Régine Deforges, tout le monde n’a pas eu la chance…

… d’avoir une mère féministe.
Son dernier livre, qui semble avoir été écrit sous l’effet d’un sérum de vérité – ce que le grand âge, parfois, produit – nous révèle ce qu’au fond le féminisme produit, lorsqu’il franchit les dernières barrières de déstructuration sociale (comme toute noble cause poussée à l’extrême sans discernement). A savoir : l’inceste et le meurtre.
Car s’agit-il réellement d’un acte d’amour de s’abandonner charnellement à son fils, lorsqu’on est veuve, que ce fils est beau, viril, et qu’il a le cerveau d’un enfant de quatre ans. S’agit-il d’un grand sacrifice ? Non, c’est au contraire un idéal symbolique qui devient un odieux passage à l’acte, égoïste, irréfléchi, qui, lorsqu’il se heurte à la réalité sociale, débouche à nouveau sur un double crime : l’exécution de cet enfant et un suicide.
Oedipe et sa mère avaient au moins l’excuse d’ignorer qui ils étaient. Oedipe s’est infligé son châtiment, alors que la mère du roman de Régine Deforges punit un innocent de sa propre faute.
En ayant voulu nous alerter sur la sexualité des handicapés, Régine Deforges a écrit, non un roman tragique, mais un livre à thèse – thèse qui se retourne contre elle et qui lui éclate dans les mains – où tous les personnages secondaires sont faux, car il est impossible qu’une société constituée (le curé du village, le médecin ami de la famille) acceptent passivement ce qui est en train de se passer. Impossible sur le plan de la narration romanesque, car ce ne sont plus que des marionnettes, non des personnages.
Voici son programme :
Chopin : Valse n° 2 et 17
Gounod : Ave Maria
Mozart : Lacrymosa du Requiem
Madeleines
Benny Moré
Nat King Cole
Charles TRénet : Revoir Paris