La Revue de Presse du jour – 04/12/2017

La revue de presse… Une invitation à entrer en résistance ce matin !

« Je suis en résistance par le rire » !
L’auteur de bande dessinée Philippe Geluck a droit aux honneurs de La Voix du Nord : toute la première page illustrée avec le personnage qui lui a apporté la gloire : Le Chat…
Et une longue interview du dessinateur venu en voisin de Belgique…
Le 21ème album du Chat fait état d’une déprime générale : « il suffit de lire le journal », explique Geluck : glyphosate, pollution, terrorisme, montée de l’extrême droite dans plusieurs pays européens, Trump, Brexit…
« Faire rire dans un monde pas gai », c’est le rôle du Chat et de ses aphorismes…

Citons en quelques-uns…

« On apprend de ses échecs. Sauf à la roulette russe »…
« S’il y a une vie après la vie, j’aimerais qu’on m’explique quel est l’intérêt de mourir ! »
Chavoureux, commente La Voix du Nord… qui donne moins d’exposition à une autre interview : Gérald Darmanin se livre sur la défaite de la droite à la présidentielle (et assure, alors qu’on prête énormément d’ambitions au ministre rallié à la République en marche: « il faudra sans doute, lorsque la quarantaine viendra, que je fasse autre chose de ma vie »…
Gérald Darmanin a 35 ans… Son horizon politique est-il si obscurci à court terme?
Le Chat de Geluck a dit : « Il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis. C’est mon avis. Et je ne vois pas pourquoi j’en changerais ».

Les amateurs de paradoxes auront le sourire en confrontant certains gros titres de la presse de ce lundi…

D’un côté, par exemple cette double page dans Le Progrès de Lyon, « la promesse des Assises de la mobilité avec la SNCF qui se cherche un nouvel avenir »… On lit que la SNCF bataille pour reprendre des parts de marché aux autocars et au covoiturage… Face au défi numérique, l’entreprise se rêve en Amazon du transport…
De l’autre côté, l’actualité des méga couacs rattrape la SNCF… Panne géante gare Montparnasse. C’est dans Sud-Ouest que s’exprime le mieux la colère des voyageurs en rade à Bordeaux hier…
Le Chat a dit : « Dans le passé, il y avait plus de futur que maintenant »…
Est-ce vrai pour la SNCF, objet d’une charge sans appel de L’Opinion : de pannes géantes en trains annulés, de voies fermées en retards accumulés, « la SNCF entre à grande vitesse dans une zone de non-retour », écrit Rémi Godeau…
La deuxième paralysie de la gare Montparnasse, après celle de l’été, clôt (momentanément ? il faut l’espérer) une séquence horribilis, summum de la faillite de l’établissement ferroviaire, estime l’éditorialiste de L’Opinion qui met en cause l’inconséquence de l’Etat actionnaire.

Egalement à la Une ce matin, le raz-de-marée des nationalistes en Corse..

Raz-de-marée, tsunami : ce sont les mots qui reviennent de Corse-Matin au Monde, en passant par Le Figaro…
La surprise n’est pas la victoire nationaliste, mais son ampleur…
On parle bien de « nationalisme », le mot « indépendance » a été gommé pour ne pas effrayer…
Citation du Chat : « Le chemin le plus court d’un point à un autre, c’est de ne pas y aller »…
Ne pas aller jusqu’à l’indépendance ? C’est chose entendue pour Le Figaro qui se réjouit que l’indépendance de la Corse n’est plus à l’ordre du jour, la Corse n’est pas la Catalogne…
Aucun motif d’inquiétude, insiste Yves Thréard…
Le Midi libre voit aussi la Corse choisir la voie de la raison…
Reste que Corse Matin, dans sa présentation des résultats du 1er tour de l’élection territoriale, souligne que la majorité sortante arrive en tête et que « le front républicain » droite-la république en marche n’aura pas lieu »..

Quand l’actualité du Brexit profite du mariage annoncé du prince Harry…

L’annonce des fiançailles du prince et de l’actrice américaine Meghan Markle est tombée à pic, pour ceux qui ne l’auraient pas remarqué…
Lundi dernier, juste le jour où Theresa May a accepté de payer 50 milliards d’euros pour sortir de l’Union européenne, au lieu des 20 milliards qu’elle promettait jusqu’alors…
Analyse de dates, et de cette coïncidence, par Philippe Bernard, correspondant du Monde à Londres… qui va droit à cette conclusion : « Meghan et Harry ont probablement sauvé le Brexit : leurs photos, tout sourires dehors, barraient la une de tous les tabloïds le lendemain, reléguant en pages intérieures la nouvelle de la « trahison » par la première ministre des électeurs pro-Brexit…
Puisque la campagne pour le Brexit leur avait fait croire que quitter l’Union européenne allait leur permettre de trouver de l’argent pour les hôpitaux…
Le nouveau couple princier a en quelque sorte joué un rôle politique : puissant sédatif contre le Brexit blues… Le mariage programmé en mai prochain s’annonce comme un grand moment d’affichage de l’unité nationale alors que le pays reste coupé en deux…
Theresa May va devoir sortir néanmoins du conte de fée, elle rencontre aujourd’hui Jean-Claude Juncker et Michel Barnier…
Dessin du Chat (et non de Theresa May dans son fauteuil) : « J’aime assez être seul. Et mon plaisir est parfois plus grand selon qui n’est pas là ».

Michel Grossiord