Radio Classique rend hommage au ténor de légende à l’occasion des 10 ans de sa disparition…

Difficile d’évoquer la figure de Luciano Pavarotti en passant sous silence ses concerts en plein air, sa collaboration avec des artistes de la variété internationale (Sting, Zucchero, Elton John, Céline Dion…), ses régimes alimentaires, son traditionnel mouchoir blanc à la main, les aléas de sa vie conjugale… : autant de sujets de conversation (chéris des médias) d’où l’opéra est absent. Il n’empêche que dix ans après sa disparition, Luciano Pavarotti demeure le plus populaire des chanteurs lyriques. Sa participation aux célèbres concerts des « Trois Ténors » aux côtés de Placido Domingo et de José Carreras, retransmis par les télévisions du monde entier, l’amena à se produire dans des lieux aux proportions gigantesques et à vulgariser ainsi la musique dite « classique » : « Nessun Dorma » atteint désormais la foule des stades, et plus seulement le public trié sur le volet de la Scala de Milan.

Moins acteur que chanteur – gêné par son surpoids chronique, il n’a jamais pu rivaliser avec la présence scénique d’un Placido Domingo -, Luciano Pavarotti était d’abord et avant tout une voix ; mais quelle voix ! Celui dont le chef d’orchestre Carlos Kleiber disait « Quand Luciano Pavarotti chante, le soleil se lève sur le monde » laisse un héritage discographique inestimable (essentiellement sous label Decca). Un timbre unique des plus phonogéniques, une fermeté de l’émission et cette générosité d’accent d’une italianità sans pareille conféraient à son chant un lyrisme irrésistible qui trouva dans Rodolfo (La Bohème), le Duc de Mantoue (Rigoletto) et Alfredo Germont (La Traviata) ses rôles d’élection, bientôt suivis par les grandes figures véristes. Pendant vingt ans, il a enregistré les grands titres du répertoire italien flanqué des sopranos Joan Sutherland et Mirella Freni – ses partenaires attitrées – et des plus grands chefs d’orchestre (de Lorin Maazel à Herbert von Karajan, en passant par Georg Solti et Zubin Mehta).

Pavarotti fit ses adieux à la scène en 2004 sur une ultime Tosca au Metropolitan Opera de New York, avec la satisfaction d’avoir abordé trente-six rôles sur l’ensemble de sa carrière. De multiples anecdotes, dont la presse fit ses choux gras, fourmillent sur sa vie privée : citons son goût pour la bonne cuisine, son tempérament superstitieux, ses carences en solfège (à défaut de savoir déchiffrer une partition, il apprenait à l’oreille), sa passion pour les chevaux et, tout natif de Modène qu’il était, son soutien indéfectible à l’équipe de football turinoise de la Juventus.