laissant à peine deviner son œil clair des mauvais jours ».
Le mouvement d’humeur des deux stars parisiennes n’est pas qu’une guerre d’égos, à la vérité… C’est aussi une question d’argent, explique L’Equipe…
Dans son contrat, il est stipulé que Cavani touchera une prime d’environ 1 million d’euros s’il finit meilleur buteur de Ligue 1… Rien ne dit que Neymar ne dispose pas, lui aussi, d’une telle prime dans son juteux bail parisien…
D’où la guerre pour tirer les pénalities…

Enfin, Fabrice Luchini…

Il est en vedette dans Vanity Fair qui cherche à savoir qui se cache derrière le personnage dont chaque apparition médiatique est une immense mise en scène ?
Le mystère n’est pas levé… Il est cash, sans filtre, il aime le cash, sonnant et trébuchant…
« Je ne veux pas me vendre au rabais », plaide à un moment Luchini, au portable avec un producteur… Un million d’euros, c’est ce qu’il demande en général pour tourner…
Mais avec lui, pas de wording, des mots français, les plus riches de la langue française grâce à sa fréquentation permanente des auteurs…
Ce qui a provoqué une étincelle immédiate avec Emmanuel Macron !
Luchini se souvient dans Vanity Fair d’un dîner en 2015 : « Nous avons échangé. La séduction marchait entre nous. J’ai senti une graine de star. J’ai rapidement installé un petit rite avec lui : je traversais Paris en mototaxi pour aller lui lire des textes à Bercy. Sur un déjeuner d’une heure trente avec Macron, il pouvait y avoir trente minutes de texte »
« Il écoutait, il avait les yeux qui brillent. J’ai vécu avec lui des moments délicieux ».
Depuis, les choses se sont tassées. Plus de lectures à l’Elysée. Juste, très occasionnellement comme cet été, un SMS du président : « Salut l’ami, comment ça va ? »

Michel Grossiord