REEDITION Sibelius a sa cathédrale

Sony réédite la fabuleuse intégrale des symphonies de Sibelius par Bernstein.

On avait fini par oublier l’immense sibélien que fut Leonard Bernstein ; en reprenant l’intégrale des symphonies réalisée avec le New York Philharmonic pour la Columbia, ce superbe coffret nous permet de réévaluer son apport dans une remastérisation de grand luxe où maints détails d’orchestration surgissent – parfois même un peu trop -, des lames de fond des cordes aux ressacs des cuivres, des mugissements des timbales aux halètements des bois. Bien des années plus tard, avec le Philharmonique de Vienne, il y aura une Première Symphonie, chaloupée com­me seuls savent le faire les Wiener (désormais rompus à Mahler). Dans les années 1960, l’enjeu est tout autre : graver la première intégrale des symphonies en stéréo, les seules disponibles étant alors celles de Sixten Ehrling et d’Anthony Collins. Bernstein s’y montre d’une autorité souveraine, obtenant de ses musiciens une tension et une incroyable variété de phrasés qui agrippent l’auditeur pour ne plus le lâcher. Ça et là, quelques outrances propres à Lenny rebuteront les puristes ne jurant que par Berg­lund, plus idiomatique, mais les autres se précipiteront, d’autant que les compléments sont de très haute facture : le Concerto pour violon avec Zino Francescatti et surtout le poème symphonique dans lequel le chef reste inégalé : La Fille de Pohjola. Une mine (Sony 7 CD 88875026142, CHOC) !