La Revue de Presse du jour – 08/02/2017

La revue de presse… Il est question du bien, du mal, de culpabilité, de quête de rédemption…

Suivez-moi non aux pages politiques des journaux (pas encore) mais aux pages cinéma où Martin Scorsese est en vedette… Le réalisateur de 74 ans livre son 24ème film : « Silence », sur la persécution des chrétiens au Japon au XVIIème siècle.
Le spectateur est amené à se poser la question au cœur de la foi : comment expliquer le silence de Dieu face aux horreurs du monde ?
Les thèmes de la faute et de la rédemption qui ont infiltré toute l’œuvre de Scorsese s’infiltrent dans Silence autant que dans Mean Streets ou Casino, souligne Télérama, enthousiaste…
Le voyage cruel au cœur des ténèbres (multiples scènes de torture) que fait vivre Scorsese aux spectateurs est applaudi aussi par Le Figaro (puissant mais austère), Le Monde, Les Echos (exigeant, digne, profond). La Croix salue une œuvre aux images éprouvantes, mais un film passionnant, porteur de questionnements essentiels.
Mais sa vision est trop fanatique, pour Libération pour qui le réalisateur a bâclé sa fresque historique sur le martyre des chrétiens au Japon…
Bâclé ? Scorsese a mis 30 ans pour monter son film !
Mais que c’est long… son film s’étiiiiiire (avec 5 i) lit-on dans L’Express. 2h41 !
Les voies du Seigneur étant impénétrables, on peut comprendre que le film s’étiiiiire…

Les pages politiques des journaux… Le bien, le mal, l’éthique…

« Ethique en toc » : c’est le titre de l’éditorial des Dernières nouvelles d’Alsace qui donne raison à François Fillon sur un point : il est une victime. La victime d’un déni de réalité qui est l’une des caractéristiques de la classe politique française…
Le mot « privilèges » apparait dans l’édito des DNA comme sur la couverture de L’Express : En finir avec les privilèges des élus.
Christophe Barbier s’appuie sur Molière en 1664: « Tout est renversé aujourd’hui, le monde est tombé dans une corruption générale. Une licence épouvantable règne partout ».
L’indignation complète de Pancrace à Sganarelle (dans Le Mariage forcé) dit que « les magistrats devraient rougir de honte pour maintenir l’ordre dans cet Etat ».
Ce qui fait un changement avec l’époque de Molière puisque les magistrats sont critiqués aujourd’hui, associés dans le même rejet que les journalistes par les politiques mis en cause !
Les médias ? Le philosophe Marcel Gauchet les critique aussi dans L’Express : selon lui, les médias sont passés d’un rôle de contre-pouvoir (nécessaire en démocratie) à un rôle d’anti-pouvoir (c’est-à-dire l’empêchement systématique de l’exercice du pouvoir)…
Marcel Gauchet se dit persuadé que les médias finiront pas passer pour les idiots utiles d’une manipulation politique dont ils sont incapables de dévoiler les ressorts. « Démolition des conditions de fonctionnement du pouvoir et discrédit du contre-pouvoir, voilà ce que risque d’être au final l’effet pervers de toute cette histoire », avance Marcel Gauchet qui (notons-le) juge totalement condamnables les faits reprochés à François Fillon.
Ce dernier se défend à nouveau lui-même dans une Lettre aux Français…

A lire dans Ouest-France, qui annonce sur sa Une : Fillon, « Aux Français de décider ». Réflexion en fin de journal…
En fin de journal, donc, François Fillon écrit que c’est désormais aux Français de décider, il dénonce deux impasses, le déclassement et la désunion nationale avec Marine Le Pen, le vide programmatique avec Emmanuel Macron à qui il reproche d’avoir dit qu’il n’y a pas de culture française…
La culture française… Je vous parlais de Molière qui inspire aussi L’Obs : sur la couverture « Tartuffe Fillon » coiffé d’une perruque…
Va-t-il couler la droite ? demande l’hebdo. Dans Les Echos et Le Figaro (qui voit la droite resserrer les rangs derrière lui) on lit les conseils de ses amis : mettre la focale sur les valeurs et les sujets régaliens pour rassurer l’électorat de droite. Suggestion du centriste Jean-Christophe Lagarde : « Il faudrait que tu trouves ton ministère de l’Immigration et de l’Identité nationale »…

Deux sujets assez décalés dans la presse ce matin…

J’ai hésité dans ma sélection alors je vous les livres les deux…
A la Une du Figaro, une corbeille de belles tomates.
Quand les généticiens tentent de redonner du goût à la tomate. A force d’être sélectionnés sur leurs capacités de résistance aux maladies ou leur durée de conservation, les tomates ont perdu leurs qualités gustatives. Des généticiens cherchent à identifier les gênes du goût.
Un geste simple qu’on peut tous faire : ne mettez pas les tomates au réfrigérateur : ça empêche la libération des molécules volatiles qui donnent ses arômes au fruit. « Dans le combat contre la fadeur, tout le monde à son rôle à jouer », souligne Le Figaro…
Autre article (vraiment décalé) dans Le Progrès de Lyon: Ouh, le joli toutou…
Pourquoi on parle bébé aux chiens…
Des universitaires spécialisés en neuro éthologie sensorielle de Saint Etienne ont mené l’enquête…
C’est qui le bon chien ? Ca c’est un gentil chien…
Le parler chien c’est comme le parler bébé… Les chiots y sont sensibles… les chiens plus âgés y sont indifférents…
Donc continuez si vous parlez chien… Mais inutile, précise les scientifiques, de gagatiser avec les personnes âgées ou les étrangers, vous ne serez pas mieux compris…

Michel Grossiord