Radio Classique : 8h15 – Marine Le Pen « Il est très plausible que je me retrouve face à Macron au second tour »

Ce matin à 8h15 sur Radio Classique

Marine Le Pen
Présidente du FN et candidate à l’élection présidentielle

Invitée de Guillaume Durand

« Il est très plausible que je me retrouve face à Macron au second tour »

A propos de l’Europe (Bruxelles)

«Présidente, je me rendrais d’abord à Bruxelles pour siffler la fin de la récréation. Il faut mettre fin à ce super pouvoir que Bruxelles s‘est arrogé contre la volonté des peuples. Je souhaite rendre au peuple français sa souveraineté. »
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« Je n’ai pas à demander la permission de madame Merkel pour organiser un référendum en France sur une possible sortie de la zone euro. J’irais voir les partenaires européens pour dire ce que je souhaite : maîtriser nos frontières, maîtriser la souveraineté économique car je souhaite faire du patriotisme économique et du protectionnisme intelligent ainsi que retrouver une souveraineté monétaire qui n’est pas créée par l’Allemagne pour l’Allemagne. Il faut obtenir que le droit français, la loi française, qui est la volonté du peuple, retrouve sa primauté sur le droit européen. Si Bruxelles accepte cette négociation j’aurais en réalité beaucoup d’alliés.
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« Ce n’est pas un Brexit-LePen, soit j’arrive à obtenir ces négociations et nous resterons dans quelque chose qui ne sera plus l’UE qu’on connaît, soit je proposerai d’en sortir. »

A propos de Macron

« Il est très plausible que je me retrouve face à Macron au second tour. Au-delà de son statut de champion médiatique, je pense qu’on assiste à une véritable recomposition de la vie politique française. Il n’y a plus de droite ni de gauche, il s’agit d’une fracture artificielle. Le clivage aujourd’hui se situe entre les patriotes et les mondialistes. Et Macron symbolise ce mondialisme. Il est un mondialiste décomplexé tandis que Fillon est un mondialiste honteux. »

A propos de Fillon

« Il a un énorme problème dans sa campagne. Il n’arrive pas à rassembler ses équipes, son propre camp et a un énorme problème qui est inhérent à son projet. »
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« Ce n’est pas un protecteur mais un destructeur, il veut tout détruire à la demande de l’UE. Son projet on l’a déjà vu, c’est le même qui a été appliqué en Grèce. »
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« Aujourd’hui, même le FMI admet que les politiques d’austérité ont été une erreur majeure. Appliquées à une économie fragile, de telles politiques contribuent à détruire cette économie et accessoirement à détruire le système de protection social. C’est donc une stupidité économique et une insupportable violence humaine.
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« Il veut mener cette guerre sociale en une guerre éclair. »
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« Dans son histoire il s’est toujours caché derrière quelqu’un d’autre. »

A propos des médias

«Nous avons l’habitude d’avancer nos idées contre l’intégralité du système.»
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« La vraie question est celle de savoir pourquoi la presse est toujours unanime sur des sujets et en contradiction totale avec le peuple français. Les médias doivent arrêter de voir le monde comme ils veulent le voir mais comme il est. Il faut admettre en ce sens la volonté populaire qui a élu Trump. »

A propos de Montebourg et de la primaire de gauche

« Les idées de Montebourg telle que le « Made In France » sont mes idées depuis longtemps. »
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« La vraie question est celle de la souveraineté et aucun des candidats de la primaire ne veut monter au front contre l’UE à ce sujet. »

A propos du revenu universel et de la fiscalité

« Cette idée me parait irréalisable et surtout elle va à l’encontre de la valeur travail. »
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« Je préfère remettre en œuvre la défiscalisation des heures supplémentaires (mise en place sous Sarkozy) qui lance le signal que si on travaille plus on doit gagner plus. Or c’est un signal qui effondre Fillon qui pense qu’on va travailler plus en gagnant moins. »

A propos de la sortie du film « On est chez nous ! »

« Ce genre de chose ne changera pas les avis des électeurs qui connaissent cette propagande par cœur. La vraie question est celle du financement de ce film. Ce n’est pas normal que ce soit en partie les électeurs du FN qui financent ce type de film qui sort juste avant les élections. Ce qui est indécent, c’est qu’il s’agit d’un film militant, qui vise à combattre un mouvement politique et ce financé par l’argent du contribuable français. Son film est une simple succession de caricatures sans intérêt. »
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« Ce n’est pas le rôle de l’Etat de financer des films de propagande. L’Etat doit faire preuve de neutralité. »

A propos de sa réunion avec certains chefs de partis européens (PVV, Ligue Du Nord, FPO…)

« L’enjeu de cette réunion est de poser les contours de l’Europe de demain, de l’Europe des nations et des libertés qui va remplacer ce système monstrueux qu’est devenu l’UE. Ce qui nous rassemble actuellement c’est le rejet de la ligne de conduite de l’UE qui est le laisser faire, le laisser aller et le laisser passer. »
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« Cela symbolise le retour des nations, des patries et des souverainetés ! Ces réunions démontrent que nous ne sommes pas isolés, au contraire. Nous avons des alliés de plus en plus nombreux et puissants car ils bénéficient de manière croissante de la confiance de leurs peuples respectifs. Nous assistons à une révolution des peuples. Et il est important de montrer que dans cette Europe des coopérations que nous voulons mettre en œuvre, nous-mêmes avons déjà des coopérations. »
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« Aucun de ces mouvements n’est d’extrême droite. Il n’y a pas des gens d’extrême droite mais des patriotes ; des gens qui ont fait le choix de la Nation contre la mondialisation sauvage ; qui font le choix de dire que le seul Souverain c’est le peuple. »
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« Nous sommes souverainistes mais je ne souhaite pas imposer mon modèle aux autres au même titre que madame Merkel. »
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« Le FN a toujours défendu la liberté du peuple français à décider pour lui-même. En ce sens nous défendons depuis toujours le referendum d’initiative populaire. Encore faut-il ensuite respecter cette décision, ce qui n’a pas été fait depuis longtemps. »

A propos de son souhait de débattre avec tous les candidats à la présidentielle

« Tout le monde autour de la table doit pouvoir débattre. Les Français doivent pouvoir connaître les projets des uns et des autres. La France est à la croisée des chemins. Le choix des Français à cette élection présidentielle va déterminer leur avenir et l’identité de notre pays. C’est presque un choix de civilisation. »

A propos de sa politique

« Je suis pour une politique de proximité – économique et démocratique – car la révolution de la proximité est aussi la révolution du contrôle. Il faut la proportionnelle ; baisser le nombre de sénateurs et de députés ; renforcer les communes, les départements et donc la Nation. »