La Revue de Presse du jour – 18/09/2017

La revue de presse… Est-ce que tout sourit à Emmanuel Macron ? Oui et Non selon les journaux…

Oui… Un bon point : il a siphonné la droite, a réduit son espace… C’est l’info mise en avant par Le Parisien…
En donnant à son début de quinquennat une tonalité résolument libérale, le président de la République réduit l’espace de la droite traditionnelle…
« Macron nous a bien eus ! », fulmine un député LR… parti endetté qui pourrait vendre son siège, glisse Le Parisien…

Non… Mauvais point pour Emmanuel Macron : malgré la division des syndicats face à sa réforme du code du travail, le risque grandit d’une « coagulation » des conflits sociaux. Un risque mis en avant par Le Monde… « Les appels à défiler ou à faire grève se multiplient. L’horizon social du président de la République s’assombrit un peu plus », écrit ce journal…

Il y a le discours officiel d’Emmanuel Macron. Et les propos que l’on tient à l’abri des palais de la République.

« Ce n’est pas parce qu’on entend la colère qu’on doit y céder ». Emmanuel Macron a été formel : pas question de laisser la rue lui dicter sa conduite.
Voilà pour la façade. Mais certains proches de l’exécutif commencent à s’interroger, assure Le Monde. Les manifestations (routiers, fonctionnaires, étudiants qui font leur rentrée dans un contexte tendu) peuvent-elles faire boule de neige ?
« 220.000 personnes pour une première mobilisation, c’est beaucoup », s’alarme un ministre de premier plan.
La coagulation des luttes est-elle comme l’Arlésienne? On l’annonce souvent, elle se produit rarement. « Le mot d’ordre, c’est vigilance ! », assure Christophe Castaner, le porte-parole du gouvernement.
Les bisbilles syndicales ou entre Jean-Luc Mélenchon et le parti communiste sont perçues par la majorité comme autant de bonnes nouvelles…

Que dit L’Humanité au lendemain de sa Fête à la Courneuve de Jean-Luc Mélenchon ?

L’absent est évoqué brièvement, mais la « stratégie hégémonique » du leader de la France insoumise est bien mentionnée…
Il est fait mention dans l’éditorial du journal communiste de « l’insolence d’un humoriste »… Mais non ce n’est pas une allusion à Jean-Luc Mélenchon, c’est une référence au programme de la fête…
Jean-Luc Mélenchon a bien plus qu’une stratégie hégémonique, si l’on suit Cécile Cornudet des Echos : il veut faire le vide autour de lui, ne s’attachant à ne traîner derrière lui que des cadavres (le PCF, le reste de la gauche, la CGT…)
Les journalistes qui ont suivi Jean-Luc Mélenchon à La Réunion ont relevé qu’il parle désormais d’ « élections anticipées », il se voit comme un recours !
Dans sa bouche, « coagulation » se dit « mettre le feu à la plaine »…
Dans les comparatifs qui se multiplient dans la presse entre la France et l’Allemagne, avant les élections générales, ce petit rappel de L’Opinion :
« En 2021, au terme du mandat qu’Angela Merkel semble avoir toutes les chances de conserver dimanche, l’Allemagne n’aura été gouvernée que par 3 chanceliers en quelque 40 ans.
La France, durant la même période, aura systématiquement basculé d’un bord à l’autre, confiant le pouvoir à 10 majorités différentes.
Stabilité au-delà du Rhin, zapping en deça ».
« Que serait la France si le temps n’avait pas manqué à ses dirigeants, à ceux qui ont tenté des réformes avant d’être défiés par la rue et tétanisés par la perspective de l’échec électoral ? interroge Nicolas Beytout. Le temps, la stabilité, la continuité des politiques, des avantages négligés chez nous…
Il aurait pu ajouter un certain consensus…

Mélenchon conteste la légitimité d’Emmanuel Macron…

La légitimité à lancer ses réformes…
Le journaliste et écrivain Jean-Michel Djian publie à la Une de Ouest-France un point de vue titré « Démocratie, la grande confusion ».
« Il n’est pas une journée où, sur les plateaux de télévision, dans la rue ou sur les bancs des assemblées, les oppositions s’en prennent à l’insuffisance démocratique de nos institutions ».
Débat artificiel et dangereux pour Jean-Michel Djian : « Invoquer sans cesse l’absence de démocratie, lui asséner gratuitement des coups de massue, pour contester les décisions politiques, économiques ou judiciaires, c’est se tromper de combat. Pire : c’est fatiguer la société, cultiver le populisme. » Fin de citation.

La grande info du jour dans les journaux, c’est la nouvelle prime à la casse pour les vieilles voitures polluantes…

Nicolas Hulot détaille le dispositif très élargi dans Libération…
La prime de 1000 euros pourra bénéficier à tous les ménages…
Elle passera à 2.000 euros pour les ménages non imposables.
La prime sera aussi versée pour l’achat d’une voiture d’occasion, si elle est faiblement polluante…
Contrepartie : le bonus-malus va être revu à la hausse, le malus montera à 10.500 euros pour les plus gros 4X4…
Dans cette interview à Libération, le ministre de la Transition énergétique est aussi interrogé sur le ETA, l’accord commercial de libre-échange entre l’Europe et le Canada…
Il reste opposé, mais il fait appel à Mandela pour tenter de faire comprendre qu’il n’avale pas une couleuvre…
Mandela… Il faut s’y référer, explique Nicolas Hulot.
« Je ne perds jamais. Soit je gagne. Soit j’apprends »…
Belle formule, elle resservira…

Encore une citation… Celle-là de Francis Cabrel.

A l’occasion de ses 40 ans de carrière, Cabrel a enfin accepté que ses chansons soient disponibles à partir d’aujourd’hui en streaming, sur Deezer ou Spotify…
Au passage, dans l’interview qu’il accorde au Parisien, il confirme qu’il reste tout à fait contre l’idée de rechanter au Bataclan.
« Pour moi c’est un endroit de deuil, de souffrance. Et de recueillement perpétuel pour ceux qui sont tombés ce soir-là ».
L’autre jour c’est Nicola Sirkis d’Indochine qui défendait le même avis, jugeant « ignoble » de voir ce lieu ouvert…

Michel Grossiord