Princesse Caroline, entre passion, réserve et naturel

J’étais un peu intimidé de rencontrer la Princesse Caroline de Monaco. Pas à cause de son statut, de son rang, mais parce que c’est une femme intimidante, très belle, dégageant une imperceptible tristesse, même si elle sait parfaitement mettre à l’aise son interlocuteur et ne manque pas d’humour. Dans cette émission, elle a fait preuve d’un mélange de naturel et de modestie, hésitant à parler des interprètes et des compositeurs, par crainte de ne pas trouver les mots exacts pour traduire une admiration réelle.
Elle est arrivée à l’heure (la ponctualité est bien une qualité royale), très simplement, n’avait pas demandé les questions à l’avance. Aucun sujet n’était tabou, nulle recommandation d’ordre protocolaire ne m’avait été transmise.
Son amour des arts et sa vaste culture ne sont pas un vernis. Jamais elle ne fait étalage de ses connaissances. Son programme était sincère et ne cherchait pas à briller, c’était le reflet d’une vie à aller au concert et à fréquenter la musique, pas par obligation, mais par goût véritable.
Voici son programme :
3 «madeleines » :
Pierre et le Loup de Prokoefiev
Carnaval des animaux de Camille Saint Saens
Goldberg Variations de Jean -Sébastien Bach (Glenn Gould)
5 à 6 morceaux de « musique classique » :
Kathleen Ferrier : Kindertotenlieder n° 3
Concerto en sol de Ravel – 2e mvt (Martha Argerich)
Concerto pour Violon n°3 de Camille Saint-Saëns (Perlman)
Quatuor de Philip Glass (Kronos Quartet)
5° Sonate de Salvatore Sciarrino (Maurizio Pollini)
« mélodie d’amour »
Cantique des Degrés de Arvo Pärt
NB La Sonate de Sciarrino n’est pas interprétée par Maurizio Pollini. Yann n’a pu trouver l’enregistrement à temps. Toutes nos excuses pour ce changement de dernière minute, qui n’a pu être spécifié à l’antenne.
NB 2 En réponse à Eliane, la princesse Caroline n’a pas dit que Perlman était le professeur de sa grand-mère, mais Saint-Saëns !
NB 3 A propos de Saint-Saëns, Julia Fischer, hier, n’a pas émis de jugement défavorable vis-à-vis de ce grand compositeur français, elle a simplement dit qu’il n’était pas aussi grand que Bach, Beethoven ou Brahms, ce qui ne se discute pas trop. Enfin, pas entre personnes raisonnables et objectives.