La Revue de Presse du jour – 17/11/2017

‌La revue de presse… On démonte une idée reçue ce matin : non, « l’enfer de Matignon » n’existe pas…

Il n’existe pas (pas encore) pour l’actuel locataire !
Edouard Philippe le bienheureux raconte aux Echos week-end ses six premiers mois de Premier ministre.
Son bonheur, ça semblera paradoxal, découle du fait qu’on lui demande simplement que Matignon « tourne »… ce qui lui confrère une place restreinte.
Edouard Philippe ? Il cherche sa place, estime Le Figaro magazine qui avance cette autre explication au bonheur du Premier ministre : « Même dans ses rêves les plus fous, il n’imaginait pas être nommé à Matignon, confie un proche… Si Alain Juppé avait gagné la primaire puis la présidentielle, il aurait été tout au plus ministre. Avec François Fillon à l’Elysée, c’était les mines de sel… »

A Matignon, on prépare souvent le coup d’après… c’est-à-dire l’Elysée ! Mais ça n’est pas le cas avec Edouard Philippe !

Un de ses amis affirme n’avoir jamais vu chez lui d’ambition présidentielle…
Ce n’était pas le cas de Manuel Valls… l’ancien premier ministre qui aimerait bien au moins redevenir ministre : « Si vous me demandez ‘avez-vous envie de retrouver ça ?’, ma réponse est ‘Oui, bien sûr !’ Gouverner c’est exceptionnel ! »
Cri du cœur (et appel du pied à Emmanuel Macron sans doute méfiant de Manuel Valls rapporté par Le Monde.

Mais gouverner n’est pas si « exceptionnel » pour certains ministres actuels, particulièrement Nicolas Hulot…

Hulot, attention fragile ! titre L’Opinion, illustré par un dessin de Kak.
On voit Nicolas Hulot en Indien dans la ville, pagne autour de la taille, se demander : Mais qu’est-ce que je fous là, dans le fond ?
La citation pourrait être authentique, Nicolas Hulot ne dit pas autre chose lorsqu’il s’épanche dans Le Point… C’est lui qui s’exprime : « A l’instant où vous êtes nommé ministre, vous êtes happé comme dans un fleuve en crue. Ce qui est effrayant quand on passe de l’autre côté, c’est que je passe mon temps à dire ‘Mais laissez-moi réfléchir un peu’. C’est un job de frustration. Même la nuit je refais le procès de la veille, je revois mes confrontations quand je n’ai pas obtenu gain de cause »…
On est sur le divan, là…
Ce n’est pas Hulot le bienheureux, mais Hulot le « frustré, l’isolé, le fatigué… » énumère Le Point quand Valeurs Actuelles tire à vue, résumant le ministre de la Transition écologique à « une grosse arnaque ». Ses états d’âme ? Des caprices, un chantage…

Même si c’est interdit par Emmanuel Macron, des collègues de Nicolas Hulot parlent de lui…

Car certains ministres sont agacés par la prévenance du président et du premier ministre pour Nicolas Hulot…
« Hulot a du mal avec la politique, persifle dans L’Oplnion un ministre du premier cercle, car comme toutes les stars de la télé, il lui est insupportable de ne pas être aimé »…
Un autre raille ce ministre « diurne », en raison de sa propension à se coucher tôt…
A ce sujet, on découvre qu’un vieux surnom donné par le passé par ses amis écolos a refait surface : « Hulot, le commandant couche-tôt »…
Je ne sais pas s’il se met au lit avec un bonnet rouge…
(seulement, depuis la rentrée, la situation n’est plus tenable : le commandant couche-tôt doit rester en alerte, 7 jours sur 7, 24 heures sur 24. Il a cessé de couper son téléphone portable une fois sa journée de travail terminée…

L’urgence planétaire, c’est vrai, ne peut connaître aucun répit !

Encore une fenêtre de tir pour sauver la planète ?
Malgré la situation de plus en plus dramatique, il n’est pas trop tard, affirme Libération qui choisit de ne pas souscrire au catastrophisme. A force de prédire le pire, on décourage jusqu’à l’envie de réagir…
Citation du film de Marcel Carné, Drôle de drame : « A force d’écrire des choses horribles, elles finissent par arriver… »
A contrario de certains scénarios de spécialistes éminents, Libé estime que les chances de maîtriser le changement climatique sont loin d’avoir disparu.

Six raisons de ne pas désespérer, sont énoncées…

-Les forêts peuvent nous sauver. (malheureusement, on les rase par millions d’hectares)
-Le charbon, c’est (presque) du passé..
-Les technologies du futur sont déjà là…
-Les renouvelables ont la belle vie…
-L’agroécologie pour nourrir la planète…
-La finance se met au vert…
Mais on lit dans la presse d’autres articles quasi dépressifs… Par exemple, rapporté notamment par 20 minutes, la décision du gouvernement Trump de réautoriser l’importation de trophées d’éléphants !

Alors que les éléphants sont menacés en Afrique, et que leur population décroît…

Oui. L’agence fédérale américaine de la vie sauvage va émettre des permis autorisant l’import des cornes d’éléphants chassés par loisir au Zimbabwe et en Zambie.
Tollé des ONG qui récusent l’idée que la chasse, encadrée, pourrait être bénéfique à la conservation des espèces…
Elles se demandent si cette décision a un lien avec la passion des enfants de Donald Trump pour la chasse en Afrique. Une photo montre Donald Trump junior poser, un couteau à la main droite, et une queue d’éléphant dans la main gauche, à côté de l’animal mort…
Une vraie raison supplémentaire de désespérer.

Michel Grossiord