Pierre Moscovici « Une candidature socialiste et souverainiste, ça n’a pas de sens aujourd’hui »

Ce matin à 8h15 sur Radio Classique

Pierre Moscovici
Commissaire européen aux affaires économiques et monétaires

Invité de Guillaume Durand

Extraits :

A propos de l’état de la gauche

« La gauche est divisée en raison de la multiplicité des candidats. Le parti vient de vivre une primaire dans laquelle chacun se reconnaît. Ce qui attend principalement Hamont, c’est de réussir un rassemblement. Il n’y a pas d’autre solution. L’histoire de la gauche a toujours été celle d’un mariage entre une exigence qui est celle de la transformation, de la radicalité et du rêve, avec la crédibilité, notamment européenne. »
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« Il faut un parti socialiste de gauche qui soit aussi européen, réaliste et crédible ; capable de gouverner. »
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« La campagne présidentielle des socialistes commençait hier soir. »
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« Un parti politique c’est aussi une pluralité, une contradiction et des débats, ce qui fait qu’aujourd’hui je suis libre, européen et socialiste. »

A propos de Hamont

« Il a une tâche qui est celle de rassembler. Soit il réussit à le faire, soit non et les choses seront difficiles pour le parti. »
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« Ce qui m’a troublé hier, c’est qu’il parlait d’un rassemblement avec Mélenchon et Jadot, mais il s’agit d’un rassemblement minoritaire. »
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« A son « au revoir et merci » à la Commission européenne, je lui dirai bonjour et travaillons car oui nous avons des compétences et sommes en train de présenter un socle de droits sociaux. »
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« Je fais ici une proposition à tous les candidats hormis peut-être Marine Le Pen, je suis disponible pour parler d’Europe avec eux et leur expliquer pourquoi la France a besoin de l’Europe et vice-versa. Une candidature socialiste et souverainiste, ça n’a pas de sens aujourd’hui. »

A propos de Macron

«C’est le droit des gens de voter Macron alors qu’ils sont socialistes. »
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« C’est un homme qui a pleins de qualités, très intelligent et dont je partage des convictions européennes. Il a compris l’enjeu européen, celui de la crédibilité et du rapprochement avec l’Allemagne. Mais après j’ai des réticences et des réserves. Il a une thématique ni droite ni gauche qui me paraît devoir aboutir à une ambiguïté qui n’est pas ce dont la France a besoin. Il faut de la clarté dans la politique. S’il était capable de se définir comme un homme de gauche à la tête d’un parti de gauche, les choses seraient peut-être différentes. »

A propos de 2022

« On a une élection maintenant et du résultat de celle-ci dépend la force du Parti socialiste pour plus tard. Même ceux qui pensent à 2022, ce qui n’est pas mon cas, ont besoin d’un parti socialiste fort. Il faut un très bon résultat en 2017. Ce n’est pas digne de spéculer sur la faillite de sa famille politique. »

A propos de l’affaire Pénélope Fillon

« François Fillon est le candidat de la droite, d’un pays qui est globalement à droite, donc dans le cas où il sort de cette affaire, il peut gagner les élections. »
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« La justice doit faire son travail. Mais sur le fond il faut mettre en place des règles d’éthique et de transparence qui interdisent ces pratiques qui sont aujourd’hui légales en France là où elles ne le sont pas au Parlement européen. »

A propos de Hollande

« Cette histoire illustre une chose, c’est qu’il arrive aux institutions de se venger. Quand un camp a un président sortant, il faut le soutenir et faire l’économie d’une primaire. C’est plus raisonnable. Maintenant, les primaires ont eu lieu, elles ont un vainqueur et il faut que celui-ci rassemble et que le Parti socialiste aille de l’avant. Le Parti socialiste doit rester une force de transformation mais aussi de réalisme et de crédibilité. »