La Revue de Presse du jour – 16/11/2017

La revue de presse, et cette question : comment a-t-on décroché la Coupe du monde de rugby ?

On pourrait aussi se demander (c’était l’autre divine surprise d’hier) comment a-t-on décroché la commande record d’Airbus ?… Mais l’A 320, c’est la formidable pépite d’Airbus, explique Le Figaro économie.
Airbus rebondit au plus haut alors que certains Cassandre (américains) voyaient l’avionneur sur le point d’exploser : soupçonné de corruption, empêtré dans des enquêtes judiciaires, peinant à séduire les compagnies…
Hier, tout a changé avec l’exploit (le mot est dans Les Echos) du célèbre super-vendeur du constructeur européen, John Leahy… Le futur retraité (dans quelques mois) en a sûrement sous le pied pour conclure l’année en beauté…

Pour la Coupe du monde de rugby, la France a pu aussi compter sur un « super vendeur »…

Bernard Laporte.
Coup de chapeau de toute la presse pour sa combativité. Il n’a jamais renoncé, s’est battu jusqu’au dernier moment… a livré un combat sans merci.
La Provence, qui rêve de revoir les All Blacks au Vélodrome, rend grâce à Bernard Laporte, en mentionnant ses « quelques défauts » : des soupçons de favoritisme pèsent sur lui, et il a été ministre éphémère de Nicolas Sarkozy, écrit le journal…
Les forts soupçons de favoritisme en faveur du club de Montpellier, sont évoqués par L’Equipe qui ne se prive pas pour autant de saluer le succès de Bernard Laporte, qui (lit-on à la Une du journal sportif) « a su manœuvrer dans un univers longtemps dominé par les Anglo-Saxons ».

D’où la question : comment s’y est-il pris ?

C’est la manchette du Figaro, sur fond de Tour Eiffel : Comment la France a décroché la Coupe du monde de rugby 2023…
La réponse apparait clairement dans Le Parisien qui célèbre « une belle journée pour la France » (photos croisées de Sébastien Chabal et d’un A 320) : l’argent !
Bernard Laporte a démontré qu’un Mondial en France rapportera plus d’argent à la Fédération internationale qu’un Mondial en Afrique du Sud… 135 millions d’euros de redevance contre 71 millions…
Question subsidiaire glissée par La Croix : « Quant aux inévitables contreparties promises par Bernard Laporte aux fédérations nationale pour obtenir leurs voix, elles resteront secrètes pour quelques temps… »
Ce que retient d’abord la presse, c’est avec Airbus et le rugby le retour de la France qui gagne…

Puisque vous parlez d’avion, embarquons dans celui du Président de la République !

Une semaine dans la vie d’Emmanuel Macron. Paris Match propose 18 pages qui s’ouvrent sur l’intérieur de l’A 330 présidentiel…
Emmanuel Macron a son bureau. Vaste espace. Canapé profond. Mieux que la first des compagnies du golfe.
De l’Elysée à Abu Dhabi, de sa visite surprise en Arabie Saoudite aux banlieues françaises, Paris Match dit avoir suivi le président, « un vrai tourbillon ».
Citation : « Je ne me donne pas de répit. Ca ne s’arrête jamais ».
Toujours un œil sur la pendule. D’ailleurs, raconte Match, l’horloge qui figure sur la photo officielle passe d’une pièce à l’autre à l’Elysée et le suit dans tous ses rendez-vous…
(Sinon, il y a la solution de la montre au poignet…)

Un tourbillon donc !

« Un vrai tourbillon ».
Et bizarrement, en ouvrant Le Parisien, je suis tombé sur le même titre : « Macron, Monsieur Tourbillon »
Le président tient à faire savoir que le rythme des réformes ne va pas décélérer d’ici à l’été.
Les syndicats sont prévenus, qui peinent à mobiliser : Le Figaro et L’Opinion enterrent déjà la mobilisation du jour…. Libération évoque les tentatives de Jean-Luc Mélenchon de soulever la jeunesse… Au sujet du leader de la France insoumise, une particularité : il vient de publier une nouvelle note de blog consacrée au bashing des médias.
Et il prend les devants, s’en prenant par avance aux magazines L’Express et Capital sur des articles à venir sur son patrimoine…
« Heureusement, écrit Jean-Luc Mélenchon qui annonce déjà des plaintes, il existe des Insoumis dans ces deux magazines pour me permettre de savoir assez exactement les intentions et l’ambiance de haine qui m’entoure de la part de ces gens ».
A suivre, maintenant qu’il anticipe des « révélations »…

Enfin, l’hommage unanime et touchant à la grande anthropologue et féministe Françoise Héritier.

La nouvelle de sa mort, à 84 ans, a créé beaucoup d’émoi hier : outre sa personnalité, son œuvre, ses engagements (auprès des femmes pour leur émancipation, auprès des personnes touchées par le Sida), l’annonce de sa disparition est intervenue alors qu’elle nous bluffait depuis quelques jours dans les journaux…
On était encore sous le charme de la lecture de son portrait dans Le Parisien dimanche, de son interview dans Le Monde sur son parcours…
Autant d’articles qui se multipliaient à l’occasion de la sortie de son nouveau livre, Au gré des jours, une suite du Sel de la vie, énorme succès paru en 2012…

L’ethnologue racontait les bonheurs de la vie… Notations, sensations, impressions fugaces… sur des pages..
Chercher des heures le mot juste
Se rendre compte de la qualité du silence quand les invités sont partis.
Recevoir des soleils taquins dans l’œil
Chasser d’une main dolente ce qui n’est pas une mouche mais la fine pointe d’une herbe qu’on vous passe dans le cou pendant votre sieste…
Ou encore : S’entendre dire par un chauffeur de taxi : Vous devez être au moins institutrice car quand vous parlez, ça rentre dans la tête..

Michel Grossiord