Retour au bureau le 9 juin : Les temps de transports et les conversations de bureau angoissent les salariés

istock

Le retour au bureau c’est la une du Parisien-Aujourd’hui en France, c’est le 9 juin et pour le quotidien c’est un défi. Les Français ont appris à travailler autrement grâce au distanciel. Invités à revenir au travail à partir de mercredi, certains redouteraient même la fin du travail à la maison, cette parenthèse enchantée.

Le télétravail, une révolution aussi nette que l’apparition du bureau au milieu du 20ème siècle ?

Marie-Christine Tabet dans son éditorial énonce les avantages du travail à la maison : le temps gagné à ne plus prendre les transports, l’organisation autonome, le temps gagné pour soi. L’éditorialiste parle avec le télétravail d’une rupture profonde, aussi profonde, voire d’une révolution du travail aussi nette que lorsque les paysans ont découverts l’usine et le bureau au milieu du 20e siècle. Et le Parisien a recueilli le témoignage de salariés qui ne veulent pas rentrer.

 

A lire aussi

 

Michel, 55 ans, ne voit pas l’intérêt de revenir travailler sur place deux jours par semaine et surtout de passer deux fois 1h20 dans les transports. Juliette, employée de banque, a mis son casque anti-bruit c’est dire si ses collègues lui manquaient. Laure, 32 ans, qui travaille dans le luxe confie qu’elle a du mal désormais a supporter les conversations de bureau. Karine, 40 ans, angoisse terriblement à l’idée d’affronter la comédie sociale qui se joue au bureau. Il y a des gens qui ne se sont pas revus depuis près d’un an, note le Parisien qui a demandé son avis à Vincent Balouet spécialiste des crises : pour lui les salariés vont devoir se confronter au retour dans les transports, aux inconvénients de la vie de bureau : le fait d’être dérangé, la pression du chef, des surfaces parfois diminuées.

 

Selon Emmanuel Macron le rapport au travail des Français est en train de changer

Et là pardonnez-moi, mais on a envie de ricaner, crier, « pauvres chats, pauvres bureaucrates ». Comment on fait les chauffeurs de taxi ? Comment ont fait les artisans boucher, comment ont fait les caissières, comment ont fait les livreurs à vélo, comment on fait les soignants, comment ont fait les policiers, les pompiers, les ouvriers de travaux public, comment ont on fait tous ceux qui en première ligne ont continué à travailler comme avant ? Et dans le Figaro, Gaëtan De Capèle évoque cette ambiance à la Française qui éloigne des réalités : le nuage de chloroforme qui enveloppe l’économie française depuis plus d’un an a eu le grand mérite de nous aider à traverser la douloureuse épreuve du Covid sans drame majeur. Mais une bonne anesthésie n’a jamais guéri personne : à mesure que ses effets se dissipent, nos faiblesses réapparaissent au grand jour…

 

A lire aussi

 

Dans les Echos c’est l’inverse. Cécile Cornudet rapporte cette conviction d’Emmanuel Macron que le rapport au travail des Français est en train de changer, qu’ils sont convaincus qu’il faut travailler plus longtemps, qu’ils accordent plus de prix à la valeur travail et qu’un pays qui travaille peu est menacé d’appauvrissement. Il pourrait en résulter une réforme des retraites amenant les Français à travailler plus et plus longtemps jusqu’à ce que leurs syndicats descendent dans la rue. Libération aussi consacre sa une au retour au travail et pose les bonne questions en rappelant ces chiffres. Selon l’Insee le télétravail ne concerne que 58 % des cadres et professions intermédiaires, seulement 20 % des employés et 2 % des ouvriers, ce qui permet de relativiser l’inquiétude sur le retour au boulot dans la vraie vie.

David Abiker

Retrouvez l’actualité du Classique