Raoul Tubiana, un chirurgien dans le siècle

Né en 1915, en Algérie, Raoul Tubiana a étudié la médecine pour soigner sa mère qui souffrait de grandes douleurs consécutives (on ne le sut que trop tard) à l’oubli d’une compresse lors d’une opération utérine destinée à réparer son impossibilité d’enfanter. Le gynécologue n’était autre qu’un célèbre praticien qui servit de modèle (par son caractère suffisant et fat) au docteur Cottard imaginé par Proust dans sa Recherche du temps perdu. Elle mourut trop tôt, avant qu’il n’atteigne ses vingt ans, donc sans qu’il puisse mettre la promesse qu’il s’était faite à exécution, mais son destin était tout tracé : il devenait chirurgien, non par ambition, mais pour soulager les grandes misères de ses contemporains ; misères qu’il avait lui-même – peut-il en être autrement ? – éprouvées dans sa chair.
Le long cortège des blessés de guerre, les grands brûlés et les accidentés de la vie se sont succédé sur sa table d’opération. Parmi eux, des personnalités célèbres et sa femme, Claude Delay, psychanalyste et écrivain, que nous avons reçue dans Passion Classique.
Voici son programme :

Morceaux
• La ci darem la mano, Don Giovanni (Mozart) : Duetto de Don Juan avec Zerline
• La jeune fille et la mort (Schubert), Quatuor
• Voyage d’hiver (Schubert) avec Maria Joao Pires au piano
• The man I love, Ella Fitzgerald

Les Madeleines :
• Vissi d’amor, vissi d’arte, Tosca (Puccini), Maria Callas
• La veuve joyeuse
• Ma miette (chanson de Jean Rodor/Vincent Scotto)