La Revue de Presse du jour – 16/05/2018

La revue de presse… Nous sommes tous marseillais !

La Provence n’est pas seul à clamer « Nos héros », beaucoup de journaux régionaux font de même…
Plusieurs « héros marseillais » ont été formés à Châteauroux, tient à faire savoir La Nouvelle République (Thauvin, Germain, Sanson…)
Hé, renchérit Le Maine Libre, des finalistes de l’OM sont aussi passés par Le Mans, 7 anciens du club de la ville, dont l’entraîneur de l’OM Rudy Garcia…
Nous sommes tous marseillais, les dijonnais aussi comme tient à le faire savoir Le Bien Public : « Dijonnais, ils vibrent aussi pour l’OM »…
Macron-Mélenchon, eux aussi vibrent pour L’OM… C’est la Une (un peu bizarre de Libération) qui les voit tous deux en supporters opposés. Un match dans le match.
On apprend que le chef de l’Etat parle souvent foot en privé, et que le leader des Insoumis a du mal à convaincre de son nouvel intérêt tout marseillais : il y a peu les mots étaient durs pour le foot opium du peuple, et pour les footballeurs « gorgés d’argent, planqués du fisc, blindés d’ingratitude »…
Jean-Luc Mélenchon aurait aimé, fort de sa conversion, être au stade de Lyon, mais il n’a pas réussi (assure Libération) à avoir des places…

Tous marseillais, vraiment tous ?

A Paris, c’est moins net…
« Tous derrière Marseille, vraiment ? ». Doutes du Parisien sur les Parisiens…
Les dizaines de pages consacrées à la finale de la ligue Europa par La Provence et L’Equipe témoignent de l’enjeu et du grand défi.
Profitant du calme avant le mistral, La Provence publie à la Une ces quelques vers du poète britannique William Henley, extraits de Invictus : « Aussi étroit soit le chemin, je suis le maître de mon destin, je suis le capitaine de mon âme »…
L’âme, c’est le véritable enjeu, souligne La Provence : « Il reste 90 minutes pour forcer le destin et donner à toute notre région un supplément d’âme ».

On a envie de sortir les trompettes !

Je vous propose un requiem, une oraison funèbre…
Jérôme Cahuzac.
A-t-il été condamné à la hauteur de la gravité de ce qu’il a commis ?
La question alimente les commentaires, mais il y a pire que la prison : le déshonneur, estime L’Alsace.
L’Eclair des Pyrénées évoque un mort vivant.
Ces lignes dans La République des Pyrénées : Que ceux qui s’indignent que Jérôme Cahuzac puisse échapper à la prison ferme se rassurent : il a déjà été condamné à mort. Une mort sociale et professionnelle en raison de l’indignité de sa conduite.
Même position du Journal de la Haute-Marne pour qui l’ancien ministre condamné pour fraude fiscal paye le prix de sa faute bien au-delà de la peine prononcée…

Le social très présent dans la presse du jour, mais de deux manières différentes…

La SNCF. Air France. Aux pages habituelles. Et à la Une de Ouest-France qui s’exaspère d’une France championne du crash social, avec l’immense gâchis dans ces deux sociétés de transport…
Un combat syndical contre une fermeture d’usine : à la rubrique cinéma…
« En guerre », avec Vincent Lindon dans la peau d’un cégétiste, c’est « la caution sociale du Festival de Cannes », selon Le Canard Enchainé qui trouve qu’un documentaire aurait sans doute été plus pertinent…
La Croix a vu un film saisissant, percutant, magistral… « La lutte des classes secoue le Festival, enfin », lit-on dans ce journal…
Enthousiasme aussi du Parisien, des Echos, de L’Humanité (Vincent Lindon y explique que « si vous n’épousez pas la cause, le personnage est injouable »)…
Enthousiasme du Figaroscope pour ce drame social mais pas du Figaro… C’est le pluralisme des opinions. Dans Le Figaroscope, on tire la leçon du film : « L’humanité ne fait pas le poids face à la spéculation financière », et on s’enflamme pour Vincent Lindon, son engagement, sa conviction, son intensité…

Mais c’est un tir de barrage dans Le Figaro…

Dans les pages du quotidien, il n’est pas question de l’intensité de Vincent Lindon, mais de son tract cégétiste qu’il déroule sans ciller…

Vincent Lindon, où le marxiste de la rive gauche qui ne lâche rien, lit-on… l’indigné permanent donneur de leçons…
On se moque de la star germanopratine entourée de non-professionnels.
Dans le film, une ouvrière demande à un cadre combien il gagne, en lui balançant son salaire : 1.400 euros.
« On s’inquiète pour le camarade Lindon, et si elle osait demander à l’acteur le montant de son cachet pour le film ?
Ca balance… Je ne sais pas si il y a des passerelles entre Le Figaro et Le Figaroscope… qui par ailleurs nous présente les terrasses de l’été à Paris. Certaines à Saint Germain des Prés…

Voilà qui nous amène au débat sur le politiquement correct…

On en parle bien sûr dans les hommages rendus à l’écrivain américain Tom Wolfe, l’auteur du Bûcher des vanités…

Politiquement correct, qu’il surnommait PC pour police citoyenne… Une forme de censure au nom de la morale, avait il expliqué dans la presse française « C’est de pire en pire… »

Michel Grossiord