La Revue de Presse du jour – 15/12/2017

La revue de presse… Emmanuel Macron-Edouard Philippe, deux styles au pouvoir…

L’un est du genre tranquille…
L’autre est plutôt adepte de la mise sous tension permanente…
Vous avez compris. Tranquille… Edouard Philppe ! Voire un tantinet flegmatique, selon Le Figaro qui couvre le premier ministre de fleurs pour son style fait de simplicité et de rigueur… Oui, rigueur quand même. D’ailleurs, Edouard Philippe cite souvent son adjudant de l’armée : « La confiance n’exclut pas le contrôle »…

Mais entre Matignon à l’Elysée, il y a une grosse différence de style…

Moi, manager…
C’est le titre de l’enquête des Echos week-end : les proches collaborateurs d’Emmanuel Macron vivent sous la férule d’un président manager et leader… Certes le chef de l’Etat lance souvent « Mes cocos… » lorsque ses proches sont en groupe, mais pas d’affect, pas de pathos. De l’attention mais, pas la peine d’attendre un « merci » ou un encouragement. Savoir qu’il vous juge utile doit suffire…
L’enquête de Cécile Cornudet s’ouvre sur ces lignes (il y est question de l’équipe Macron) : On est jeune, on est bosseur, on va sauver le pays… Et le pire, c’est qu’on y croit.
Un des proches du président confie : « C’est sans doute le signe d’un égo démesuré, mais Emmanuel Macron est persuadé qu’il peut sauver le pays. C’est pour ça qu’on le suit comme ça… »

Sept mois de présidence, le temps d’un premier bilan !

Fait-il le job ? s’interroge Le Figaro magazine qui lui accorde la moyenne sur l’économie, parle d’un sans-faute en politique étrangère, salue le retour du bon sens dans l’Education nationale, Jean-Michel Blanquer étant pour Luc Ferry « un atout essentiel pour Macron »
Jean-Michel Blanquer présenté aussi comme le meilleur élève de la classe macroniste par Marianne, pour qui le ministre n’est en rien « l’affreux réac caricaturé par la bobocratie parisienne déconnectée du réel ».
Cet assaut contre la bobocratie est signée Renaud Dély, un ancien de Libé, qui dénonce… Libé, où l’on a pu lire cette semaine une incroyable justification des remises en cause de certains enseignements (la théorie de l’évolution) par des élèves au nom de leurs convictions religieuses…
Il faudrait voir dans la remise en cause des cours de sciences par exemple (ouvrez les guillemets) « un signe que ce citoyen en pleine formation intellectuelle est en capacité de réfléchir, de discuter, au lieu d’absorber sans même chercher à comprendre »…
Galilée, relève-toi, ils sont devenus fous !, lance Renaud Dély qui fustige cette gauche-là pour qui tout élève aurait le droit de refuser Darwin au nom de Dieu…

Curieux paradoxe : Libé ne ménage pas les créationnistes américains…

Non, et on l’a vu bien sûr cette semaine au sujet de l’élection sénatoriale en Alabama : la défaite du candidat républicain Roy Moore, créationniste, opposé au principe d’évolution du vivant…

A propos de l’enseignement du français, un cri d’alarme : il faut sauver le passé simple…

Et ainsi trépassa le passé simple… Sous ce titre, Le Point nous informe que ce temps, jugé complexe et discriminant, est écarté des nouveaux programmes au nom de l’égalitarisme…
« Nous partîmes cinq cents, mais par un prompt renfort, nous nous vîmes trois mille en arrivant au port ».
Quand des élèves découvrent ce célèbre passage du Cid, il n’est pas rare d’entendre résonner dans la classe un désarmant : « C’est pas français, ça ! »
Remarque tout à fait légitime puisque, depuis la mise en œuvre il y a quelques années des nouveaux programmes de l’Education nationale, la conjugaison du passé simple ne s’apprend plus qu’aux 3èmes personnes du singulier et du pluriel en début de collège… Les élèves ne maîtrisent pas la 1ère personne en sixième, et ils sont censés découvrir les autres formes à partir de la cinquième…
C’est kafkaïen…
Conséquence : les élèves butent fréquemment contre les « je vis » (verbe voir qu’ils prennent pour vivre), « je fis » (du verbe faire, qu’ils confondent avec être : « je fus ») et sur des phrases comme « Nous aperçûmes au loin une étrange lueur »…
(Parenthèse : beaucoup d’articles sur le fléau mondial des inégalités, dans la foulée du dossier du Monde : envolée des gains du 1% le plus aisé de la population, partout les écarts de richesse se creusent, l’Europe et la France apparaissant comme des modèles protecteurs, souligne Libération qui fait sa Une, comme L’Humanité, sur le grand boom des inégalités…
Inégalités que peut combattre bien sûr la fiscalité, mais aussi, insiste notamment La Croix, l’éducation !)

Enfin, l’envers du non-cumul des mandats…

Combien de maires sont en réalité des hommes et des femmes de paille…
Enquête accablante de Libé sur ces anciens maires qui ont choisi de rester député ou sénateur, mais qui installent à leur place des obligés…
Les ex maires ont du mal à couper le cordon… Parfois, on a agrandi l’estrade du maire, pour qu’ils apparaissent toujours au premier rang, souvent avec le titre de « président de la majorité municipale »…
Des maires bis sous contrôle, des doublures ! Comme dirait Edouard Philippe (enfin son adjudant) : « La confiance n’exclut pas le contrôle »…

Michel Grossiord