Pourquoi But rachète Conforama ?

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En reprenant Conforama, But reprend un concurrent malade, mais le tandem But-Conforama va doubler de taille. La part de marché du nouvel ensemble va passer de deux fois un peu plus de 10% à environ 25%. Du coup le numéro deux et le numéro trois de la distribution de meubles en France vont repasser devant Ikea qui contrôle autour de 20%.

 

Conforama allait mal avant la crise du coronavirus

Cette très grosse centrale d’achats va pouvoir tordre un peu plus le bras de ses fournisseurs. Le petit secret de la distribution c’est que dans pas mal de secteurs, on gagne en fait de l’argent à l’achat, plus qu’à la vente. C’est quand on négocie bien avec ses fournisseurs que l’on peut ensuite vendre à petit prix tout en dégageant quand même des marges. Et c’est ça qui permet de faire grossir ses volumes pour acheter encore moins cher. Conforama allait déjà mal avant la crise du Covid.

 

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En 2017 on a découvert que le groupe sud-africain qui les avait racheté était dirigé par des escrocs. Le distributeur, déjà en perte de vitesse n’avait plus de moyens pour se relancer et la crise l’a achevé en l’obligeant à fermer ses magasins plus de deux mois. Les créanciers de Conforama avaient mis en place un plan de réduction des coûts et de relance. Ils avaient besoin d’un peu de temps pour faire renaître l’entreprise, mais le gouvernement français leur a forcé la main. Ils ont bloqué tout prêt garanti par l’Etat, du coup Conforama a manqué de cash et ne pouvait plus se relancer.

 

But-Conforama ressemblera à la fusion Fnac-Darty, un seul groupe mais deux marques et deux réseaux indépendants

Le gouvernement, qui avait sans doute peur que la relance ne marche pas et que Conforama refasse faillite dans deux ans, les a obligé à se marier à But et à se vendre pratiquement pour un euro symbolique. Ça va ressembler à la fusion Fnac-Darty, un groupe, une centrale d’achat, une direction informatique et e-commerce mais deux marques et deux réseaux indépendants d’environ 500 boutiques.

 

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Ça peut marcher car maintenant l’Etat va débloquer un PGE et en plus il y a pas mal d’autres concurrents comme Fly ou Alinéa qui ont disparu ou qui vont disparaître. Et ils sont sur un marché de remplacement. On doit régulièrement acheter des armoires, des tables ou des lits. Mais il faut encore que l’Autorité de la concurrence valide cette opération et dans les années qui viennent le nouveau tandem sera de plus en plus concurrencé par la vente par Internet, par des sites qui ont souvent une meilleure image et parfois des meilleurs prix. C’est un pari mais c’est un pari qui ne coûte pas très cher.

 

David Barroux