La Revue de Presse du jour – 03/01/2018

La revue de presse… La République en danger, des mots forts dans les journaux du jour…

Plus qu’en péril, la République, selon Charlie Hebdo… « Nous pleurons la République défunte », écrit le journal satirique dans un numéro consacré aux 3 ans qu’il vient de vivre, après l’attaque terroriste ayant causé la mort de 12 personnes (ses plumes de génie).
« Trois ans dans une boite de conserve ».
-Le calendrier de Daech ? On a déjà donné dit ironiquement le dessin de couverture.
La sécurité de Charlie Hebdo a un coût, qu’évoque Riss pour la première fois dans son éditorial : coût humain (vigilance permanente, la paranoïa prend la place des rires homériques), coût financier (équipements lourds, vigiles) supporté par le journal.
Les policiers sont là aussi bien sûr…
Charlie Hebdo raconte avoir appris quantité de choses utiles lors du procès d’Abdelkader Merah en octobre : le prévenu écoutait pendant ses heures de travail de charmantes cassettes audio délivrant de précieux conseils, comme : « Quand on veut assassiner quelqu’un, on le surveille »…
A Charlie Hebdo, beaucoup se sentent épiés…
Cette citation encore. « Un territoire de Paris, capitale d’un pays libre, vit en état de siège, comme s’il était possible, admissible, supportable, qu’un journal subisse constamment la peur d’un nouvel attentat. Nous pleurons notre République défunte ».

La République évoquée aussi après l’agression violente d’une jeune policière à Champigny sur Marne…

Ce lynchage fait la Une de plusieurs journaux, Le Figaro, qui en appelle à un big bang pénal pour mettre fin au sentiment d’impunité qui règne dans les quartiers sensible, L’Union de Reims, La Dépêche du Midi qui donnent la parole à des policiers, Le Parisien qui titre « Quand la police ne fait plus peur ».
Dans ce dernier journal, le sénateur LR de Vendée, Bruno Retailleau, à l’origine d’une commission d’enquête sur les forces de sécurité, explique que la haine anti-flics n’est rien d’autre que la haine de la République.
Disons-le tout net : la République a failli, confirme Le Journal de La Haute Marne.
Sommes-nous encore un Etat de droit, où force devrait rester à la loi ? ajoute Sud-Ouest.

Le choix des mots pour qualifier l’agression de Champigny traduit néanmoins des différences d’approche…

Toute la presse utilise les mots de lynchage, d’agression odieuse, de passage à tabac. Mais relevons que Libération, qui mentionne certes des images choquantes, cherche, je cite, à « décortiquer la première polémique de l’année ».
L’interrogation porte surtout sur l’arrivée des policiers qui ont fait un usage quasi immédiat de gaz lacrymogène (« Des cartouches de balles de défense ont également été récupérées par nos soins »…
Le Figaro explique que les agents avaient très vite été pris à partie par des individus particulièrement virulents…
A l’Elysée, note ce journal, on a pris soin de réagir vite et fort à la vidéo de Champigny… Pas de quoi satisfaire l’opposition de droite néanmoins.

A l’Elysée, la méthode… Brigitte Macron explorée par Le Monde..

L’épouse du Chef de l’Etat enchaîne les initiatives, aussi bien au Palais qu’à l’extérieur… « Elle creuse son sillon à l’Elysée », explique le journal qui semble rejoindre le soupir d’aise d’un proche de la première dame : « C’est simple, tout le monde adore Brigitte… »
Visites dans des établissements hospitaliers, engagement prochain contre le harcèlement à l’école…
Une fois par mois, le couple présidentiel organise « un jeudi de l’Elysée » autour d’un musicien… mais avec des invitations larges (jusqu’à 200 personnes, pupilles de la Nation, élèves de Zep…)
L’épouse du Chef de l’Etat veut, à l’instar de Madame Pompidou, faire entrer art et design au palais présidentiel…
Les journalistes invités aux vœux présidentiels cet après-midi constateront que les lourdes tentures de la salle des fêtes ont été enlevées… De l’air ! Ah, ceci encore (de l’air) : on apprend que Brigitte Macron et ses deux collaborateurs ont pour habitude toutes les fins d’après-midi de sortir du palais présidentiel pour « débriefer »… Un tour à pied… parfois accompagné de Némo, le labrador du président…
Plus il tire sur sa laisse, mieux c’est : la petite troupe marche à vive allure pour éviter de se faire trop souvent alpaguer…

L’actualité politique, c’est aussi la Corse…

Avec un enthousiasme notable de Corse Matin : La force tranquille, après l’installation des nationalistes au pouvoir…
L’un des deux hommes forts Corse, Jean-Guy Talamoni, président de l’Assemblée de Corse, est né à Saumur !
Il est originaire de l’Ouest, comme ne manque pas de le signaler Le Courrier de l’Ouest… Ses parents eux sont nés au Maroc… C’est le grand père qui avait quitté la Corse pour s’installer de l’autre côté de la Méditerranée…
Jean-Guy Talamoni parle t-il angevin ? Corse, oui, puisqu’il a fait son discours dans cette langue… Mais angevin ? Le parler angevin est toujours vivant, titre en gros Le Courrier de l’Ouest ce matin, citant les mots topette (façon de se saluer… topette, salut)… trempé-guéné (quand ça mouille), ramasse-bourrier (ramasser la poussière)…
Pas de rime en I… non plus dans taquet, déjouquer… mais Jean-Guy Talamoni a-t-il, quelque part au fond de lui, une autre fierté, le parler angevin…

Enfin, une curiosité… les vertus insoupçonnées des jardins suspendus…

On voit de plus en plus de ces toits végétalisés. Véritables écosystèmes… Rétention des eaux de pluie, production de légumes, lutte contre la chaleur sont autant de qualités attribuées aux toits végétalisés.
Le Figaro leur consacre une page…On apprend aussi que Paris a produit sa première truffe !
Une truffe au pied d’un charme, découvert sur un toit végétalisé, celui de l’hôtel Mercure à deux pas de la Tour Eiffel. La grande question est de savoir comment cette truffe est arrivée là… Son analyse a été confiée au Muséum national d’histoire naturelle… Mais sera-t-elle bonne ?

Michel Grossiord