Régine en mode mineur

L’image que l’on a de Régine est celle d’une fêtarde aux manières n’excluant pas une certaine vulgarité, d’une femme d’affaires avisée, d’une actrice jouant de préférence les prostituées ou d’une grande gueule ne craignant pas de dire ce qu’elle a sur la patate.

Toutes ces images sont plus ou moins fausses car Régine, telle que ses amis la connaissent, est avant tout une femme d’instinct, de flair, qui a su capter son époque, une femme ambitieuse et travailleuse, qui a tout (trop ?) sacrifié à son métier, à sa passion, qui avait de multiples talents et pas forcément les bonnes cartes en main au départ, d’où une certaine fermeté de caractère (d’aucuns y ont vu de la dureté), mais surtout une femme de coeur qui savait recevoir et qui a connu les plus grands.

Le monde de la nuit n’est pas tendre, surtout quand on en est la reine incontestée. Il a fallu à Régine une bonne dose de caractère pour s’imposer et pour durer.

Dans Passion Classique, on a pu découvrir une femme de goût et une femme brisée par la mort de son fils, qu’elle n’a pas vraiment su comprendre, tout en l’aimant profondément. Une émission émouvante où l’on sent parfois les certitudes vaciller, les regrets affleurer, la douleur tenailler.

On ne choisit pas forcément sa vie. On vit. Et la disparition des proches, les trahisons, les lâchetés des uns et des autres sont d’autant plus vives lorsqu’on s’en est cru protégé par l’ivresse des sommets.

Voici son programme :

Morceau qu’elle aime par-dessus tout :

« La donna è mobile » Rigoletto de Verdi (Di Stefano)

Madeleines :

–         La Traviata de Verdi (Prélude de l’acte I – à partir du rythme de valse)

–         Göttingen par Barbara

–         Lili Marlene par Marlène Dietrich

Morceaux de musique classique :

– « L’Air de la Reine de la nuit » dans La Flûte enchantée de Mozart par Patricia Petibon « Die Hölle Rache »

– « L’Air des bijoux » dans Faust de Gounod – « Ah je ris… » (Gheorghiu)

– Le deuxième mouvement de la Septième Symphonie de Beethoven (musique du film Zardoz de John Boorman)

– Partita numéro 2 de J. S. Bach « Allemande » Martha Argerich

–       Madame Butterfly  CD 1 plage 5 par Callas/Karajan (entrée de Butterfly)

–       « Un jour, je quitterai tout » (Régine)