Retraite : Jean-Paul Delevoye réitère sa proposition d’âge pivot à 64 ans

Le Haut-Commissaire aux retraites était l’invité de Guillaume Durand ce jeudi 21 novembre 2019 à 8h15. Il estime que la journée d’action prévue le 5 décembre est « nécessaire pour un certain nombre de personnes qui veulent manifester dans la rue soit des ressentiments soit des oppositions à la reforme des retraites »

 

Retraite : un projet « pour renforcer la cohésion de la société »

« Le projet universel est un projet de société qui doit renforcer la cohésion de la nation à un moment où elle est très fragilisée » explique Jean-Paul Delevoye. Il affirme néanmoins que la suppression des régimes spéciaux prendra en compte certaines « spécificités » selon les « particularités économiques » des secteurs. Il évoque notamment  les professions régaliennes qui feront l’objet d’un traitement spécial pour des raisons « d’efficacité des politiques publiques ». A l’approche du mouvement social du 5 décembre, le Haut-commissaire aux retraites souhaite « passer d’une société du rapport de force à une société du compromis ». Citant l’écrivain Bernanos, il alerte sur une possible « coagulation des ressentiments » et dit entendre le « désarroi » d’une partie de la population. « Nous devons trouver un juste équilibre de compromis entre l’intérêt des partenaires de la SNCF – qui ont légitimement une inquiétude sur l’avenir – avec quelque chose qui ne se négocie pas : l’intérêt général et la cohésion de la nation ».

 

« Redonner confiance aux jeunes dans le système de retraite » 

Face à une classe politique « très schématiquement orientée » sur la question de l’âge de départ, Jean-Paul Delevoye estime que son rapport constitue précisément ce juste « équilibre ». Entre les partenaires sociaux et la gauche qui veulent garder « l’illisibilité et l’inégalité du système » et la droite qui souhaite fixer « l’âge de départ à 65 ans » : Jean-Paul Delevoye réitère sa proposition d’âge pivot à 64 ans. « Le système de répartition que nous mettons en place sera le plus élevé de tous les pays développés »  insiste Jean-Paul Delevoye. Il poursuit : « c’est la solidarité optimale entre toutes celles et ceux qui travaillent ». Il avance qu’il faut « redonner confiance aux jeunes » dans le système de retraite car « s’ils ne veulent plus cotiser, c’est la rupture du contrat générationnel ». « Nous devons vis-à-vis de nos enfants et de nos petits enfants assumer que dès que nous mettrons en place le régime universel, il devra être à l’équilibre ». 

 

Arthur Barbaresi 

 

 

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