La Revue de Presse du jour – 06/10/2017

La revue de presse… Question de vocabulaire !

Emmanuel Macron sévèrement critiqué pour avoir accusé certains salariés de « foutre le bordel » s’était vu reprocher, souvenez-vous, de tenir des propos trop intellos, difficilement accessibles, dans son interview fleuve au Point…
Mais les réactions portent-elles sur l’usage d’un certain vocabulaire, « familier » a reconnu l’Elysée? Pas vraiment. Même si -exception- dans Les Dernières nouvelles d’Alsace il y a cette observation cinématographique : Emmanuel Macron n’était pas dans son registre à Egletons : « plus proche de Claude Rich jeune que de Jean Gabin, il est encore trop vert pour la verdeur… Son apparence de gendre idéal pour famille bourgeoise lui interdit l’excentricité… »

C’est ce qu’il y a derrière l’usage de certains mots qui suscite le plus de commentaires…

Les éditorialistes sont nombreux à discerner dans l’aparté filmée en Corrèze « un mépris de classe »… En tout cas Emmanuel Macron en donne l’impression, pour L’Humanité comme pour L’Opinion, pour La Nouvelle République comme pour La Voix du Nord, pour Libération comme pour Sud-Ouest…
Sur le fond, certains commentateurs donnent raison à Emmanuel Macron pour son « discours de vérité », comme le présente Eric Le Boucher dans Les Echos.

Amateurs de clivage, tendez l’oreille !

-Emmanuel Macron, c’est l’insulte permanente à la démocratie, pour L’Humanité… qui dénonce sa « morgue »
-Emmanuel Macron, c’est « enfin la vérité crue », pour Eric Le Boucher qui dégaine : oui, l’école produit de l’analphabétisme et il faut cesser de l’occulter pour le traiter. Oui, il est des gens tire-au-flanc et des extrémistes, les ouvriers de La Souterraine en font partie : ils ont tous reçu des offres de PSA et Renault qu’ils ont refusées au motif qu’il fallait se déplacer. Fin de citation.
Clivage en effet.

Revenons au vocabulaire, l’importance de soigner son langage est rappelé au Chef de l’Etat…

Emmanuel Macron, un lettré qui a tout lu ou presque, se rêve toujours écrivain, rappelle La Revue des deux mondes dont la dernière livraison s’interroge : qu’est-ce que le macronisme ?
L’hebdo « Le 1 » est consacré à la Fabrique des mots, à l’occasion du 50ème anniversaire du Petit Robert…
Bordel, c’est familier, ce n’est pas de l’argot… Déjà dans Les Misérables, Victor Hugo célébrait la vitalité de l’argot, « vestiaire où la langue ayant quelque mauvaise action à faire se déguise »…
Celui qui connait le mot juste maîtrise la situation, souligne Le 1 qui rappelle cette scène mettant aux prises… Emile Littré, du dictionnaire du même nom…
Un jour qu’Emile Littré (qui avait des faiblesses) était occupé avec sa bonne, Madame Littré ouvra la porte… Et s’écria devant le spectacle de leurs ébats:
-Ah, monsieur je suis surprise !
Littré, se rajustant, répondit : « Non madame, vous êtes étonnée. C’est nous qui sommes surpris. »
Conclusion générale du 1 : « Y a-t-il pays au monde où on aime davantage ergoter sur la langue ? »

Dernier exemple en date : l’écriture inclusive… contre laquelle se dresse Le Figaro…

L’écriture inclusive est censée gommer les inégalités de genre à coup de points milieu. Un point qui apparait au milieu du mot.
Ce point milieu, certains nous incitent à l’ajouter au milieu des mots… par exemple « Chers auditeurs », devient « Chers auditeurs -point milieu- rices ».
Ecrire chers lecteurs -point milieu-rices…
Le langage inclusif, « incongru, danger pour l’orthographe et la grammaire », gagne du terrain à l’université et dans l’administration, déplore Le Figaro qui dénonce parallèlement les tentatives d’infiltration des universités par Jean-Luc Mélenchon…
Des parlementaires de la France insoumise vont multiplier la semaine prochaine les conférences et les happenings pour convaincre les étudiants de descendre dans la rue pour renforcer la grogne sociale. 500.000 tracts ont commencé à être distribués… Un second est en préparation pour appeler à la tenue d’assemblées générales…
Des présidents de facs commencent à tirer la sonnette d’alarme…

Celui qui tire la sonnette d’alarme avec une virulence redoublée, c’est Manuel Valls !

Deux ennemis pour Manuel Valls longuement interrogé par Le Figaro magazine…

-Jean-Luc Mélenchon, dont le discours populiste met souvent en cause la légitimité démocratique… « J’y vois une nostalgie des ligues, de ceux qui croient que la colère, la violence, la rue doivent prendre la pas sur les choix souverains du peuple », déclare l’ancien premier ministre… « La France insoumise est à travers ses discours une attaque en règle contre notre modèle républicain »…
Manuel Valls ajoute que La France insoumise incarne aussi l’islamo-gauchisme en raison de son déni et de son relativisme. Complaisance coupable.
Interview au Fig mag qui cette semaine, après Marianne, après Valeurs actuelles, dénonce les politiques, les intellos, les journalistes pour qui les musulmans incarnent la nouvelle figure de l’opprimé qu’il importe de défendre contre l’homme blanc.
Le magazine choisit ce titre : L’islamosphère…

Michel Grossiord