La Revue de Presse du jour – 07/02/2018

La revue de presse… Avec pour commencer une citation de Coluche !

« L’argent ne fait pas le bonheur des pauvres… »
Drôle, mais moins drôle de lire partout ce matin que l’argent fait le malheur des pauvres.
Argent rime avec… longévité, explique Le Parisien.
L’argent fait la longévité des plus aisés…
Le Figaro Economie, Les Echos, L’Opinion, Le Monde, L’Humanité reprennent les statistiques de l’Insee publiées hier…

Quelle est la différence d’espérance de vie ?

Treize ans d’espérance de vie en plus ou en moins : c’est l’abîme qui sépare en France les 5% d’hommes les plus riches des 5% les plus pauvres…
Pour un niveau de vie moyen de 5.800 euros par mois, un homme peut espérer s’éteindre à 84 ans et quelques.
Un seuil qui tombe à moins de 72 ans dès 470 euros par mois.
Les difficultés peuvent limiter l’accès aux soins. Par ailleurs, les cadres au niveau de vie plus élevé que les ouvriers, sont moins exposés à certains risques professionnels (accidents, produits toxiques…) Enfin, les comportements à risques sont plus fréquents chez les moins diplômés (¨Près de 40% des sans diplôme fument contre seulement 21% des diplômés du supérieur… »

A propos de la consommation de tabac et d’alcool, justement, une étude encourageante…

Et peut être contre intuitive…
Là encore, c’est une étude qui est largement commentée (dans Le Figaro, dans Le Parisien…)
Et si le tabac était passé de mode chez les jeunes ?
C’est la thèse avancée par l’Office français des drogues et des toxicomanies qui relate une baisse franche et nette de la consommation de tabac chez les jeunes.
Je ne vais pas citer trop de chiffres, mais retenons que le pourcentage d’ados qui essayent la cigarette est en chute de 10 points en 3 ans… (cela ne doit pas faire oublier qu’un quart des adolescents déclare fumer tous les jours, mais c’était un tiers en 2014).
L’expérimentation du cannabis recule dans une même proportion.
On découvre encore, un peu perplexe, que la consommation d’alcool chez les adolescents poursuit sa lente décrue…
La « génération écrans » serait-elle en train de prendre le pas sur la précédente, plus portée sur le tabac, le cannabis, l’alcool ? C’est une hypothèse (à vérifier) : un report d’une addiction l’autre, pour résumer le téléphone greffé sur la main !
Autre hypothèse : les interdits finissent par payer (interdiction de vente de tabac aux mineurs, limitation des open bars…)

Les interdits, une arme à double tranchant pour les parents…

Comment faire face aux désobéissances à répétition ?
Eduquer sans punir, c’est le graal des parents dépassés… qui cherchent la voie, sinon la solution, dans un modèle d’éducation bienveillante…
Un modèle questionné par Libération qui en fait son sujet de Une ce matin… « Le mythe du parent parfait » : écouter ses enfants et négocier avec eux.
La mode de la « parentalité positive » va jusqu’à organiser des stages pour mères et pères dépassés. Progrès ou illusion ? Libération met en garde contre une illusion, soulignant qu’il y a quelque chose qui ne colle pas dans ce concept : une éducation ne se doit pas d’être bienveillante ou malveillante, elle repose sur l’instauration de limites très claires !

La Corse ne quitte pas les Unes des journaux…

L’impatience monte sur l’île : le chef de l’Etat doit dévoiler à Bastia sa stratégie pour l’avenir de la Corse…
Mais le ton a été donné hier lors de l’hommage au préfet Claude Erignac : Corse Matin relève qu’Emmanuel Macron a mobilisé le « bréviaire » de la République, (mot qui ne traduit pas un attachement), « une profusion de symboles », écrit encore le journal de l’île qui considère que le dialogue fécond entre l’Etat et la Corse paraît déjà tellement entravé…
Corse Matin note aussi qu’Emmanuel Macron a froissé les avocats… (Une telle infamie qui a déshonoré à jamais ses auteurs ne se plaide pas…)
Quels sont les commentaires hors de la Corse ?
Les Echos : Emmanuel Macron a eu les mots et l’indignation qui ferment la porte à toute compromission…
Le Télégramme : son hommage au préfet Erignac était exemplaire et courageux.
La Montagne : il est des Vive la République, vive la France qui résonnent plus que d’autres… Mais a-t-il serré la vis hier pour mieux paraître lâcher un peu de lest aujourd’hui ?
Il va devoir traduire en corse son oxymore (Emmanuel Macron avait dit durant sa campagne que la République était indivisible et en même temps plurielle), souligne La République des Pyrénées.
La grande dignité de la veuve du préfet assassiné, Madame Dominique Erignac, a marqué les esprits.
On sent que les éditorialistes se sont tous figés aussi en l’entendant évoquer de sa voix fragile, entourée de ses deux enfants, les terroristes, la République qui ne doit jamais fléchir, comme se sont figés hier les 200 personnes qui l’ont écouté à l’endroit qui s’appelle maintenant Place Claude Erignac, qui reste pour elle « un lieu maudit »

Michel Grossiord