La Revue de Presse du jour – 10/10/2017

La revue de presse… Une histoire de moustache…

Au choix, celle de Philippe Martinez, celle de Jean Rochefort ?
La carrière, le rôle que joue le secrétaire général de la CGT, en vedette aujourd’hui avec la grève des fonctionnaires, changeraient-ils s’il se rasait la moustache ?
La carrière de Jean Rochefort a changé, elle, lorsqu’il décida de laisser pousser la sienne… Il ne la portait pas dans les années 60… Elle lui permit de s’imposer au début des années 70 au cinéma…
Jean Rochefort avait analysé le phénomène : « La moustache a complètement détruit la verticalité de mon visage. Tout d’un coup, Delphine Seyrig a pensé à moi pour jouer Tolstoï. C’est elle qui a décidé que je ne jouerais plus l’hypocrite ou le comique faux-derche »…

Hommage -presque unanime- au comédien gentleman dans toute la presse…

Presque, car si Libération lui consacre toute sa Une (comme Le Parisien ou Sud-Ouest), les articles ne manient pas l’encensoir…
C’est même vachard sinon injuste. Ecoutez plutôt cette interrogation doucereuse : « Peut-on être un génie comique en dépit d’une filmographie sans chef-d’œuvre ? »
Sentence : « Rochefort est une ‘figure’ de comédien davantage aimé pour lui-même que pour sa production artistique ».
Bref, pour Libé, Jean Rochefort (qui était de droite modéré, écrit le journal) est un « cas d’école : sa popularité est inversement proportionnelle à l’importance de ses films… »
Une filmographie sans chef-d’œuvre ? Et le Crabe-Tambour, un vrai chef-d’œuvre ! rappelle à la Une La Provence…
Le Midi Libre le voit au Panthéon du cinéma français. Il fut « immense lorsque son panache se teintait de tragique », pour Les Echos qui évoquent l’inoubliable commandant du Crabe-Tambour de Pierre Schoendoerffer…
Inoubliable dans « Un éléphant ça trompe énormément », ajoute Le Monde pour qui Jean Rochefort fut l’un des meilleurs acteurs français des soixante dernières années…

Des éditos lui sont consacrés…

L’ennui, relève L’Union de Reims, c’est que la mort de Rochefort s’ajoute à celles de Victor Lanoux, Philippe Noiret, Annie Girardot, Bruno Cremer, plus récemment Claude Rich, Mireille Darc… La bourgeoisie giscardienne des années 70 s’efface, avec ses R 16 et ses pattes d’eph’, emportant aussi l’insouciance d’une époque. Une époque révolue qui nourrit la nostalgie du fameux ‘c’était mieux avant »…
« Vous allez nous manquez », lance à la Une Le Parisien sur une photo de Jean Rochefort…

L’autre grand sujet du jour, c’est bien sûr la grève des fonctionnaires…

Manchette politico-cinématographique de L’Humanité : Et le service public bordel ! »
L’Opinion prend parti contre cette grève, en dénonçant je cite « le syndrome victimaire de la fonction publique… » Le journal -qui reconnait que dans la santé, la police et parfois l’éducation il y a des tensions voire du chaos-, le journal se demande surtout « comment les fonctionnaires peuvent surmonter des cadences aussi infernales et résister à une telle paupérisation de leur statut »…
Ironie mordante de Nicolas Beytout… qui ne sera pas convaincu par le récit d’un gréviste dans L’Humanité…
C’est « Sortez vos mouchoirs »… Un agent territorial de Jarny, en Meurthe et Moselle, raconte son calvaire en tant que responsable du site sportif de sa ville (le stade et des salles de sport) : Je suis tout seul à les entretenir, y compris les espaces verts, à maintenir les relations avec les clubs (plus nombreux qu’avant, et les scolaires, cela impacte mon quotidien voire ma vie privée. Ma semaine se résume à ma vie professionnelle. Heureusement mes enfants sont grands. Je dois être disponible du lundi au samedi, avec une amplitude horaire allant de 7h30 le matin à 22 heures le soir… Je suis censé faire 35 heures, j’en réalise plutôt 45.
On s’incline donc devant le récit de cet agent territorial de Jarny en Meurthe et Moselle, Eric Monnini, qui conclut par ces mots : « Ce n’est pas seulement une histoire de services publics pour tous… Nous défendons le droit au bonheur pour tous ».

Les raisons du malaise des fonctionnaires sont nombreuses, et réelles…

CSG, point d’indice, statut, suppressions de postes… Ce malaise est exposé par la presse… de La Croix à Libération, en passant par la presse régionale…
Mais un commentaire des Echos commence par attirer l’œil dans Les Echos…
« La politique, une histoire de fesses… et d’oreilles » : ainsi est titrée la chronique de Cécile Cornudet…
L’oreille : se montrer à l’écoute…
Pour le reste : « Il faut qu’on serre les fesses », dit un poids lourd de la majorité, ne pas tenir compte des sondages et des doléances de tout bord. Il faut tenir. « Jusqu’à janvier 2018 », dit souvent Edouard Philippe pour que l’essentiel du programme soit mis en œuvre…

Plusieurs informations à relever ce matin…

Pollution à Paris : bilan décevant des mesures d’Hidalgo, annonce Le Figaro…
La piétonnisation des voies sur berge il y a un an n’a fait que déplacer les zones de pollution, selon une étude d’Airparif.
Et puis, « exclusif » dans Le Parisien : l’inquiétant rapport de Greenpeace sur la sécurité de nos centrales nucléaires face au risque terroriste. Les piscines de refroidissement sont moins protégées que les réacteurs.
Le rapport est tellement alarmiste que l’ONG a décidé de ne rendre publique qu’une version light, expurgée des informations les plus sensibles.
(En même temps, c’est le bon sens, inutile de désigner les failles)

Michel Grossiord