La Revue de Presse du jour – 07/02/2017

La revue de presse… Une plongée dans l’horreur en Syrie avec un article dont la simple lecture est éprouvante.

L’ « abattoir » humain de Bachar al-Assad.
Comment 13.000 personnes (la plupart des civils, considérés comme des opposants au régime) ont été pendues dans une prison près de Damas entre 2011 et 2015.
L’ONU a déjà accusé le régime syrien de mener une « politique d’extermination » dans ses prisons… L’enquête menée par Amnesty international, que publie Libération, apporte un éclairage glaçant sur ces horreurs qui ont sans doute toujours cours : le meurtre de sang-froid de détenus sans défense….
Dans la prison militaire de Saidnaya, à 30 km de la capitale, ceux qui ont été condamnés à mort ne le savent pas, ils ne l’apprennent que quand ils se retrouvent face à la potence, dans l’une des deux salles d’exécution où 10 ou 20 personnes peuvent être pendues en même temps.
Quand ils arrivent, les détenus signent de leur empreinte digitale leur avis de décès.
Les scènes sont atroces (les militaires tirent vers le bas les condamnés les plus légers suspendus à la corde mais dont le poids ne suffit pas à les tuer)…
Le rapport d’Amnesty international se fonde sur plus de 80 témoins (gardiens, détenus et juges)

Après cela, difficile de reprendre le fil de l’actualité, toujours dominée par la présidentielle…

Le clivage est simple sur le grand oral de François Fillon, le clivage droite-gauche… D’ailleurs Libération qui présente François Fillon comme un « acharné » s’attaque aussi –je cite- au chœur soudain ragaillardi de la presse de droite…
Le Figaro ne voit pas les miasmes de l’affaire se dissiper comme par miracle, mais se félicite du « courage dans l’adversité » de François Fillon… L’Opinion voit comme le candidat une nouvelle campagne commencer.
Le consensus est unanime sur la relance de la campagne, même si du côté de la presse régionale on n’est pas convaincu par le grand oral de François Fillon.
« Le plan B, c’est moi », titre Le Parisien… Le plan J, il ne faut plus en parler… Alain Juppé s’est livré hier matin devant ses adjoints, rapporte Sud Ouest… 3 raisons justifient son NON, NON (hier matin sur Twitter) : il sent chez les Français un besoin de renouvellement, il ne veut pas exposer sa famille à une campagne agressive sur fond d’affaires anciennes le concernant, il dresse le constat de son impossibilité de rassembler de Wauquiez à Bayrou.
Dernier commentaire d’Alain Juppé : si la campagne présidentielle doit redonner espoir à la France, c’est mal barré…

C’est quand même le sujet : peut-on garder espoir dans la France ?….

Garder espoir ? Les investisseurs étrangers commencent à lâcher le pays… Le marché de la dette (où les taux imposés à la France augmentent) n’est pas le seul touché : la méfiance commence à gagner les investisseurs en actions.
Nouveaux éléments inquiétants rapportés par Les Echos.
La pression monte en raison des incertitudes et de la montée de Marine Le Pen : pour les marchés, le pire serait un second tour entre deux candidats ouvertement anti-euro : la présidente du Front national et Jean-Luc Mélenchon…
Le climat est tel que le traité de Maastricht (prélude à l’adoption de l’euro) fête ses 25 ans aujourd’hui en catimini, observe Le Monde…
Peu de voix s’élèvent (aucune politique) pour fêter la force et les atouts de la monnaie unique, sinon dans Le Parisien Benoît Coeuré, numéro 2 de la Banque centrale et dans Le Figaro François Villeroy de Galhau, le gouverneur de la Banque de France…
Tous deux mettent en garde contre le danger pour l’épargne et l’emploi des Français en cas de sortie de l’euro…
Alors des raisons de garder espoir ? La Bank of America-Merryl Lynch recense les atouts de la France dans une étude présentée par Les Echos : la démographie, la productivité, les réformes non faites qu’il suffirait de faire pour doper notre croissance, et même une situation budgétaire facile à redresser…
Et puis il y a le message de PDG d’Apple, Tim Cook actuellement en France. Dans Le Figaro, il juge que la France est le meilleur endroit pour découvrir et discuter avec tous les musiciens, les graphistes, les designers ou les photographes qui utilisent ses produits…

Une curiosité sur le modèle français : l’histoire d’un réfugié qui travaille trop pour être français !

Un réfugié sri lankais a vu sa demande de naturalisation rejetée au motif qu’il travaille trop. Il cumule deux emplois, l’un à temps plein, l’autre à temps partiel, et dépasse le plafond hebdomadaire fixé par la loi.
Il travaille plus de 48 heures par semaine… Cumuler deux emplois, ou devenir français, il faut donc choisir, déplore L’Opinion…
Paradoxalement, si ce réfugié avait demandé à bénéficier de prestations sociales, il aurait été naturalisé observe son avocat…
A lire aussi dans L’Opinion : Emmanuel Macron a trouvé son maestro…
Il a fait appel aux services d’un chanteur d’opéra, qui lui apprend depuis plusieurs semaines à poser sa voix. Jean-Philippe Lafont, baryton basse, qui a chanté sur les plus grandes scènes du monde, a été recruté : il donne régulièrement des cours au candidat à la présidentielle.
Le ténor se dit satisfait des progrès de son élève. « En avril, il sera prêt ».

Michel Grossiord