Recyclage : La consigne fait son grand retour en France

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A l’occasion de la semaine européenne de la réduction des déchets, gros plan ce matin sur le réemploi dans le secteur alimentaire. La consigne revient peu à peu dans nos magasins pour les bouteilles en verre, les pots… Le secteur est en pleine croissance.

500 000 contenants ont été lavés cette année

De plus en plus d’acteurs s’y mettent, comme le réseau Biocoop qui depuis plusieurs mois propose dans 130 de ses magasins en France, 15 produits réemployables. Selon Nicolas Dauvé, chargé des questions d’emballages au sein de Biocoop : « aujourd’hui ce sont surtout des boissons, on a défini des standards d’emballages pour la bière, le cidre et les produits pétillants et pour la partie cave du vin ». 430 000 bouteilles sont destinées au réemploi ont été vendues cette année. L’objectif étant 1,5 million l’an prochain et 3 millions en 2023. Avec des points de collecte dans tous les plus de 700 magasins Biocoop, ces bouteilles collectées sont ensuite lavées et repartent dans le circuit. C’est le travail par exemple de l’entreprise Ma Bouteille s’appelle Reviens. Créée en Drôme-Ardèche par Clémence Richeux : « on a 70 producteurs avec le secteur de la bière, du vin, du jus, du lait et du miel. On travaille beaucoup sur les pots. Pour cela on collecte dans les magasins où sont distribués leurs contenants qui ont été ramenés par le consommateur. On amène les produits sur notre unité de lavage, on lave et on renvoie tout cela aux producteurs ». 500 000 contenants ont été lavés cette année.

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L’objectif des 1,5 million de bouteilles lavées devrait être atteint en 2023. Cet objectif est de standardiser les bouteilles et créer des réseaux locaux pour éviter qu’une bouteille de vin produite à Bordeaux et vendue à Strasbourg ne retraverse la France pour être lavée. « La consigne fonctionne d’un point de vue environnemental. Une bière qui va être produite à Valence et expédiée à Lille va pouvoir être récupérée par la consigne de Lille, lavée sur place et revendue à un brasseur lillois qui utilise le même type de bouteille ».

Le secteur de la restauration à emporter produit chaque année 220 000 tonnes d’emballages

Une foule d’initiatives locales sont en train de se développer pour une solution : le réemploi afin de réduire l’impact environnemental des emballages. Juliette Franquet, directrice de l’ONG Zero Waste France : « même si elle est recyclée, cela demande beaucoup d’énergie pour faire fondre le verre et re produire une bouteille. Alors que si on réutilise celle-ci la consigne est meilleure et on aura de plus en plus d’acteurs ». Alors il reste encore du travail. Par exemple dans la restauration à emporter l’association No Plastic In My Sea a publié la semaine dernière un rapport. Ils sont allés dans plus de 100 restaurants vérifier que la loi qui prévoit de servir les clients qui viennent avec leurs propres contenants est respectée.

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Ce n’est pas souvent le cas selon Muriel Papin, déléguée générale de l’association No Plastic In My Sea : « on s’est rendu compte qu’on ne peut pas se faire servir sa nourriture dans un contenant apporté dans 70% des cas et pour la boisson c’est aussi élevé puisque 60% des boissons ne sont pas servies dans leurs contenants personnels nomades ». L’enjeu est pourtant majeur car le secteur de la restauration à emporter produit chaque année 220 000 tonnes d’emballages. Des déchets que l’on retrouve bien souvent ensuite sur les trottoirs ou sur les plages.

Baptiste Gaborit 

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