La Revue de Presse du jour – 06/02/2018

La revue de presse… Que les gros salaires lèvent le doigt !

Intéressons-nous à une catégorie particulière de salariés qui n’a pas de problème de pouvoir d’achat : les footballeurs…
De quoi nous rendre jaloux ? Mais le numéro 1 du Top 10 français, la star brésilienne du PSG, Neymar, qui a découpé dimanche tout ému son gâteau d’anniversaire (le 26 ème) lors d’une soirée de gala racontée par Le Parisien, le numéro 1 du Top 10 pourrait aussi se montrer jaloux…
Neymar empoche chaque mois à Paris un peu plus de 3 millions d’euros brut (le double de Cavani et Mbappé)…
Ca donne le frisson…
Or il est enfoncé par Lionel Messi à qui le FC Barcelone verse plus de 8 millions d’euros par mois !
L’Equipe publie son numéro annuel sur les salaires de la Ligue 1 de foot… dont le suivi fiscal est assuré par une direction spécifique de Bercy… chargée des contribuables les plus riches…

Donc pas que les footballeurs, mais les chanteurs, acteurs, grands patrons…

Direction installée rue de Saussure dans le 17ème arrondissement de Paris.
« Les footballeurs ne sont pas les plus ciblés, mais on est quand même très vigilants », explique un agent. « Quand on voit un reportage d’un footballeur sur son yacht alors qu’il ne déclare rien, cela peut nous attirer »…
Un record de buts marqués fait aussi vite soupçonner un versement de primes…
On imagine donc que les contrôleurs du fisc sont de grands lecteurs de L’Equipe et de la presse people…

A noter que cette direction des vérifications fiscales de la rue de Saussure traite aussi les dossiers des élus politiques…

Et bien qu’ils lisent ce matin le dossier du Parisien sur les économies des ministres. Pas de scoop, mais un reproche (du journal). Faites ce que je dis… Bien peu sont les membres du gouvernement à investir leur épargne dans les entreprises…
Le gouvernement interpellé ce matin par deux journaux sur le thème : ne changez pas de politique !
Quand L’Humanité fustige une politique favorable aux plus riches, L’Opinion et Le Figaro se mobilisent pour dire : n’écoutez pas les électeurs qui ont boudé les candidats En marche ! lors des législatives partielles, n’écoutez pas les parlementaires de la majorité apeurés qui réclament un virage, « lever le pied sur les réformes serait une grave erreur ».
Titre de l’édito du Figaro : « Macron n’a pas le choix ».

Il est un autre sujet sur lequel Emmanuel Macron est attendu, c’est la Corse… Et toute la presse de se demander quel sera son choix face aux nationalistes…

Mystère.
Vous vous souvenez du secret qui avait précédé l’annonce de l’abandon du projet d’aéroport Notre Dame des Landes.
Là, c’est pareil.
Aucune fuite sur ce que va dire le Chef de l’Etat.
Il va jouer les funambules, pour L’Union.
Corse Matin imagine Emmanuel Macron « passablement énervé » : il aurait préféré attendre encore un peu avant d’effectuer sa première visite présidentielle en Corse, il aurait préféré que ne se tienne pas la manifestation de rue samedi à Ajaccio… Corse Matin imagine aussi Emmanuel Macron agacé par la division au sein même de son premier cercle sur la question corse, une partie lui demandant avec insistance de ne rien lâcher sur le plan institutionnel…
Cette partie-là des proches du Chef de l’Etat défendant la Corse « partie intégrante de la République » est qualifiée de « faucons » par Gilles Siménoni, le président du Conseil éxécutif de Corse qui s’exprime dans Corse-Matin…

La presse se divise-t-elle aussi entre de supposés « faucons » et de supposées « colombes » ?

Le Monde craint que les nationalistes soient déçus par Emmanuel Macron.
Libération aussi, ce journal plaide pour que l’occasion historique soit saisie : « Il est temps de reconnaître à la Corse une personnalité forte », écrit Laurent Joffrin.
Dans Marianne, Jacques Julliard s’est étonné des prises de position venues de la gauche favorables à certaines revendications nationalistes… « Peut-on être identitaire quand il s’agit de la Corse, et anti-identitaire quand il s’agit de la France ? Problème de cohérence. »
« Funeste processus sécessionniste », estime Jacques Julliard, rejoint par Manuel Valls dans L’Opinion et Jean-Pierre Chevènement dans Le Monde.
D’ailleurs, signale Corse-Matin, Jean-Pierre Chevènement, c’est un poil à gratter : sa présence lors de l’hommage au préfet assassiné Claude Erignac, lui qui a toujours combattu les nationalistes, est vue comme une provocation par ces derniers…

Jean-Pierre Chevènement dénonce toutes leurs revendications, notamment fiscales…

L’exemple de la Catalogne mis en avant ? Pour Jean-Pierre Chevènement dans Le Monde, il y a une grande différence entre la Catalogne et la Corse : la Catalogne paye des impôts à Madrid. En Corse, c’est l’inverse : les transferts nets de Paris vers la Corse dépassent 2 milliards d’euros par an…

Michel Grossiord