Retrouver le fils des étoiles

Portrait passionnant et chronique épistolaire vivante de Satie

Il suffit parfois de quelques pages pour cerner un sujet qui vous tient à cœur, et c’est justement le cas de ces deux opuscules consacrés à Erik Satie, sujet pourtant déjà abordé par de nombreuses études. On se précipite sur les souvenirs, inédits jusque-là, de Léon Louis Veyssière, ami fidèle du compositeur à Arcueil, et surtout son voisin puisque 100 mètres séparaient leurs domiciles respectifs. Veyssière habitait au 11 de la rue Cauchy, au café " Au Sapeur-Pompier ", et Satie au 22, à la maison dite " des Quatre Cheminées ", où il aurait peut-être repris, selon l’auteur, la chambre de Bibi-la-Purée, " célébrité mendigote du Quartier latin ". Un portrait passionnant, rare et diurne, du musicien au quotidien, s’intégrant peu à peu aux activités municipales (il sera candidat du Parti socialiste aux élections du 30 novembre 1919) tout en menant parallèlement une vie de dandy nocturne dans les soirées parisiennes. Quant au compositeur Bruno Giner, il livre une chronique épistolaire vivante de Parade, pochade emblématique du compositeur qui eut le chic de réunir les talents juvéniles de Cocteau, Leonid Massine (chorégraphie) et Picasso (costumes et décors). C’est d’ailleurs Apollinaire qui, rédigeant la plaquette accompagnant la création du ballet cubiste, en 1917, inventa le terme " sur-réalisme ", point de départ du mouvement artistique qui allait connaître l’avenir que l’on sait.
Réflexions et anecdotes sur Erik Satie, Léon Louis Veyssière, textes complémentaires d’André et Annette Veyssière, Litavis, 32 p., 8€. – Erik Satie, Parade, Bruno Giner, Berg International, 62 p., 7€.