La Revue de Presse du jour – 17/04/2018

La revue de presse… Emmanuel Macron, épreuve après épreuve !

Aujourd’hui, l’épreuve sera son grand oral devant le Parlement de Strasbourg…
Son projet européen est soumis à « rude épreuve », souligne Le Figaro, rejoint par L’Opinion (qui voit Macron marcher seul)…
Avant-hier, Emmanuel Macron avait connu l’épreuve de la confrontation télévisée…
Un malaise s’exprime ce matin encore, avec le recul de la réflexion, et surtout car un sentiment trouble et déplaisant a continué de se répandre…
Deux écoles néanmoins: certains saluent un exercice inédit avec des « casseurs de codes » (Libération)… Le journal L’Humanité est le plus enthousiaste pour le duo Bourdin-Plénel : une révolution, ces journalistes sans cravates qui n’étaient pas là pour passer les plats… « Ce changement dérange, tant mieux ! Il y aura un avant et un après cette interview du palais de Chaillot »…

Mais l’autre école dit tout autre chose !

Jean-Jacques Bourdin a estimé dimanche soir qu’après cela l’interview télévisée ne serait « jamais plus pareille ».
« On préférerait qu’il n’y en ait jamais plus de pareille », rétorque Nicolas Beytout de L’Opinion.
« Une fois retombée le bruit et la fureur, que reste-t-il de cette empoignade télévisuelle ? Une impression de gâchis.
Même tonalité virulente dans Les Dernières nouvelles d’Alsace, inquiètes du rodéo.
Ce fut « glauque » pour Challenges : la spirale infernale de la violence a été enclenchée… Un procès public qui n’a rien à voir avec l’impertinence…
Toujours dans Challenges, le philosophe André Comte-Sponville fustige l’arrogance des intervieweurs entre vanité moralisatrice de l’un et réquisitoire militant de l’autre…

Reste qu’Emmanuel Macron est désigné vainqueur du « combat de boxe » ou de la « corrida »…

Le vainqueur est toujours l’agressé à la télévision…
Mais pour Nicolas Domenach, dans Challenges, l’incivilité des échanges avait une dimension inquiétante à la fois pour les médias et pour la présidence de la République, qui se retrouve également dégradée.
Dans La Revue des Deux mondes, Valérie Toranian souligne aussi qu’Edwy Plenel (décrit comme le représentant du vieil ordre gauchiste tout en lourdeurs idéologiques) ne pouvait être sans s’en rendre compte qu’un faire-valoir pour Emmanuel Macron… Mais le jeu en valait-il vraiment la chandelle ?
Le chef de l’Etat sera donc devant le Parlement européen aujourd’hui : Le Figaro craint aussi (sous la plume de Vincent Trémolet de Villers) que l’autorité qui partout accompagnait le Chef de l’Etat (comme la distance altière qui le plaçait en surplomb des politiciens) souffre d’un tel exercice…

Relancer l’Europe alors qu’elle patine, c’est « la rude épreuve » du jour, et des mois qui viennent pour Emmanuel Macron… Mais d’autres rendez-vous sont aussi à la Une…

Le rendez-vous avec les banlieues.
« Agir pour les banlieues ». Dossier de La Croix alors que les propositions de Jean-Louis Borloo (missionné par Emmanuel Macron) sont très attendues…
Il faut d’abord achever les efforts de rénovation urbaine : alors que 48 milliards d’euros ont déjà été dépensée, il y a encore « autant à mettre à peu près », estime l’ancien ministre…
Le chiffre impressionne, surtout quand la presse à l’instar de Ouest-France ne cesse de rappeler la dette de la SNCF : même somme, « une paille »…
Jean-Louis Borloo appelle à la « réconciliation nationale » entre la nation et ses quartiers prioritaires ;
Jean-Louis Borloo appelle à « remettre en mouvement les 600.000 jeunes sans aucune activité sans perspective ». Parmi ses idées : la création d’une grande école recrutant des grands talents parmi les jeune de ces territoires…

L’école est pourtant déjà présente dans ces territoires…

Oui, mais La Croix dresse un constat accablant, avec son reportage vérité à Grigny dans l’Essonne…
Chômage record. Il grimpe à 40% à la Grande Borne…
Pourtant, le bassin d’emploi est dynamique : il comporte la zone logistique de Sénart ou le futur entrepôt ultra-moderne d’Amazone a Brétigny sur Orge…
Alors, pourquoi tant de chômeurs ? s’interroge La Croix qui écrit : A la Grande-Borne, tous les jeunes interrogés ont la même explication : « C’est la discrimination, madame ! » résume une élève de quatrième.
L’explication ne paraît pas complète au directeur de la mission locale pour l’emploi (20% des jeunes qu’il accueille sont illettrés) : « Je ne dis pas que ça n’existe pas, mais il faut voir ce qu’il y a sur le CV. Quand un jeune met une photo de lui avec une casquette retournée et un tee-shirt du PSG, ça ne peut pas marcher ».
A Grigny, signale le maire PCF Philippe Rio, 25% d’une classe d’âge à le bac quand c’est plus de 75% au niveau national.
La priorité est ailleurs, dans la vie familiale, dans la religion ou le groupe de copains dont certains gagnent beaucoup d’argent dans les « fours », les points de vente de drogue.

On va rester dans les problématiques de l’Education nationale, mais sous un tout autre angle…

Une filière d’exception… va-t-elle le demeurer ?
Les meilleurs ouvriers de France se révoltent, nous apprend Le Figaro. Ils vont défiler devant l’Assemblée nationale aujourd’hui car ils estiment que leur prestigieux titre presque centenaire (attribué aux meilleurs artisans et professionnels dans de très nombreux domaines, de la charcuterie à la menuiserie en passant par la pâtisserie, la sellerie-carrosserie…) ils estiment que leur prestigieux titre est dévalorisé !
Le comité d’organisation sabre des épreuves, baisse le niveau pour passer de 250 à 350 MOF à 3000 à 4000 MOF par concours…
Curieux : le nivellement par le bas ne semble pourtant pas être la politique voulue par le ministre de l’Education nationale, ministère qui accorde sa délégation au comité d’organisation

Michel Grossiord