Pourquoi la France n’arrive plus à attirer de nouvelles usines ?

La France n’arrive plus à attirer de nouvelles usines ?

Les Echos publient ce matin les chiffres du cabinet d’étude Trendeo qui montrent qu’après trois années positives sur le front de la création d’usines, la France a replongé depuis le début 2019. Sur les sept premiers mois on aurait fermé 76 sites industriels et ouvert seulement 58 nouvelles usines. Le solde annuel est donc parti pour être négatif.

Qu’est-ce qui explique cette rechute ?

En fait même quand ça allait mieux depuis 2016, ça n’allait pas très bien. La France a du mal à attirer de nouvelles usines pour les raisons que l’on connaît. Parfois ce n’est pas de notre faute. C’est la mondialisation, c’est la délocalisation dans des pays à bas coûts. Parfois c’est le poids de notre cadre social et fiscal. Et on a une administration qui complique tout. C’est deux fois plus long d’ouvrir une usine en France que dans un pays comparable. Et les impôts de production qui pèsent sur les usines sont par exemple deux fois plus élevés en France qu’en Espagne. On a beau avoir du personnel qualifié, des réserves d’emplois dans certaines régions et une bonne infrastructure, l’image de la France freine parfois l’ardeur de certains investisseurs.

 

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Qu’est-ce que l’on pourrait faire pour améliorer la situation ?

Déjà il ne faut pas trop noircir le tableau. On ouvre pas beaucoup de nouveaux sites mais la vérité c’est qu’il y a quand même beaucoup d’extensions ou de réaménagements de sites existants. D’ailleurs l’emploi industriel se porte plutôt bien parce qu’il y a des usines qui s’agrandissent et qui embauchent. Le problème c’est que quand une usine ferme c’est dur de la remplacer. Il faut sans renier notre pacte social, continuer à taxer moins le travail et les usines. Ça prend du temps de faire évoluer notre fiscalité mais les choses progressent. Il faut aussi sans doute faciliter les démarches administratives et simplifier la vie de ceux qui veulent investir. On est à un tournant de la mondialisation. On ne va pas revenir totalement en arrière mais on sent bien que pour des raisons politiques comme idéologiques, dans plein de pays on va pousser la production nationale. Il faut que la France se donne les moyens de profiter de cette tendance naissante.

 

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