La Revue de Presse du jour – 16/04/2018

Une diversion mais pas petite : elle a la taille de la Une de La Voix du Nord où on lit en gros caractères cette interrogation: Fait-il bon vivre et travailler dans la région ?
Déjà, poser la question semble être une audace, tant la France apparaît comme une terre de douleurs habitée par une population en grande souffrance (selon le miroir tendu par la presse)
Et bien La Voix du Nord constate que dans les Hauts de France le moral va un peu moins bien qu’ailleurs, mais tout de même : 75% des Nordistes estiment être dans une région où il fait bon vivre. 65% qu’il fait bon y travailler…
L’enthousiasme l’emporte nettement, mais la palme de l’allégresse revient à la Bretagne et aux Pays de la Loire, ainsi qu’aux régions du Sud : plus de 95% des salariés se disent heureux de leur cadre de vie… 85% heureux d’y travailler… (sondage BVA)

Pourtant, pas un jour sans que l’attention soit attirée par une souffrance catégorielle !

Par exemple… les danseurs de l’opéra de Paris !
Des artistes accomplis, la fierté d’appartenir à un prestigieux corps de ballet qui rayonne sur la planète, une forme élevée d’accomplissement…
Et bien pas du tout : un rapport interne révèle de grand malaise du corps du ballet, révèle Le Figaro qui ne mâche pas ses mots : « Crise atomique au Ballet de l’Opéra de Paris ».
Un sondage interne à l’institution met en lumière la crise de confiance que traverse la directrice du ballet, Aurélie Dupont : 77% des danseurs estiment avoir été victimes de harcèlement moral (ou avoir assisté à des scènes de harcèlement moral)…
Malaise !

Venons-en à l’interview présidentielle d’hier soir… Finalement, les commentaires sont plus sévères pour les journalistes que pour le chef de l’Etat…

Bourdin a fait du Bourdin : puncheur
Plénel du Plénel : dialecticien.
Pugnaces l’un et l’autre, mais un exercice étrange pour Sud Ouest : « Parfois, la soirée a tourné au même pugilat qu’avec Marine Le Pen il y a un an »…
Pour Sud-Ouest, c’est une critique, pas pour Libération qui a vu, dans ce contexte tendu, Emmanuel Macron renouer avec l’ex-candidat qui avait affronté la présidente du Front national : « Le voilà bousculé en direct, contredit, perdant parfois son calme. Et surprise : il est presque plus efficace dans ce combat au corps à corps que dans l’emphase solitaire de beaucoup de ses discours ».
Au final, Emmanuel Macron est donc déclaré gagnant, le « soufre », c’est ce qu’il voulait pour démontrer qu’il n’a peur de rien, commente La Dépêche du Midi…

Mais les deux journalistes ont poussé le bouchon beaucoup trop loin, pour certains !
Le Parisien a vu de l’acharnement, Le Monde a perçu de l’électricité dans l’air au cours d’une confrontation abrupte…
Ce fut une épuisante distribution de baffes, pour La Montagne : Faut-il s’aboyer dessus pour convaincre ?

Et pour Le Figaro en particulier qui retient une image encore plus forte que celle du ring, du match de boxe qui revient partout : l’image retenue par Le Figaro est celle du procès…
Et ce journal de faire le procès des animateurs de ce procès…
Deux contradicteurs ? Deux procureurs, pour Yves Thréard. Deux professeurs de morale autoproclamés, deux redresseurs de torts aussi approximatifs qu’agressifs dans leurs questions qui voulaient à tout prix faire passer Emmanuel Macron pour un va-t-en guerre, un ami des riches et des spéculateurs, un complice des évadés fiscaux.
« Accusé Macron, répondez : le ton était insupportable ». Et la fonction présidentielle a été malmenée.
L’édito du Figaro pose cette question : « Mais qu’est-il allé faire dans cette galère ? »

Vous y avez déjà un peu répondu…

1 .Démontrer son sang-froid. Qu’il n’a peur de rien ni de personne, selon Nice Matin.
Mais les Français auront-ils été convaincus par sa virtuosité ? se demande L’Est Républicain…
2ème objectif de la rude interview (voulue comme telle), selon L’Opinion : faire passer la grève de la SNCF au second plan…
« Moins les cheminots feront les gros titres, moins le mouvement aura de chances de prospérer », note, satisfait, le conseiller d’un ministre dans L’Opinion…

Ce journal consacre sa Une à la Syrie…

Après les frappes, le refus de l’escalade.
Mais pour L’Humanité, c’est déjà trop : le journal communiste fustige l’escalade du trio guerrier Trump-Macron-May… accusé de piétiner l’ONU.
La riposte la plus vive à cette vision vient d’un journal qui ne ménage par Emmanuel Macron : Libération. Libé approuve les frappes contre les installations chimiques de Bachar al Assad… Frappes nécessaires même si elles ne règlent pas tout… « Les condamner, c’est jouer les Ponce Pilate face à une stratégie qui consister à terroriser les civils, c’est rester inerte devant la volonté de Poutine et d’Al-Assad de tester la détermination des démocraties face à leurs funestes entreprises » (L. Joffrin).
Enfin, un article que lira avec profit le trio de la soirée de BFM TV…

Les vertus insoupçonnées des gros mots.
Les jurons ne doivent pas être retenus : Un juron permet d’insulter quelqu’un, mais pas seulement : ils permettent de soulager la douleur physique, comme le montrent plusieurs enquêtes menées en Angleterre…
Les gros mots ont une fonction anti douleur, c’est prouvé, raconte Le Monde… car ils stimulent de l’endorphine : les gros mots rendent moins douillets et augmentent notre endurance et notre force
Michel Grossiord