La Revue de Presse du jour – 10/02/2017

La revue de presse en forme de prescription ce matin : vous nous proposez des antidotes à une actualité bien morose…

Pourquoi ne pas se tourner en effet vers d’autres personnages pour s’éloigner de ce qui occupe le devant de la scène : le sale climat de la présidentielle… On y reviendra mais avant… des antidotes à cette actualité bien morose !… comme le suggère Henri Gibier dans Les Echos week-end qui met en vedette cette semaine Roger Federer…
Vers qui se tourner encore ? Vers les chefs qui ont reçu les étoiles du guide Michelin…
Leurs mérites sont célébrés ce matin à longueur de colonnes, du Pays Basque au Nord, en passant par la Haute-Garonne etc… La presse régionale dresse le nouvelle carte des étoilés, avec les 70 promus… Yannick Alleno, qui était à votre micro tout à l’heure Renaud étant « le » chef au sommet, le seul cuisinier à cumuler deux fois 3 étoiles, au Pavillon Ledoyen et désormais au restaurant Le 1947 à Courchevel…
Il est en vedette à la Une du Figaro… L’édito du Figaro se veut aussi antidote au climat ambiant puisqu’il n’y est pas question de politique, mais des chefs !

Oui, l’édito est titré « Le chef modèle », mais il n’est pas question du prochain président de la République…

Il est question des chefs, héritiers d’une tradition nationale, et qui partagent, souligne Bertrand de Saint Vincent, le sens de l’effort, la poursuite de la perfection…
Qualités qu’on retrouve aussi chez Roger Federer dont le mythe a encore grandi depuis sa victoire devant son ami et rival Rafael Nadal lors de la finale de l’Open d’Australie…
Beauté de son jeu, classe souveraine, désarmant fair-play : voilà les antidotes à une actualité bien morose depuis quelques mois… souligne Les Echos week-end qui analyse la psychologie du joueur…
Roger Federer possède la faculté exceptionnelle de pouvoir soudain, aux moments décisifs, « passer dans la zone », contraignant alors son adversaire à n’être plus qu’un faire-valoir…
« Passer dans la zone », une sorte de transe, un phénomène de dépersonnalisation qui transcende les grands artistes au sommet de leur art, qu’ils soient musiciens, peintres, écrivains, comédiens, chefs sans doute aussi…

Comment sait-on que l’on « passe dans la zone » ?…

Roger Federer est interrogé sur cet état second… « Ce sont des moments –explique-t-il- où l’on sent que l’on prend le dessus sur l’adversaire, et que plus rien ne peut vous voler la victoire. On devient plus décontracté, on prend plus de risques, alors que l’autre s’échine à revenir au score ».
De tels états sont-ils aussi vécus par les politiques ?
Peut-être quand ils sentent la victoire à portée de main…
Pour l’instant, la présidentielle est dans le brouillard… « plus imprévisible que jamais », avec « un électorat qui n’a jamais été aussi à vif et instable »… « L’establishment français est totalement discrédité »… Voilà ce qu’on lit dans la presse allemande, britannique, italienne ou espagnole… A l’étranger, la campagne suscite de l’inquiétude…

Des voix s’élèvent aussi en France sur ce thème…

Le philosophe Roger-Pol Droit déplore, je le cite, ce qui occupe le devant de la scène : des raclures de caniveau maquillées en considérations sur le vice et la vertu, de la fange déguisée en souci éthique…
Dans Les Echos, Roger Pol Droit évoque sans citer François Fillon les révélations financières qui peuvent se révéler intéressantes, croustillantes… mais juge préoccupant qu’elles accaparent la presse dans une France qui peut sombrer dans le chaos ou bien devenir à nouveau un pays puissant…
La campagne est donc pour le philosophe désaxée et dangereuse alors qu’elle devrait se préoccuper avant tout de l’emploi, de la dette, des finances publiques, de la fiscalité, évoquer l’Europe, la mondialisation, la défense nationale, la sécurité…

Est-ce que ce n’est pas l’argument déployé par François Fillon lui-même ?

Oui, hier à Poitiers, où il a « ranimé la flamme », selon La Charente Libre…
Un discours très offensif mais les députés Les Républicains disent eux –même qu’on ne leur parle que de ça (les révélations financières sur François Fillon et sa famille) pas des vrais sujets ».
Le Parisien annonce ce matin de nouveaux éléments sur le double emploi de Pénélope… (Les heures escamotées de son contrat avec l’Assemblée nationale)… On lit aussi une double page de La voix du Nord qui nous plonge dans les petits et grands scandales de la République…

La presse plus que jamais prise pour cible par le candidat…

Hier à Poitiers, rapportent Le Parisien et Le Figaro, la presse a été huée par la foule du Palais des Congrès…
Attention danger : une mise en garde signée Bruno Frappat dans La Croix…
Sous le titre « La faute aux médias », notre confrère rappelle, avec ironie, qu’il n’est pas un secteur de l’activité humaine qui échappe à la nocivité du sale boulot des journalistes, ces galeux qui nous gâchent l’existence à longueur de colonnes et de temps d’antenne.
Tous les puissants vous le diront : le malheur humain vient des médias. On sent que frémit dans le pays, à l’étage politique, un vent mauvais qui pourrait alimenter l’hostilité populaire aux médias et s’appuyer dessus pour se défausser de ce que chacun a à se reprocher.
Michel Grossiord