La Revue de Presse du jour – 06/11/2017

La revue de presse… Quoi ma tête, qu’est-ce qu’elle a ma tête ?

Je ne parle pas de la vôtre… mais de quelques personnages de l’actualité qui ont une tête… de troll ! Comprendre : des têtes, un physique, à générer des polémiques…
On connait la réplique et la chanson… Gueule d’atmosphère… Qu’est-ce qu’elle a ma gueule ?… La référence ici n’est ni Arletty ni Johnny mais… Eric Le Boucher, c’est lui qui se moque des têtes de troll du populisme : l’immense acteur d’opéra-bouffe Carlès Puigdemont, et (écrit-il dans L’Opinion) les tronches à mèche, à perruque et à bizarrerie, chevelure envolée, bille surgonflée : Boris Johnson (tonitruant leader du Brexit qui s’est planqué sous la table une fois la victoire acquise), Donald Trump, Beppe Grillo en Italie…
Est-ce un hasard ? s’interroge très moqueur le chroniqueur. Pour être un leader populiste, faut-il avoir une tête de troll, c’est-à-dire « avoir le dehors à l’image du dedans : ridicule ».

A-t-on nos « têtes de troll » en France ?

Eric Le Boucher range Jean-Luc Mélenchon dans la catégorie des populistes mais lui reconnaît une tête normale…
Jean-Luc Mélenchon est-il en revanche victime de ses têtes de troll, qui auraient fini par lui taper sur les nerfs, avance Le Figaro qui énumère dans son édito : « Drôles de révolutionnaires que cette Raquel Garrido qui croule sous les impayés et cette Danielle Simonnet qui ne veut pas quitter son logement social. Etrange citoyenne que cette Danièle Obono qui flirte avec l’islamo-gauchisme en ne condamnant pas un chauffeur de bus qui refuse de conduire après une femme ».
Manchette du Figaro : au-delà des polémiques générées par certains de ses proches devenus des boulets, « Mélenchon en panne de stratégie politique ».

Le danger populiste est brandi dans le domaine de l’écriture ! Marc Lambron s’invite dans la polémique sur l’écriture inclusive…

L’académicien apporte un contre-point dans le dossier de Libération, journal nettement favorable à de nouvelles règles grammaticales pour donner de la visibilité au féminin (le fameux « point milieu » avant l’ajout d’un e bien féminin dans les mots).
Marc Lambron s’insurge et nous ramène au populisme en écrivant (écho au péril suicidaire évoqué par l’Académie française): « Cette querelle autour de l’écriture inclusive est le symptôme d’enfants gâtés de démocraties saisies par la tentation suicidaire »…
Il élargit le problème !
Marc Lambron cite les Etats-Unis qui ont élu Trump un antidémocrate… les Anglais qui se sont tirés une balle dans le pied en votant le Brexit… et la Catalogne qui se fourvoie dans le psychodrame indépendantiste… « J’ose ce rapprochement, précise l’académicien, la France, avec l’écriture inclusive, est atteinte de cet étrange tropisme de vouloir compromettre et mutiler ce qui ne marche pas si mal (en matière de sexisme, le langage n’est pas la première des agressions) »
L’écriture inclusive, danger pour la francophonie ?
Le Parisien nous apprend que l’écrivaine franco-marocaine Leïla Slimani (Prix Goncourt l’an dernier) a été choisie par Emmanuel Macron pour le représenter personnellement sur la question de la francophonie… Il lui avait proposé d’être sa ministre de la Culture…
A propos des ministres en place, toujours dans Le Parisien, un article sanglant…

Presque de la littérature.
L’article est titré Rumeurs et châtiments.
Dans les coulisses du pouvoir, les spéculations et vacheries vont bon train en vue du prochain remaniement que devrait entraîner l’arrivée de Christophe Castaner à la tête du parti La République en marche…
Il y a les chouchous du président : Gérald Darmanin, Agnès Buzyn, Jean-Michel Blanquer…
Le premier ministre Edouard Philippe est apprécié, mais avec ce commentaire du Chef de l’Etat : « C’est bien quand même, l’éducation à la Juppé ! »

Qu’est-ce que ça veut dire ?

Est-ce l’abnégation, la docilité ? Autant de reproches adressés à ses anciens compagnons de parti par Laurent Wauquiez dans son interview aux Echos…

L’article du Parisien évoque aussi les ministres qui sont mal notés (c’est là que le titre Rumeurs et châtiments prend tout son sens) : Jean-Yves Le Drian qui n’arrive pas à exister (mais est-ce sa faute, « je suis à l’arrière-plan, je suis le second du président », a confié lui-même le ministre des Affaires étrangères)…
Gérard Collomb est le plus durement attaqué au sein de la macronie, puisqu’on s’en prend à son âge ! Son surnom, désobligeant ? Son Altesse sénilissime.
Violent, ajoute Le Parisien.

Un appel à Emmanuel Macron… Il est lancé par Jacques Julliard dans les colonnes du Figaro…

L’antisémitisme en France : assez !

Profanation de la stèle d’Ilan Halimi. Antisémitisme du quotidien…
Jacques Julliard écrit : « Voici le fait massif qui devrait jeter dans la rue, de dégoût et de colère, les Français de toutes appartenances : 75 ans après Auschwitz, nos compatriotes juifs ont peur. Ils déménagent, ils désertent les banlieues. Ils quittent la France sur la pointe des pieds !
Monsieur le Président de la République, c’est à vous que je m’adresse, ainsi qu’à tous les chefs de l’opposition : n’aurons-nous pas enfin une réaction massive, à la hauteur de la honte que nous ressentons ? »
Jacques Julliard fait appel à ses souvenirs d’enseignant pour conclure : « Il m’est arrivé naguère d’être interrogé par mes étudiants sur l’acceptation silencieuse, résignée, par les Français de l’époque, de l’antisémitisme du régime de Vichy et de ses sbires. Ma réponse, la voici : regardez donc la France de 2017 et vous comprendrez ! »

Michel Grossiord